Partex
Longtemps rattachée à l’histoire pétrolière luso-moyen-orientale, la holding Partex Oil and Gas a basculé en 2019 dans l’orbite de PTT Exploration and Production.
À propos de Partex
1. Modèle économique
Partex n’apparaît plus comme une cotation autonome : depuis le rachat par PTTEP pour 622 millions de dollars, c’est l’E&P thaïlandais qui porte comptabilité, cash-flows et gouvernance, avec l’idée d’un pied stratégique au Moyen-Orient hérité du portefeuille Gulbenkian (réserves et participations mises en avant par la presse spécialisée au moment de la transaction, notamment l’Oman). Les revenus consolidés publiés par PTTEP en février 2026 avoisinnent 8,97 milliards de dollars de ventes, pour un bénéfice net d’environ 1,83 milliard de dollars et un volume moyen record d’environ 509 000 barils équivalent pétrole par jour (boed) — chiffres qui concernent l’ensemble du groupe, sans ventilation publique fiable retraçable au seul label Partex selon les éléments disponibles. L’enjeu, pour la maison mère, est d’alimenter la sécurité énergétique thaïlandaise (gaz, taxes, dividendes) tout en déployant un budget d’investissement pluriannuel massif, cité en ordre de grandeur au-delà de 30 milliards de dollars sur 2026-2030 dans des synthèses de marché et communiqués du groupe, au service d’une hausse cible de l’ordre de +10 % de la production en 2026. La dépendance est double : cycles du Brent et du gaz, d’une part, et risques de projet (géopolitique, coût du capital, exécution offshore) d’autre part, propres à tout portefeuille E&P profondément international.
*(Liens : rachat de Partex par PTTEP, bilan opérationnel 2025 de PTTEP, présentation de la stratégie PTT 2026, coulisse Reuters sur l’Oman (2019), synthèse d’investissement 2026-2030.)*
2. Impact réel
Le mix déclaré par PTTEP pèse environ 72 % de gaz en 2025 selon le digest « at a glance » : ce n’est pas de la low-carbon « pure », c’est de la société d’abord fossile, dominante gaz — moins carboneé que le pétrole brut à la combustion, massivement émetteur à l’échelle de la chaîne (fuites, torchages, aménagement, exportations). L’intensité d’émissions de gaz à effet de serre est présentée en recul d’environ 20,7 % par rapport à 2020 ; ce type d’indicateur, utile en reporting, ne contredit pas l’expansion programmée des volumes d’hydrocarbures, au regard des cibles de production 2026. Pour cadrer le débat, la littérature française rappelle que le pétrole et le gaz structurent encore la demande mondiale, avec des ajustements de marché plus lents que les objectifs climatiques ; la fiche pédagogique sur le pétrole de *Connaissance des énergies* et l’analyse des marchés gaziers 2025 fixent l’arrière-plan : désinvestissement inégal et sécurité d’approvisionnement pèsent d’un côté, régulation et prix du carbone (cadre européen, trajectoires d’Accord de Paris et de PPE reprises dans les programmations nationales) de l’autre. Rien dans les publications publiques n’isole un bilan carbone propre « Partex » : l’impact se lit au niveau de PTTEP et, plus largement, par l’ordre de grandeur des opérations fossiles consolidées.
*(Liens : PTTEP at a Glance 3Q2025 (PDF), PPE — Ministère, cataloque ADEME sur le captage-carbone pour le débat *réduction en amont* vs *CCS*).*
3. Innovations / partenariats
Le socle d’innovation visible est côté maison mère : feu vert d’investissement (FID) sur un CCS à 1 million de tonnes de CO₂ par an sur le gisement Arthit (mise en service ciblée vers 2028 d’après le cycle de construction exposé en 2025), complété par de la cogénération, du méthane venté sous maîtrise et, à l’export, le fil des projets Ghasha (synthèse opérationnelle 2025-2026) ou encore une étude d’hydrogène vert à Duqm, citée dans le bilan 2025. Côté Partex, le site corporate met en avant des j.v. classiques (ex. champs brésiliens, participation angolaise) et une culture de concessions moyen-orientales — moins *deep tech* qu’*asset management* d’E&P, mais déterminante pour l’ancrage opérationnel. L’opération d’injection documentée par la direction cristallise l’enjeu : démontrer la viabilité du premier grand CCS thaïlandais sans renoncer à la logique d’épuisement des gisements.
*(Liens : bilan 2025 PTTEP, rapport 9 mois 2025, opérations Partex (site), climat & durabilité PTTEP).*
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise : le CCS d’Arthit n’est pas neutre sur le plan politique. Greenpeace a mené des actions ciblant la plateforme, qualifiant le dispositif de « offshore carbon capture scam » et de détournement au service du maintien du gaz — une critique qui colle au débat international sur l’usage industriel du captage. Deuxième zone : l’héritage juridique de Montara (marée de 2009) : l’E&P a négocié un règlement de 192,5 millions de dollars australiens visant le recours de masse des planteurs d’algues d’Indonésie, sans que la fiche s’y substitue à la chronique du contentieux, accessible dans les documents d’établissement. Troisième zone : le décrochage d’intensité GES coexiste avec un sursaut de production cible ; sans plan de retrait pétrogazier, le risque de storytelling climat demeure structurel, au sens des analyses AIE/UE sur la dépendance aux revenus fossiles.
*(Liens : communiqué Greenpeace, coulisse Upstream, médiation Montara côté PTTEP).*
5. Positionnement stratégique
Dans l’annual report 2024 (publié en 2025), le groupe cadrant Partex vise l’alignement Net Zero 2050 de la galaxie PTT, mais l’impulsion immédiate est volume +, Ghasha, Hassi Bir Rekaiz, la Malaisie-Thaïlande (bloc A18) et la Méditerranée énergétique au sens large — c’est-à-dire un E&P qui gagne le pari de la courte échelle pétro-gazière, là où l’Europe et la PPE3 pèsent d’abord sur les filières d’import et les carburants plutôt que sur l’E&P asiatique. Signal récent : le groupe public thaïlandais continue de payer l’impôt d’E&S d’un géant pétro-gazier : les communiqués 2025 mettent en avant des dizaines de milliards de bahts de charges fiscales et de dividendes proposés, lissant l’arbitrage actionnaires / prudence climatique. Le positionnement de Partex, subordonné à ce socle, est clairement internationaliste : Moyen-Orient, Amériques, Afrique, gaz — rarement *utility verte*.
Verdict WattsElse Partex n’est plus une marque bours autonome : c’est l’étiquette patrimoniale d’une branche d’E&P thaïlandaise engagée dans un pari de volumes (objectif 2026 +10 %) tout en accrochant le prestige du premier grand CCS national — compenser le fossile à coups d’infrastructure plutôt que de désinvestir, avec la fâcherie d’une ONG et la dette morale d’un Montara jamais totalement clos du côté des récits publics.
« Partex, nom d’histoire, chiffre de PTTEP, climat de brut. »
Sources : pttep.com · pttep.com · ptt.listedcompany.com · reuters.com · euro-petrole.com · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · hub.optiwise.io · ecologie.gouv.fr · librairie.ademe.fr · sustainability.pttep.com · pttep.com · partex-oilgas.com · pttep.com · greenpeace.org · upstreamonline.com · hub.optiwise.io
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