PT. Krakatau Posco Energy (JV : Korea Posco Energy (70%) + PT. Krakatau Daya Listrik (30%))
La coentreprise qui alimente l’aciérie intégrée Krakatau Posco incarne la transition…
À propos de PT. Krakatau Posco Energy (JV : Korea Posco Energy (70%) + PT. Krakatau Daya Listrik (30%))
1. Modèle économique
PT Krakatau Posco Energy (KPE) est implantée dans la zone industrielle de Krakatau Steel, à Cilegon (Banten, Indonésie) ; son métier est la vente d’électricité et de vapeur à l’aciérie intégrée PT Krakatau Posco, avec une capacité de 2 × 100 MW mise en service commerciale en mars 2014, selon la présentation corporate. Le combustible principal est l’off-gas des hauts fourneaux (valorisation des gaz de procédé).
Sur le capital, attention aux signalétiques contradictoires : le site mélange selon les blocs « Krakatau Chandra Energi + POSCO International » et « Krakatau Daya Listrik + Posco Energy » (aperçu corporate). Les documents du groupe POSCO International font ressortir une prise de 55 % dans KPE au titre de l’exercice 2024 ( bilan annuel 2024) — bien loin d’un montage 70/30 « Korea Posco Energy / KDL » qui paraît obsolète ou erroné au regard des sources publiques actuelles. Le chiffre d’affaires 2024 de KPE est indiqué à environ 34,8 millions de dollars, avec un résultat net d’environ 12,6 millions et des actifs totaux d’environ 296,6 millions (passifs 89,4 millions) dans les comptes consolidés de référence (rapport financier consolidé décembre 2024). L’effectif propre à KPE n’est pas isolé dans ces publications ; l’entreprise s’inscrit dans un complexe employant de l’ordre de quelques milliers de personnes côté aciérie, sans ventilation officielle trouvée pour la centrale seule.
2. Impact réel
Le schéma « gaz de haut-fourneau → vapeur/électricité » améliore le rendement énergétique global du site sidérurgique en réinjectant des flux aujourd’hui inexploités dans l’atmosphère : logique proche, sur le fond, de ce que la littérature française nomme cogénération et valorisation de chaleur fatale (fiche sur la cogénération), même si l’équipement n’a aucun équivalent réglementaire PPE3 outre-mer. Aucun pourcentage public d’énergies renouvelables ni d’émissions évitées spécifique à KPE n’a été identifié ; l’empreinte carbone reste indissociable du mix sidérurgique (charbon actif dans la chaîne amont POSCO) et des émissions diffuses (poussières) signalées par la presse locale.
En décembre 2025, l’opérateur réseau PLN annonce avoir porté le raccordement de 145 à 175 MVA et énergisé l’usine pour permettre de réduire l’usage d’une unité interne de 60 MW, argument d’« efficacité énergétique accrue» (reportage Antara Banten). Ce glissement vers le réseau national modifie le profil de risque énergétique (coût du kWh, intensité carbone du mix PLN), mais ne constitue pas à lui seul une trajectoire de décarbonation chiffrée publiée au niveau de KPE.
3. Innovations / partenariats
Le cœur technologique reste la récupération multi-gaz (BFG/COG/LDG selon la communication du site) alimentant turbines et chaudières (page d’accueil KPE). L’accord PLN–Krakatau Posco fin 2025 constitue le partenariat infra visible : renforcement de capacité de pointe en MVA et mutualisation d’une partie de la charge. Aucun brevet ni levée de fonds dédiée à KPE n’a été repérée dans les sources consultées ; l’innovation se lit surtout opérationnelle et contractuelle (répartition centrale interne / réseau).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de discours vert apparaît à la jonction entre « économie circulaire des gaz » — réelle au niveau procédé — et les externalités locales peu compatibles avec une image « propre ». Fin janvier 2025, la presse régionale relate des plaintes récurrentes de riverains de Ciwandan pour des pluies de poussière de fer attribuée au complexe, avec irritations cutanées et respiratoires (article BantenNews, 31/01/2025). En août 2024, un rassemblement de centaines de personnes devant le site à Cilegon traduit une fracture de confiance autour d’impacts environnementaux présumés et de griefs sociaux (dépêche JPNN Banten, 17/08/2024).
Du côté climat réglementaire, une analyse d’ONG coréenne de mars 2024 place les actifs gaz/charbon captifs du groupe POSCO en Indonésie dans une zone de vulnérabilité financière face aux politiques carbone futures (note de recherche SFOC) — un angle investisseur distinct des communiqués d’efficacité. Enfin, aucune synthèse ADEME, GreenUnivers ou Énergie & Stratégie dédiée à KPE n’a été trouvée ; le comparatif PPE3 (France) reste périphérique, la société étant hors juridiction européenne.
5. Positionnement stratégique
Pour POSCO International et la filière Krakatau, KPE est un actif d’ancrage : sans ses 200 MW, la charge de l’aciérie intégrée devient plus fragile ; la mutualisation avec PLN de fin 2025 montre une volonté d’optimisation économique plutôt qu’un virage modèle énergétique complet. Dans le contexte indonésien — mix électrique encore majoritairement thermique et pression civique accrue sur les zones industrielles côtières — la valeur stratégique se joue sur fiabilité d’approvisionnement et gestion du risque réputationnel plus que sur une marque « bas-carbone » documentée au niveau entité.
Verdict WattsElse
KPE transforme des gaz de sidérurgie en courant utile, mais cette efficacité de procédé ne neutralise ni le voisinage irrité par la poussière ni l’exposition carbone du complexe : c’est une thermique de valorisation, pas une signature climatique autonome.
Sources : krakatauposcoenergy.com · poscointl.com · krakatauposco.co.id · connaissancedesenergies.org · banten.antaranews.com · krakatauposcoenergy.com · bantennews.co.id · banten.jpnn.com · forourclimate.org
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