PGNiG Termika
Derrière le nom d’emprunt PGNiG Termika se cache aujourd’hui ORLEN Termika S.A.
À propos de PGNiG Termika
1. Modèle économique
La société assure une part décisive du réseau de chauffage de la capitale : la centrale de Siekierki couvrirait environ 58 % des besoins en chaleur, Żerań près de 40 %, complétés par des sources de pic (Wola, Kawęczyn), selon la synthèse rédigée par Bankier.pl à partir des declarations de la direction (nov. 2025). Le mix installé y est encore à dominante charbon : 61,6 % charbon, 22,5 % gaz, le reste (environ 16 %) mélange fioul et biomasse — avant la bascule projetée vers près de 81 % de gaz en 2035, le charbon devant disparaître et le complément venant d’EnR et d’odzysk ciepła (récupération de chaleur fatale). Le plan d’investissement annoncé frôle 17 milliards PLN d’ici 2035 (Bankier.pl). Côté agrégats société, la base EMIS fait état d’une baisse du chiffre d’affaires net de 7,66 % en 2024, avec une fourchette d’effectifs 1 001–5 000 salariés (profil Orlen Termika). La direction du groupe fait par ailleurs état d’une progression marquée d’EBITDA et de résultat net pour l’activité Termika sur 2024 dans le rapport de gestion Orlen 2024.
2. Impact réel
L’impact climat passe d’abord par la décarbonation du chauffage : sur Żerań, la turbine à cycle combiné gaz mise en service en hiver 2021 est présentée comme une source à 326 MW thermiques et 494 MW électriques, livrant environ 3,0 TWh d’électricité et 1,9 TWh de chaleur en cogénération annuelle (feuille de route « green transformation »). Le même document fixe une sortie totale des combustibles fossiles solides d’ici 2035 et une réduction de l’empreinte carbone de la production chaleur–électricité de 65 % d’ici 2040 (référence 2020). À l’échelle du groupe Orlen, la stratégie 2035 relie cette trajectoire à un levier massif sur les renouvelables (12,8 GW visés en 2035) et à une sortie anticipée du charbon pour l’électricité versus la suite du mix. Pour le cadrage français : la France vise, dans le projet de PPE3, l’extinction du charbon électrique d’ici 2027, tandis que la Pologne reste un laboratoire continental de désengagement plus tardif (panorama Pologne – AIE) : Termika incarne ce paradoxe : réseau de chaleur (un modèle que l’ADEME encourage en France pour mutualiser les besoins) piloté encore majoritairement au charbon en 2025.
3. Innovations / partenariats
Le carnet de projets mélange gaz, biomasse, récupération de chaleur et soutiens publics. Un communiqué officiel annonce 125,4 millions PLN de cofinancement NFOŚiGW pour un récupérateur de chaleur sur les eaux usées de la station de pompage Żerań (communiqué Termika). À Pruszków, la presse spécialisée décrit la mise en service début 2026 de trois moteurs gaz Jenbacher (12 MW électriques / 12 MW thermiques) pour 98 millions PLN (WNP.pl), tandis que Bankier.pl cite, ex ante, un chaudière biomasse 45 MWt cible 2028 et une pompe à chaleur 12 MWt sur effluents vers 2029. Côté logistique biomasse, Termika a also recours à des conteneurs bois avec Innofreight (RailMarket).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque est structurel : avec 61,6 % de puissance encore accrochée au charbon en 2025 (Bankier.pl), toute communication sur la « transition » heurte le réel des émissions. Le second est juridique : en mai 2024, le Samorządowe Kolegium Odwoławcze a annulé la décision environnementale pour un nouveau bloc gaz (ordre de grandeur 500 MW) à Siekierki, ouvrant la voie, selon la presse locale, à un recours écologiste et à un charbon prolongé (Raport Warszawski). La direction reconnaît parallèlement des « zawirowania » procéduraux autour du projet gazier, sans pour autant renoncer au calendrier charbon 2035 (WNP.pl). Les subventions NFOŚiGW rendent la trajectoire dépendante de l’État — ce qui n’est pas un scandale en soi, mais transparence et additionnalité deviennent le critère de vérité. Enfin, le contexte polonais voit les ONG durcir le contrôle des allégations vertes, comme l’a illustré ClientEarth sur le marketing « écologique » du charbon : Termika n’est pas partie à ce dossier, mais y opère dans un environnement réglementaire et médiatique de moins en moins conciliant.
5. Positionnement stratégique
ORLEN Termika se positionne comme bras énergétique urbain d’un Orlen en quête de statut multi-énergie : le papillon stratégique 2035 donne le tempo pour les EnR, alors que la fiche Termika décline la contrainte politique locale : maintenir le réseau de Varsovie sous tension thermique tout en absorbant 17 Md PLN de capex (Bankier.pl). Le pari industriel est clair : remplacer du charbon diffus par du gaz cristallisé, des récupérations bas-carbone et des stocks thermiques — à condition que Siekierki sorte du dédale administratif.
Verdict WattsElse
ORLEN Termika est le visage urbain du compromis polonais : des gigawatts de confort livrés aux Varsoviens, payés encore majoritairement en charbon, et une sortie 2035 qui tient ou casse sur un bloc gaz contesté au bord de la Vistule. Quand le droit de l’environnement devient le chef d’orchestre de la politique climatique, le géant du chauffage n’a plus qu’une certitude : sans permis, pas de pivot.
Sources : bankier.pl · bankier.pl · emis.com · orlen.pl · termika.orlen.pl · orlen.pl · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · termika.orlen.pl · wnp.pl · fr.railmarket.com · raportwarszawski.pl · wnp.pl · clientearth.org
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