Terna Energy SA
** En avril 2025, le champion grec des énergies renouvelables change de siècle : racheté par Masdar pour une valorisation historique, il vise 6 GW en 2030 tout en portant des projets qui heurtent forêts, riverains et observateurs indépendants.
À propos de Terna Energy SA
1. Modèle économique
Terna Energy SA (Συμεώνος 1, Athènes) est historiquement le plus gros investisseur en renouvelables en Grèce, avec un portefeuille en exploitation élargi en Bulgarie et en Pologne selon sa présentation d’activités. La rémunération repose sur la vente d’électricité renouvelable (éolien en pointe), complétée par l’hydro, le solaire, le stockage par pompage et des hybrides. En 2024, les activités poursuivies affichent un chiffre d’affaires de 347,1 M€ (+37,6 % vs 2023), dont 308,3 M€ pour le segment « énergie » (+23,3 %), un bénéfice net de 70,5 M€ (+23,5 %) et un EBITDA ajusté de 212,6 M€ (+22,6 %). La dette nette ressort à 795,6 M€ fin 2024 contre 844,6 M€ un an plus tôt. Le parc en exploitation atteint 1 224 MW à la clôture 2024, avec une production de 3,248 TWh — soit selon le même document 3,2 TWh selon le communiqué de résultats — et un facteur de charge portefolio à 30,8 % (28,6 % en 2023). Effectif du groupe en 2024 : non retrouvé dans les extraits publics consultés ; les comptes détaillés sur le rapport financier annuel 2024 restent la source à ouvrir pour ce poste souvent agrégé. À ne pas confondre avec Terna S.p.A., le gestionnaire de réseau italien : il s’agit ici de l’entité grecque cotée Athènes jusqu’au rachat par Masdar.
2. Impact réel
L’impact climat revendiqué est massif en volume absolu : le rapport de durabilité 2024 indique plus d’1,3 million de tonnes de CO₂ évitées et 88,8 % des revenus éligibles et alignés sur la taxonomie européenne — un signal « pur player » compatible avec les critères de finance durable de l’UE qui sous-tendent aussi la planification nationale des États membres dans la lignée des objectifs européens de déploiement des EnR. Le mix opérationnel reste dominé par l’éolien terrestre et des actifs hydro ; le communiqué FY 2024 souligne la contribution du complexe éolien de Kafireas à la progression de la production. Pour le contexte national, la Grèce connaît un fort ensoleillement et des tensions de surplus sur le réseau : Connaissances des énergies résume en juin 2025 cette problématique systémique — sans l’attribuer à Terna — qui rend pertinents les gros projets de stockage portés par l’entreprise.
3. Innovations / partenariats
L’étape structurante est industrielle et financière : en avril 2025, Masdar annonce la finalisation du rachat à 100 % après une prise de contrôle graduée, avec confirmation par Reuters du closing et d’une valeur d’entreprise d’environ 3,2 Md€. Le groupe déclare viser environ 6 GW de capacité opérationnelle d’ici 2030 et 250 MW supplémentaires (solaire, éolien, batteries) en construction avec mise en service sous 24 mois. Sur le stockage, le site du pompage-turbinage d’Amfilochia revendique un projet d’envergure avec stockage de l’ordre de 670 MW ; la Commission européenne en précise le cadrage (puissance turbinaire/pompage, contribution au plan de relance), ce qui en fait un levier pour l’intégration des EnR — ce n’est pas un gadget de start-up, mais une infrastructure lourde et longue à amortir.
4. Greenwashing / zones grises
La taxonomie ne remplace pas l’acceptabilité locale. En novembre 2023, Καθημερινή relate l’audience au Conseil d’État de quatre municipalités qui contestent des éoliennes en milieu forestier à Evia — une ligne de front juridique et paysagère avant même le rachat par Masdar. En 2024, le site ochi.gr documente le rejet par le Conseil d’État des recours (159–165/2024) visant ces installations : la victoire procédurale n’éteint pas le débat sur Natura 2000 et artificialisation. Plus tard, en mai 2025, Data Journalists interroge la probité perçue de contrats de reconstruction après les incendies d’Evros — sujet sensible pour tout discours « vert » qui ne peut ignorer l’apparence de captation de crises. Enfin, la sortie de cote à Athènes (communiqué Masdar, avril 2025, OPA à 20 € par action) réduit la transparence marché que procurent les filings obligatoires d’une société cotée ; ce n’est pas du greenwashing en soi, mais un risque de gouvernance pour suivre fins et moyens au même niveau de granularité qu’avant. Le caractère PCI d’Amfilochia, rappelé sur hps-amfilochia.gr, ancre la rentabilité du méga-projet aux Décisions européennes futures : moins une fraude qu’une exposition réglementaire à assumer.
5. Positionnement stratégique
Terna Energy devient l’un des bras européens de la montée en puissance de Masdar dans les Balkans et l’Europe centrale, avec un plan de croissance qui multiplie par plusieurs fois la base installée actuelle d’ici 2030 (vision groupe). Ce positionnement croise la course aux GW que poursuivent les grands producteurs d’EnR et les fonds souverains du Golfe, tout en s’inscrivant dans un réseau grec déjà confronté à des excédents de production renouvelable (cadre sectoriel grec). Le signal récent le plus net reste le prix payé et l’OPA : l’investisseur Abu Dhabi paie cher pour verrouiller le pipeline — et pour industrialiser le stockage.
Verdict WattsElse
Masdar achète du gigawatt et du stockage sur une colline grecque contestée : la transition n’est pas qu’un bilan carbone — c’est aussi un procès et une forêt. Le pari est limpide en euros ; le rendu territorial, lui, reste à débattre devant juges et citoyens.
Sources : terna-energy.com · terna-energy.com · terna-energy.com · terna-energy.com · connaissancedesenergies.org · masdar.ae · reuters.com · hps-amfilochia.gr · commission.europa.eu · ekathimerini.com · ochi.gr · datajournalists.co.uk · hps-amfilochia.gr
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