Tri An Hydro Power Company
Le sud du Vietnam compte sur cette retenue soviétique des années 1990 pour tenir le réseau ; en 2025, la centrale a battu son plan de production.
À propos de Tri An Hydro Power Company
1. Modèle économique
Tri An Hydropower Company est l’opérateur de la centrale de Tri An, dans le groupe Vietnam Electricity (EVN). Le modèle est classique pour une filiale d’utilité publique : revenus tirés de la vente d’électricité au réseau, pilotage par des objectifs annuels fixés par la maison mère — en 2025, la production dépasse le plan EVN à hauteur de 114,8 % (performance 2025 annoncée par EVN). L’actif historique affiche 400 MW installés ; l’extension vise +200 MW et un investissement total de 3 965 milliards de VND, avec 30 % de fonds propres EVN et 70 % de dette sous l’égide notamment de la KfW et de la BIDV. Chiffre d’affaires ou effectifs consolidés au niveau de cette filiale : non retrouvés dans des comptes séparés accessibles publiquement ; la lecture financière passe en pratique par EVN. Le lot électromécanique TB01-TAMR (1 112,9 milliards de VND, dont une part en euros dans le dossier officiel) est attribué à un consortium DEC-ENTEC-TTP (communiqué de signature EVN).
2. Impact réel
Une centrale au fil de l’eau injecte de l’électricité à faible intensité carbone au moment de la consommation, ce qui aide à couvrir la pointe côté Sud sans brûler davantage de charbon ou de gaz — contexte décisif pour un Vietnam encore dépendant des thermiques. L’extension devrait ajouter 113 millions de kWh par an au réseau méridional selon les annonces du groupe (détail projet extension). Pour un lecteur français, le parallèle direct avec le PPE ou les fiches ADEME est limité : il s’agit d’un actif dans le système électrique vietnamien, piloté par les plans nationale et sectorielle d’EVN, non par la réglementation européenne. L’impact « climat » au sens bilan vie-cycle hydraulique (méthane de réservoir, altération des cours d’eau) n’est pas chiffré ici faute de bilan public récent et comparable au pas de l’installation.
3. Innovations / partenariats
Le volet « innovation » est surtout industriel et contractuel : sélection d’un consortium pour turbines et générateurs, financement multilatéral/bancaire, et accélération d’ouvrages d’accès — dont le pont Hieu Liem (cible d’ouverture au trafic 30 avril 2026 selon la presse nationale) pour convoyer des équipements lourds. Sur le gros œuvre, EVN indique retrouver du rythme : excavations centrale à 80–90 % et montage du pont à ~90 % des piles, avec une ambition de mise en service T3–T4 2027 pour les deux unités de 100 MW (point d’étape EVN).
4. Greenwashing / zones grises
L’hydro « renouvelable » au label ne dispense pas des externalités locales. En mars 2026, le site Vietnam.vn relate encore plus de 25 hectares (28 parcelles) à libérer et une deadline d’indemnisation fixée au 20 avril 2026, avec la perspective de mesures coercitives à l’encontre des ménages résistants sur des terres qualifiées de publiques — tension sociale et réputationnelle majeure, chiffrée et datée. La même source et un article parallèle sur la pénurie de granulats indiquent qu’en mars 2026 seulement 30 % des besoins en granulats conformes béton sont couverts, ce qui menace le démarrage du bétonnage prévu en avril. Enfin, Lao Động documente un retard foncier lourd sur les accès (ordre de grandeur 23 % des emprises libérées en août 2025), générant une exécution « haute intensité » pour rattraper un calendrier serré. Risque de greenwashing institutionnel : présenter l’extension comme purement « verte » sans intégrer ces coûts fonciers et logistiques serait une communication tronquée au regard de la presse locale vérifiable.
5. Positionnement stratégique
Pour EVN, Tri An est un levier de capacité régulable pour le Sud : record de production sur l’existant (communiqué EVN janvier 2026) et extension pour verrouiller le 600 MW fin 2027 si le chantier tient. La stratégie passe par une chaîne d’approvisionnement lourde (pont, granulats, foncier) plus sensible que le schéma technologique ; l’analyse sectorielle globale sur les grands hydro repose sur ce même couple « métier MWh / risque chantier » — ici illustré par la presse vietnamienne citée.
Verdict WattsElse
Tri An incarne le paradoxe des mega-hydro : MWh bas-carbone au compteur national, mais dépendance totale au béton, au foncier et à l’acceptabilité locale. Tant que 25 hectares restent politiquement et physiquement contestés, chaque annonce de « transition » sonne comme un chantier sous contrainte, pas comme un slogan.
Sources : en.evn.com.vn · en.evn.com.vn · en.evn.com.vn · en.evn.com.vn · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · news.tuoitre.vn · en.evn.com.vn · vietnam.vn · vietnam.vn · news.laodong.vn
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