Oxy
Oxy, côté places, ce n’est ni l’oxygène de Wikidata ni un distributeur d’électricité à la française : sous le ticker NYSE: OXY, il s’agit d’Occidental Petroleum, géant indépendant du pétrole et du gaz, fort en Permian et en Golfe du Mexique.
À propos de Oxy
1. Modèle économique
Le groupe vend avant tout des hydrocarbures extraits et commercialisés aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avec une division midstream & marketing qui assure le raccordement champ–marché via gazoducs, capacités de traitement et opérations associées, détaillée dans la rubrique Midstream and Power. En 2024, le chiffre d’affaires net déclaré à la SEC s’établit à 26,7 milliards de dollars (états financiers 2024) ; les slides de résultats soulignent par ailleurs 4,9 milliards de dollars de flux libres hors fonds de roulement et 4,5 milliards de remboursements de dette (présentation du 19 février 2025). L’effectif est de l’ordre de 13 000 salariés (faits et chiffres 2024). La stratégie récente combine crocissance dans le Permian — rappelons le rachat de CrownRock pour 12 milliards de dollars, évoqué par l’AFP via Connaissance des Énergies — et des opérations chimiques historiques, désormais en partie cédées (opération OxyChem vers Berkshire Hathaway annoncée en 2025 dans la presse spécialisée).
2. Impact réel
L’empreinte climatique dominante reste celle des combustibles fossiles vendus et brûlés : dans l’analyse critique de Carbon Market Watch (avril 2024), les émissions de scope 3 représenteraient environ 90 % des gaz à effet de serre liés à l’activité du groupe, hors de portée des objectifs « net zero » opérationnels. Côté opérations, Oxy met en avant une baisse de 20,4 % des émissions scope 1 et 2 depuis 2019 et 65,2 % sur le méthane sur la même période, avec une réduction de 67 % du torchage « routin » par rapport à 2020 (rapport de durabilité 2024) — des progrès réels sur l’actif, qui ne changent pas l’ordre de grandeur des émissions induites par la consommation du baril. Pour un lecteur français, le décalage avec les trajectoires de sortie des fossiles inscrites dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) tient à un simple constat : Oxy reste structurément un exportateur de carbone, pas un GRD européen soumis aux mêmes leviers de flexibilité réseau.
3. Innovations / partenariats
Le pari visible est carbone : filiale 1PointFive, captage DAC (usine STRATOS au Texas), partenariats d’achats de crédits avec des donneurs d’ordre nord-américains, accord juillet 2024 avec Microsoft mentionné dans le rapport de durabilité 2024. La presse américaine décrit un projet industriel de 1,3 milliard de dollars et une capacité annuelle cible de l’ordre de 500 000 tonnes de CO₂ capté (E&E News by POLITICO). Parallèlement, Oxy capitalise sur des décennies de transport et d’injection de CO₂ pour récupération assistée des hydrocarbures — savoir-faire réseau rare, mais toujours tourné vers plus de barils.
4. Greenwashing / zones grises
L’ONG Carbon Market Watch estime qu’Oxy vise jusqu’à 1,3 million de barils pétroliers équivalent par jour en 2024, soit une hausse de l’ordre de 10 % de la production par rapport à l’année précédente — mouvement difficilement conciliable avec une narration « 1,5 °C » (analyse « Net Zero Oil Company », avril 2024). Le même rapport critique le rôle du DAC et des crédits carbone comme levier d’image autant que de suppression réelle. Par ailleurs, la base Violation Tracker agrège, pour la sphère Occidental (historique Anadarko inclus), plus de 5,26 milliards de dollars de pénalités réglementaires depuis 2000 (Violation Tracker) — utile pour relativiser les discours de « best in class » HSE. Enfin, l’entreprise avance des trajectoires « net zero »Scope 1+2 d’ici 2040 avec ambition 2035, mais pas de neutralité sur le scope 3 au même titre — tension classique des majors, ici assumée dans un langage très LOW CARBON VENTURES.
5. Positionnement stratégique
Oxy joue la dualité : maximiser le cash du Permian — record de production américaine revendiqué en 2024 dans les slides de résultats — tout en tentant de monétiser le CO₂ comme matière première régulée. Le segment midstream, s’il justifie l’étiquette « réseau », reste au service d’un mix fossile ; les marges chimiques reculent avec la cession annoncée d’OxyChem, ce qui peut accélérer la « purification » du récit vers l’énergie et le carbone. Pour les décideurs européens, la question n’est pas la qualité du câble basse tension, mais le prix du carbone à la frontière et la demande mondiale de brut : là, Oxy est un fournisseur, pas un opérateur de dernier kilomètre.
Verdict WattsElse
Oxy a bâti un empire d’oléoducs et de CO₂ avant de se rêver en héraut du climat : tant que le baril monte en premier rang et le DAC en faire-valoir, la stratégie reste un pari sur la prolongation fossile, pas sur la distribution électrique du futur.
Sources : oxy.com · sec.gov · oxy.com · oxy.com · connaissancedesenergies.org · oxy.com · ecologie.gouv.fr · eenews.net · carbonmarketwatch.org · violationtracker.goodjobsfirst.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q629
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