Ophir Energy
Ophir Energy n’existe plus en tant qu’entreprise cotée : la marque a été engloutie en 2019 par MedcoEnergi, mais le socle qu’elle avait assemblé en Asie — Thaïlande, Indonésie, puis ce qui a survécu du rebalançage d’Ophir — continue de générer barils, pieds cubes et rentes.
À propos de Ophir Energy
1. Modèle économique
Ophir était, jusqu’en 2019, un producteur et explorateur amont pétro-gazier basé à Londres, boursicotant au LSE et empilant actifs africains, asiatiques et, à la marge, d’autres positions (dont un passage au Mexique selon l’intitulé encyclopédique). La rupture s’est faite le 22 mai 2019 : MedcoEnergi boucle le rachat pour un peu plus de 408 millions de livres d’offre (ordre de grandeur ~517 millions de dollars au change de l’époque), dans une logique de consolidation régionale. Depuis, la lecture « Ophir » passe par celle d’un pôle d’actifs ex-Ophir : champ pétrolier Bualuang en Thaïlande (hérité du rachat de Salamander en 2014), pousse au gaz de Bangkanai / Kerendan en Indonésie, et a compris le désengagement d’un bloc offshore 12W au Vietnam cédé à Bitexco en avril 2024. Côté agrégat, ce n’est plus le CA d’Ophir qui compte (dernier chiffre publié « Ophir seul» est vieillissant — 161 millions $ de revenus en 2015 selon Wikipedia, à partir du rapport 2015), mais celui de PT Medco Energi : l’earnings release 2025 indique de l’ordre de 2,4 milliards $ de revenu sur l’exercice et une production moyenne d’environ 156 kboe/j (avec un 4e trimestre 2025 nettement plus élevé, au-delà de 170 kboe/j en rythme). Le « Fact Book » 2026 table sur une guidance 2025-2026 autour de 165-170 kboe/j : les actifs hérités d’Ophir y pèsent, sans être isolables ligne à ligne. Chiffre d’effectif pour Ophir aujourd’hui : non public — l’entité n’a plus d’autonomie RH ; un ordre de grandeur d’E&P indépendant moyen ne s’applique plus.
2. Impact réel
Hors sol français, l’empreinte d’Ophir se juge aujourd’hui au pétrole et au gaz brûlés en bout de chaine, et à l’électricité produite côté groupe. Le dossier de résultats 2025 affiche, pour l’héritage d’acquisition, des réserves 2P de l’ordre de 69 mmboe rattachables au volet ex-Ophir, prolongeant l’extraction de liquides et de gaz. Sur le plan climat, aucune fiche opérationnelle ADEME, article PPE3 spécifique ou fiche Connaissance des Énergies n’a été repérée pour Ophir (entreprise dissoute et non localisée en France) : la comparaison utile, pour un lecteur français, est indirecte : la PPE3 et les trajectoires de réduction d’import fossile (documentés notamment sur le site du ministère de la Transition écologique) servent d’arrière-fond normatif quand on raisonne en « vendeur d’énergie importée ou carbonée », pas d’outillage d’inventaire pour ce spectre. Côté Medco, le même document rappelle 25 % d’EnR dans les ventes d’électricité — chiffre groupe, pas un « mix vert» d’Ophir. Bilan carbone d’Ophir en 2026 : indisponible en tant que ligne isolée (absorption complète par Medco).
3. Innovations / partenariats
La trajectoire « innovation » côté Ophir est celle, avortée, du projet Fortuna en Guinée équatoriale (FLNG, décennie 2010) : alliance industrielle, financements bancaires, hypothèse de prêt massif auprès d’établissements chinois — le tout a volé en éclats faute d’extension de licence et de closing financier. Côté actifs survivants, l’innovation est ingénierie d’amélioration de récupération (phase 4B sur Bualuang post-rachat, documentation Medco) et, en Indonésie, un cours de monétisation du gaz : étude d’un gazoduc d’environ 130 km vers un train de mini-GNL à Melak et identification d’environ 300 Bcf de gaz non encore lockés — c’est moins de la R&D de rupture que de l’infrastructure pétro-gazière pour valoriser le sous-sol. En Thaïlande, l’extension de licence Bualuang jusqu’au 23 octobre 2035 cristallise l’horizon de production plutôt qu’un pivot technologique.
4. Greenwashing / zones grises
Le tableau de résultats 2025 met en avant une notation ESG AAA (MSCI) pour le groupe — or l’essentiel de la croissance demeure pétro-gazier, avec des prorogations de contrats (PSC / licences) jusqu’au milieu des années 2030 et un Bangkanai calibré pour monter en débit. Le risque de découplage est classique : labels ESG sur la maison mère vs cœur d’actifs fossiles hérités d’Ophir. L’échec Fortuna a par ailleurs montré la dépendance d’un E&P moyen au financement project et à la continuité politique de licence — aujourd’hui, c’est l’exposition du groupe Medco à la volatilité des commodités (rappelée dans la presse d’affaires indonésienne sur le T1 2025) qui tient l’où Ophir n’est plus. Enfin, la dépendance à des grands travaux d’infrastructure (gazoduc + mini-LNG) pour le gaz indonésien crée un délai d’exécution et un risque d’inflation du capex : typique du gaz profond, pas « propre par nature ».
5. Positionnement stratégique
Héritage Ophir bêti, stratégie MedcoEnergi asiatique : densifier un hub Thaïlande–Indonésie (champs matures, extensions de champs) tout en ajustant le portefeuille (sortie de 12W en 2024, consolidation Corridor côtier pour le groupe, selon la couverture sectorielle reprise par Offshore Technology). Le signal 2025-2026 est volume : production record en T4, guidance haussière 2026, dans un marché pétro-gazier encore adossé à l’OPEP+ et aux cycles. Pour l’Europe de la transition, Ophir n’est plus un acteur de gouvernance : c’est un nom dans les comptes d’un indépendant indonésien qui, comme d’autres, courtise rendement fossile et diversification bas-carbone partielle (l’électricité) sans fusionner les deux en une seule promesse.
Verdict WattsElse
Ophir, c’est le Londres du pétrole devenu une annexe de compte de Jakarta : le récit n’est plus celui d’une « entreprise », mais d’un stock d’actifs bâti quand l’E&P indépendant croyait encore à des frontières africaines gazières. Le paradoxe, presque théâtre, est d’y lire aujourd’hui gaz, prolongations, FLNG — côté mère — alors que c’est l’histoire africaine d’Ophir qu’on cite encore pour rappeler ce qui a cassé d’abord. Souvenir utile, dans un secteur qui mélange parfois badges ESG et barils**.
Sources : en.wikipedia.org · euro-petrole.com · euro-petrole.com · indonesiabusinesspost.com · medcoenergi.com · medcoenergi.com · medcoenergi.com · ecologie.gouv.fr · offshore-energy.biz · reuters.com · gem.wiki · offshore-technology.com
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