Imerys
Cotée et étalée en cinq continents, Imerys est un géant discret de la chimie des minéraux.
À propos de Imerys
1. Modèle économique
Groupe français de minéraux industriels (céramique, bâtiment, fonderie, papiers, polymères, etc.), Imerys tire l’essentiel de sa valeur des matériaux spécialisés, des fusions et des arbitrages d’actifs, pas d’un métier d’opérateur d’énergie. Pour l’exercice 2024, le groupe a publié un chiffre d’affaires d’environ 3,6 milliard d’euros et un EBITDA ajusté d’environ 675 millions d’euros, en progression de marge par rapport à un 2023 légèrement plus élevé en revenu nominal, dans un contexte de reprise de volumes (communiqué de résultats 2024). L’ordre de grandeur 12 000 à 12 500 salariés est cohérent avec la documentation récente du groupe. Le Pays d’immatriculation est la France, avec une emprise internationale (pas de nationalité unique « côté opérationnel ») : c’est une multinationale du creusement et de la transformation, exposée au cycle industriel, au coût de l’énergie de procédé et à la compétitivité export. *Capex global agrégé* : les montants d’investissement se trouvent surtout par segment dans le document d’enregistrement — pas d’addition maniable en une seule phrase publique sans arrêter l’exercice.
2. Impact réel
Côté climat, Imerys met en avant une trajectoire chiffrée : baisse d’environ 28 % des scopes 1 et 2 par rapport à 2021 et -15 % sur le périmètre de scope 3 ciblé par l’SBTi, objectifs 2030 -42 % (1+2) et -25 % (3) sur la base 2021, selon le rapport climat 2024. La lecture « géothermie » telle qu’on la voit parfois côté carte sectorielle tient surtout à l’usage aval : graphites de conductivité thermique et charges minérales pour le plastique et les réseaux (applications « tuyaux géothermiques » côté marketing matériau), béton et géopolymères — pas à une part de marge liée à la production d’électricité géothermique. Sur le bâtiment et les « projets d’infrastructure patrimoniaux » qui ont fait l’actualité au printemps 2026 (GreenUnivers, Connaissance des Énergies), l’enjeu est d’énergie embarquée et de filières bas-carbone : Imerys y est un fournisseur amont possible, jamais le « narratif » de ces annonces. Pour la PPE3 et les trajectoires ADEME, le lien n’est donc pas une obligation bioclimatique spécifique à Imerys, mais l’alignement sectoriel : minéraux pour isolation, réseaux, stockage, batteries — là où l’État et les régions cadreront la demande d’infrastructures.
3. Innovations / partenariats
Octobre 2025 : contrat d’achat d’électricité renouvelable avec Engie — dix ans, trois parcs solaires en Espagne, 200 GWh/an, couvrant environ 24 % des besoins électriques européens du groupe et ~70 000 t CO₂e évités par an, avec une contribution d’environ 14 % sur les émissions de scope 2 (communiqué PDF, ENGIE Supply). Côté RSE / CSRD, le DEU 2024 intègre le rapport de durabilité ; le rapport climat sert d’anneau d’ancrage chiffré. Les cibles 2030 validées en 2023 par la SBTi complètent l’arbre normatif. Le projet EMILI vise l’extraction et la raffinade de lithium en France pour les batteries, avec un dossier d’étude d’impact public — autre filière « transition » que la géothermie, mais au cœur des débats d’eau et d’acceptabilité. L’innovation matériau (béton, céramique, fonderie) est le tissu concret, pas le branding « vert » seul.
4. Greenwashing / zones grises
Le métier reste l’extraction et le cvl : toute fiche RSE, même A au CDP (cf. communiqué), ne liquide ni les conflits eau/sol sur sites, ni l’empreinte du scope 3 quand on inclut toute la chaîne — le rapport climat 2024 insiste d’ailleurs sur le découplage difficile entre objectifs SBTi et croissance de certains matériaux. L’étiquetage « solutions pour la géothermie » côté plastique construction peut prêter à un décalage d’attente : on vend du filler / du renfort, on ne « fait » pas la géothermie. Les géopolymères et lithium : promesse découplage ciment/CO₂ et batteries, mais la dépendance à la démonstration industrielle et aux prix de l’énergie reste. Enfin, les vPPA en soleil espagnol abaissent le scope 2 déclaré : utile, mais délocalisation comptable de la MWh : à garder en tête quand on compare l’empreinte à celle d’un concurrent strictement français.
5. Positionnement stratégique
Imerys joue le métier d’infrastructure cachée : minerais pour réseau, chaleur, Volt — l’accord Engie en est le pari récent le plus lisible sur la MWh propre, complément d’électrification et de solaire côté client industriel européen. Sur l’horizon 2030, la bataille n’est pas sur un marché « géothermie pure », mais sur qui capte la valeur des filières bâtiment / BTP / stockage exigées par l’UE (taxonomie, CSRD). Imerys cherche un narratif science-based (cf. SBTi) + revenus résilients sur minerais critiques : un prix à payer en transparence sur les scopes et le résiduel fossile des fours.
Verdict WattsElse
Imerys, c’est la subsurface rendue fiche produit : moins le défricheur d’un puits chaud qu’un ingénieur de l’interface chaleur–bâtiment–courant. Tant le géo côté WattsMonde restera un raccroche thématique, la tension utile, celle qui désillusionne proprement : le cœur du risque n’est ni l’évaporation d’un ESG, ni l’étiquette « transition », c’est l’écart mesurable entre tonnes extraites et MWh vertes qu’on affiche en couverture.
Sources : fr.wikipedia.org · imerys.com · imerys.com · imerys.com · greenunivers.com · connaissancedesenergies.org · imerys.com · engie-sem.com · imerys.com · emili.imerys.com · imerys.com · imerys.com · imerys.com
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Autres acteurs de l'écosystème
SK Holdings
SK Holdings n’est pas une « supermajor » au sens classique : ce holding de tête (SK Inc., ex-SK Holdings, renommé en mars 2021) pilote depuis Séoul un portefeuille où l’énergie fossile et le GNL restent le socle cash-flow, pendant que les batteries avalent du capital dans un marché américain sous choc politique.
Voir la ficheSpectra Energy
C’était l’un des noms forts des gazoducs nord-américains, né du démantèlement d’un géant de l’électricité, absorbé dix ans plus tard par un poids lourd de Calgary.
Voir la ficheFotovoltaica Algarrobo
Ce n’est pas un « start-up discours » européen : Fotovoltaica Algarrobo est, selon les éléments disponibles dans la presse juridique de synthèse chilienne, une SpA montée pour porter du photovoltaïque — aujourd’hui rattachée au giron Sonnedix, pas à Grenergy ni à AustriaEnergy.
Voir la ficheDCP Midstream Partners
Elle ne cotait plus à New York depuis juin 2023, mais son empreinte industrielle, elle, s’est étalée sur des dizaines de milliers de kilomètres de réseau.
Voir la ficheSaga Petroleum LLC
Le nom « Saga Petroleum » porte le souvenir d’un pétrolier intégré norvégien des années 1970-1990 ; l’entité aujourd’hui suivie sous l’appellation Saga Petroleum LLC (souvent enregistrée of Colorado) est, elle, un opérateur indépendant américain, calibré pour gratter des barils et des MCF sur des actifs matures.
Voir la ficheIBERENOVA PROMOCIONES S.A.U.
** Filiale madrilène au quartier général du groupe, Iberenova Promociones incarne la montée en puissance de l’éolien et du solaire sur le territoire espagnol — avec des mises en service annoncées au pas de charge et une judiciarisation locale qui ne faiblit pas.
Voir la ficheFirst Toledo Solar Energy Corporation
Ce n’est pas un fabricant de modules ni une start-up climat : First Toledo Solar Energy Corporation (FTSEC) incarne une centrale au sol opérationnelle, calée dans un montage rentier où la terre, le bail et le régulateur comptent autant que les panneaux.
Voir la ficheSiemens España
Siemens España désigne surtout la filiale du groupe Siemens AG en Espagne (automatisation industrielle, bâtiments et réseaux, mobilité légère, services).
Voir la ficheNawah Energy Company
C’est l’histoire d’un khalij branché : quatre APR-1400, une flotte complète, des dizaines de térawattheures décarbonées.
Voir la ficheSamsung Electronics America
Samsung Electronics America (SEA) n’est ni un vague « Samsung mondial », ni une start-up localesque : c’est une filiale consolidée de Samsung Electronics chargée du marché nord-américain (ventes, service, légal régional et interface avec les opérations US du groupe semi-conducteurs et écran).
Voir la ficheStone Energy Corporation
Elle a vécu l’effondrement de 2016, la restructuration, puis la fusion qui l’a rayée de la cote.
Voir la fichePetrofina
Née à Anvers entre deux guerres, absorbée par Total à la fin des années 1990, Petrofina n’existe plus en tant que société cotée — mais son ADN commercial et territorial continue de traverser TotalEnergies SE, aujourd’hui pris en tenaille entre la montée en puissance du pétrole et du gaz liquéfié et une judiciarisation climatique sans précédent en Belgique.
Voir la ficheSidersa
Ce n’est pas un dinosaurier ni une start-up européenne : Sidersa est une sidérurgiste argentine cotée qui combine laminés et ferrailles avec un parc photovoltaïque massif, puis parie plus de 250 millions USD de capex sur une nouvelle acierie « verte » à San Nicolás.
Voir la ficheNaturgy Future, SLU
Naturgy Future n’est plus une coquille autonome sur le marché : la société que les registres espagnols listent comme Naturgy Future SL (promotion et exploitation d’éolien, solaire, hydraulique et biomasse) a été absorbée par Naturgy Renovables en septembre 2023 (fiche entreprise), ce qui place toute lecture économique sur le périmètre renovable du groupe…
Voir la ficheElectron Holding
Sur papier, c’est une success story de la transition : plus de 100 MW de photovoltaïque en propre, une batterie géante en chantier, des droits d’éolien massifs à l’ouest du pays.
Voir la ficheNTT
Le géant des télécoms japonais ne se contente plus de transporter des données : il achète, contractualise et stocke de l’électricité bas-carbone pour absorber la vague data centers et IA.
Voir la ficheACCIONA ENERGIA
** Producteur indépendant coté, pionnier de l’éolien et du solaire en Espagne et à l’international, Acciona Energía pousse toujours du megawatt dans le réseau — mais en 2025-2026, c’est surtout un chantier financier : dividende quasi anéanti, cessions massives, dette à raboter.
Voir la ficheCadeler
Danois coté (Oslo), spécialiste des navires d’installation d’éoliennes en mer et, depuis peu, d’exploitation-maintenance (O&M) via sa plateforme Nexra, Cadeler incarne l’hypercroissance de la filière : en 2025, il a doublé sa flotte opérationnelle (cinq navires neufs ou acquis) et enchaîne un carnet de 2,8 Md€ à la date de publication de ses résultats.
Voir la ficheAlperen Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Une société cotée sous le titre « Alperen Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ » désigne très probablement la Alperen Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheGas Malaysia
Gas Malaysia Berhad incarne le paradoxe d’un distributeur péninsulaire : des kilomètres de réseau déjà là, une stratégie « verdissement » via le biométhane, et en parallèle un projet d’import de GNL qui fixe l’entreprise dans le gaz fossile pour une décennie.
Voir la ficheSveriges Vindkraftkooperativ Ek för
Le modèle coopératif promet prix coûtant et démocratisation du vent — jusqu’à ce que les prix nordiques tombent sous zéro.
Voir la ficheSakarya Büyükşehir Belediyesi
La collectivité turque transforme réseau d’eau et déchets en kilowattheures.
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