Guoneng Ningxia Daba Phase IV Power Generation Co Ltd
Sous l’étiquette Guoneng, la Phase IV du complexe de Daba incarne la version « haut de gamme » du charbon chinois : rendement poussé, réseau UHV, communication sur les économies d’énergie.
À propos de Guoneng Ningxia Daba Phase IV Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
Selon les éléments disponibles dans les inventaires sectoriels publics, l’entité visée correspond aux deux tranches ultra-supercritiques de 660 MW commercialisées en 2018 et 2019 sur le périmètre Daba, Qingtongxia, Wuzhong, Ningxia, au sein du complexe recensé par Global Energy Monitor comme un site d’au moins 3 840 MW — la Phase IV apportant 1 320 MW. Le cœur du modèle est classique pour une filiale de génération : producteur thermique raccordé au réseau, rémunération liée à la production électrique et à la disponibilité des unités, avec une ingénierie orientée baisse de consommation spécifique de charbon plutôt que diversification du mix. Aucun chiffre de chiffre d’affaires, de marge ou d’effectifs spécifique à cette coquille sociétaire n’a été identifié dans des sources ouvertes facilement vérifiables depuis l’Europe : l’agrégation financière relève vraisemblablement des comptes régionaux ou groupe du China Energy Investment Corporation (« Guoneng »). Sur le volet capitalistique toutefois, le profil marché cite une participation de 21,8 % de Rio Tinto Alcan dans la structure globale du projet Daba (Power Technology), ce qui ancre l’actif dans une logique d’exposition industrielle internationale.
2. Impact réel
L’argument « moins de charbon par kWh » ne doit pas masquer la gravité au flux annuel. Pour l’ensemble de la centrale de Daba, SwitchCoal retient environ 17,8 millions de tonnes de CO₂ par an (cadrage data 2024 de la plateforme), niveau présenté comme le plus élevé parmi les centrales charbon suivies pour la province. Ce chiffre est site‑wide : une ventilation Phase IV précise n’est pas publiée dans cette source, alors que cette phase ne représente qu’une fraction de la puissance cumulée. À titre de mise en perspective hors périmètre chinois mais utile au lecteur français, les trajectoires européennes de sortie du charbon portées par des instruments comme la programmation pluriannuelle de l’énergie tranchent avec la dynamique nationale chinoise où la filière thermique a encore gagné du terrain en puissance installée en 2024 (NEA), parallèle au déploiement massif des EnR. Dans ce décor, une tranche comme la Phase IV agit comme pilier réseau et élément de substitution de plus vieilles unités possibles dans le jargon industriel… mais elle substitue rarement au charbon autre chose que lui‑même.
3. Innovations / partenariats
La communication groupe met en avant un parcours qualification 168 heures à pleine charge et une labellisation China Excellent Power Engineering Award (2020), avec la mobilisation revendiquée de huit chantiers nationaux « bas‑carbone / économie d’énergie » parmi une batterie plus large de solutions d’efficience. Fonctionnellement, le projet est explicitement présenté comme appoint stratégique pour le corridor UHVAC Ningxia–Zhejiang — articulation technique transfert d’énergie inter‑régional typique de la Chine des dix dernières années. Côté gouvernance capitalistique associée au site, Rio Tinto Alcan apparaît toujours dans les bases de données de marché comme actionnaire notable du montage (Power Technology), même si cette photographie doit être lue comme agrégée au projet, non comme description du seul périmètre juridique de la Phase IV.
4. Greenwashing / zones grises
La contradiction est nombre et lien : d’un côté, un discours prix et low‑carbon sur l’efficience ; de l’autre, une empreinte brute attribuée à Daba dans la base territoriale SwitchCoal, ≈17,8 Mt CO₂/an — soit un quotient carbone majeur provincial même si tout le Médoc vit au LED. Une seconde zone de vigilance structurelle émerge de la fonction politique affichée pour le Ningxia : China Daily évoque la perspective d’environ 100 GW de capacités renouvelables d’ici 2030, ce qui complique le cas business des centrales thermiques « performantes » en faisant monter la concurrence marginale des EnR. Enfin, sans établir de chaîne de causalité directe avec la Phase IV, le volet contentieux autour d’entités Ningxia du groupe apparaît documenté (Baidu Encyclopedia, fiche où des nombreuses procédures sont répertoriées pour une activité groupe) ; pour la transition énergétique analysée depuis Paris, ce signal doit être gardé comme risque systémique groupe/provincial, pas comme élément éprouvé sur cette ligne de production précise. Dans le panorama international du charbon, la Chine conserve une place centrale — un contexte décrit par exemple via les flux AFP recensés par Connaissance des énergies sur le rythme des capacités nouvelles.
5. Positionnement stratégique
À l’échelle du groupe parent, les investissements 2024 restent monumentaux — 265,6 milliards de yuans annoncés sur l’exercice, en hausse de 11,4 % selon la communication SASAC — ce qui confirme une stratégie de capacité et de sécurité d’approvisionnement plutôt qu’une cure d’austérité fossile. Pour la Phase IV, l’arbitrage à venir n’est pas technique — la machine est déjà « state of the art » — mais politico‑économique : capacité à rester en tête de merit order dans un Ningxia qui remplit son parc EnR, sans que des plafonds implicites d’émissions ne viennent rogner les heures pleines. Vu depuis l’Europe, l’asset ressemble à un pont réseau plus qu’à un pilote de désengagement.
Verdict WattsElse
Vous vous tenez là devant une fusée thermique de précision, pas devant une fusée verte : elle stabilise une ligne UHV et des bilans groupe, alors que les millions de tonnes comptées pour Daba rendent obligatoire la nuance. En une ligne : l’acier et le béton chantent faux quand les gigatonnes parlent.
Sources : gem.wiki · power-technology.com · switchcoal.org · ecologie.gouv.fr · nea.gov.cn · ceic.com · global.chinadaily.com.cn · baike.baidu.com · connaissancedesenergies.org · sasac.gov.cn
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Vacuum Oil
Marque fantôme du pétrole américain, la Vacuum Oil Company a disparu des cours en 1931, absorbée dans la chaîne qui mène aujourd’hui à ExxonMobil.
Voir la ficheSiemens Healthineers
Siemens Healthineers AG n’est pas une « startup climat » : c’est un géant coté à Francfort de l’imagerie, du diagnostic et du traitement du cancer — avec une trajectoire carbone chiffrée et validée par la Science Based Targets initiative.
Voir la ficheSF Kullavind
Sous cette étiquette se cache très probablement le parc éolien Kullen, aussi nommé Kullavind : une machine de 500 kW à Nyhamnsläge (Scanie), bien loin du marketing des gigaparc offshore.
Voir la ficheThermal Power Stations JSC
Le pays n’était pas nommé dans le brief, mais toutes les données structurées pointent vers Thermal Power Stations JSC, pilier thermique de l’Ouzbékistan : production en ligne avec la modernisation, investissements massifs, et en même temps une dette « vue par le marché » qui colle au souverain — et un sous-sol gazier qui a déjà manqué à ses promesses.
Voir la ficheB+T Group
Ingénierie high-tech pour les tours mobiles, ou comment connecter tout le monde sans vraiment bouger… sauf leurs équipes sur le terrain.
Voir la ficheDPEC
Sous le ticker DEC**, DPEC incarne la consolidation à l’américaine des puits « en fin de vie » : cash-flow massif, acquisitions à deux milliards de dollars, et un feuilleton judiciaire et politique sur le coût réel du bouchage.
Voir la ficheSe Skog & Maskin
Petite structure du Jönköpings län, S-E Skog & Maskin AB apparaît sous l’étiquette marketing « Se Skog & Maskin » sur les annuaires de matériel : derrière le nom se cache un entrepreneur forestier et motoriste, pas une start-up électrique.
Voir la ficheSlättäng AB
Sur les terres scanes du domaine de Slättäng, l’électricité souffle depuis les années 1990 et la chaudière crache de la chaleur issu de la biomasse locale — jusqu’ici, l’histoire tient la promesse d’une ferme qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme.
Voir la ficheUNIVERSITE DE LA REUNION – ENERGY LAB
L’Université de La Réunion ne joue pas dans la même cour que les pure players tech : son Energy Lab incarne la recherche publique sur systèmes énergétiques tropicaux et hydrogène, avec une pile de projets FEDER et INTERREG.
Voir la ficheArteche
Le pays basque n’est plus un détail d’adresse : Arteche, basée à Mungia, a franchi le seuil des 500 M€ de chiffre d’affaires en 2025 avec un résultat net qui a failli doublé.
Voir la ficheRubis Énergie
Rubis Énergie incarne le gros du mouvement de cash du groupe Rubis : carburants, gaz liquéfiés, bitume et négoce de détail sur des marchés où la croissance démographique et l’urbanisation tirent encore fort la demande.
Voir la ficheiskur tekstil enerji
Le nom évoque le textile ; sous le même toit groupe, İskur Tekstil Enerji tisse les filiales de production d’électricité, la cogénération au gaz qui alimente l’outil industriel à Kahramanmaraş, et un vivier d’actifs hydrauliques et éoliens revendiqués au niveau du holding.
Voir la ficheAirports Company of SA
L’Airports Company of South Africa capitalise sur un rebond financier spectaculaire tout en avançant ses panneaux photovoltaïques et sa neutralité carbone 2050 — mais ses grands chantiers fossilisants (kérosène, croissance trafic) jaugent tout solaire comme une goutte d’eau.
Voir la ficheUnion Electric Co
Née en 1902 sous le nom d’Union Electric Company, l’utilité du Missouri ne vend pas des promesses climat en vrac : elle arbitre un réseau régulé, une demande de data centers en sursaut et la sortie de charbon sous le double feu des tribunaux fédéraux et du marché de capacité MISO.
Voir la ficheAir Liquide (Germany)
Air Liquide ne vend pas du « rêve vert » : il vend des gaz industriels, de l’ingénierie et des réseaux — en Allemagne comme ailleurs.
Voir la ficheUnión Eléctrica
Lorsque WattsMonde classe l’entreprise sous « Pétrole & Gaz », ce n’est pas une erreur cartographique : c’est reconnaître que l’« Unión Eléctrica » vivote surtout grâce (ou malgré) le carburant des centrales thermiques et diesel.
Voir la ficheGansnäs driftbolag AB
Sous le vent de la Baltique, Gansnäs driftbolag AB tient comptabilité suédoise et marge de 2,4 % — pas storytelling climat.
Voir la ficheParque Solar Fotovoltaico Luz del Norte SpA
Dans le nord du Chili, un parc photovoltaïque devenu emblématique change de peau : plus seulement de la puissance nominale sous le soleil du désert, mais des batteries géantes financées sous l’étiquette « vert ».
Voir la ficheEdelaysen
Aux confins du réseau national, Edelaysen incarne une utilitaire taillée pour des îlots énergétiques : éolien, soleil et eau contre la solitude du thermique.
Voir la ficheNoor Power
Quatorze mois à l’arrêt, indemnités et contentieux en cascade, déficits pour les comptes du projet : la tranche tour à sels fondus du complexe de Ouarzazate incarne à la fois l’ambition industrielle du Maroc sur les EnR et la fragilité des premières générations de CSP à très grande échelle.
Voir la ficheZawia Oil Refining Company
Une filiale de la NOC fait tourner le plus grand bloc raffinatoire encore opérationnel aux portes de Tripoli, mais son calendrier industriel n’est pas celui d’un site européen soumis aux exigences de reporting climat étendues : incendies, force majeure et révisions rythment un outil pensé pour le carburant domestique, pas pour un bilan GES harmonisé.
Voir la ficheVB Energi
Opérateur intégré de réseau et de chaleur dans le berceau industriel suédois du Västerbergslagen, VB Energi carbure à la biomasse et au réseau tout en demandant aux clients de financer des milliards de couronnes d’infrastructure.
Voir la fiche