Ratchaburi Electric Generating Company
Elle porte un nom de « holding » électrique, mais son métier, au sol, c’est le gigawatt thermique.
À propos de Ratchaburi Electric Generating Company
1. Modèle économique
L’entreprise incarne le modèle classique d’IPP sous contrat avec l’Electricity Generating Authority of Thailand (EGAT) : elle vend de l’électricité issue d’une centrale combinée et de turbines à gaz sur le site de Ban Rai, province de Ratchaburi. Selon le référentiel Global Energy Monitor, le complexe recense cinq unités avec, pour les tranches 1 à 3, 725 MW chacune en cycle combiné au gaz naturel (diesel de secours), et pour les tranches 4 à 5, 735 MW en turbine à gaz (gaz + fioul), soit au moins 3 645 MW déclarés au niveau site ; l’opérateur est identifié comme Ratchaburi Electricity Generating Co., Ltd., sous contrôle de RATCH Group (fiche centrale RATCHGEN_power_station)). Les agrégats CA, marge ou effectifs de cette filiale ne sont pas isolés dans les rapports consultés : la lisibilité financière passe avant tout par les publications consolidées du groupe côté Bourse de Thaïlande. Côté cycle d’actifs, une actualité récente attachée au cluster de Ratchaburi et à RATCH concerne la fin programmée de contrats EGAT sur deux groupes ; la presse économique locale titre explicitement sur cette échéance au 30 octobre 2025 (Money & Banking Magazine).
2. Impact réel
Au périmètre de cette filiale, l’impact climatique est dominé par les émissions de combustion (gaz, fioul/diesel), ce qui la situe hors du cœur de métier des EnR. À l’inverse, la lecture « renouvelable » n’est pertinente qu’à l’échelle du groupe RATCH, qui revendique 2 972,22 MW d’EnR en participation équivalente fin 2024, soit 27,48 % d’un mix encore majoritairement conventionnel (rapport de durabilité 2024). Les comparaisons automatiques avec la PPE3 ou les fiches ADEME sont peu éclairantes ici : aucune trace publique repérée sur ces portails français pour cette société opérant en Thaïlande (veille non exhaustive). Pour le lecteur européen, l’essentiel est plutôt structurel : découpler les objectifs EnR du groupe du rôle de cette entité, qui stabilise un parc thermique massif.
3. Innovations / partenariats
Sur le terrain de Ban Rai, l’« innovation » est plutôt industrielle et contractuelle (rendement des cycles combinés, dispatch, renégociations avec l’offtake public) qu’une rupture technologique « climat ». Les annonces récentes de financements durables et de pipelines verts — prêt *Green and Sustainability* 5 000 M THB chez Krungsri en août 2025, ou un pipeline d’environ 1 366 MW dont ≈99 % de projets « verts » au T1 2025 — relèvent des communications de RATCH Group, pas d’un pivot technologique imputable isolément à cette filiale (Thailand Focus 2025, présentation analystes T1 2025). Autrement dit : la maison mère emprunte la rivière « green finance », tandis que RATCHGEN continue de charrier le flux fossile.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de confusion — et c’est central pour votre cadrage « EnR » — est sémantique : mélanger cette filiale thermique et le récit EnR du groupe reviendrait à éclater deux bilans carbone différents. À l’échelle consolidée, la divulgation TCFD de RATCH fixe même une trajectoire 2035 encore 70 % d’actifs fossiles pour 30 % d’EnR, chiffres explicitement « révisés » dans la stratégie climat (divulgation TCFD 2024). Sur le volet compensations, le rapport de durabilité 2024 mentionne 11 381 t CO₂e de crédits carbone accumulés pour des émissions résiduelles, pratique disputée au regard de la hiérarchie d’atténuation prônée en Europe (rapport de durabilité 2024). Enfin, des profils ESG tiers continuent de rappeler des contentieux et griefs sociétaux liés à d’autres actifs du groupe (hydro au Laos, charbon à Hongsa), ce qui nourrit une contestation de legitimidad « verte » au niveau corporate (profil ESG Watch — RATCH Group).
5. Positionnement stratégique
Pour RATCH, Ratchaburi reste une colonne vertébrale de capacité dispatchable dans un pays où la demande brutale et la seasonality poussent à combiner EnR et thermique. Pour cette filiale, l’enjeu n’est donc pas tant de capturer des subventions EnR que de sécuriser des flux cash réglementés tant que les PPA tiennent, tout en absorbant les chocs monétaires qui, côté groupe, ont pesé sur le chiffre d’affaires au 3T 2025 (présentation 3T 2025). Dans ce paysage, le signal utile est double : financement vert en amont, gaz et liquides fossiles sur le réseau en aval — un découplage de plus en plus scruté par les analystes climat.
Verdict WattsElse
Nommer « renouvelable » ce qui est, à Ratchaburi, une forteresse gazière, ce n’est pas cartographier la transition : c’est confondre la vitrine du groupe avec son sous-sol. Ici, le climat se joue d’abord au mix corporate, pas au sigle local.
Sources : gem.wiki · en.moneyandbanking.co.th · ratch.co.th · ratch.listedcompany.com · ratch.listedcompany.com · ratch.co.th · esgwatch.inclusivedevelopment.net · ratch.listedcompany.com
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