Reliance Power
Le désendettement et les batteries ont redonné des couleurs au groupe Anil Ambani sur les marchés ; puis le directeur financier est tombé dans une affaire de fausses garanties pour un appel d’offres de la Solar Energy Corporation of India.
À propos de Reliance Power
1. Modèle économique
L’entité visée ici est Reliance Power Limited, société cotée indienne de production d’électricité (thermal et renouvelable), filiale du périmètre « power » du groupe Reliance ADA — et non un homonyme occidental : le siège et les actifs sont en Inde, avec une exposition directe aux appels d’offres publics et aux contrats type SECI. Le modèle repose sur la vente d’électricité et de services autour de centrales exploitées ou en développement : au T3 de l’exercice 2025-26 (période close fin décembre 2025 selon le calendrier comptable indien), le chiffre d’affaires consolidé est d’environ 1 873 crores ₹, en légère hausse d’environ +1 % sur un an, tandis que le résultat net plonge d’environ –40 % à 25 crores ₹, signe d’une pression forte sur le bas de tableau malgré un revenu stable (résultats T3 FY25-26). La direction met en avant un ratio dette/fonds propres consolidé de 0,44 au 30 septembre 2025, après des années de restructuration et de remboursements massifs (dépôt BSE cité dans la veille de marché). Le rapport annuel 2024-25 décrit un parc opérationnel d’environ 6 000 MW et une filiale charbon clé, Rosa (environ 1 200 MW), au cœur du cash-flow historique (rapport annuel PDF). En parallèle, la société mère annonce des avancées de désendettement (dont un prépaiement d’environ 1 318 crores ₹ par Rosa fin 2024 sur la base des communications groupe) et un projet solaire d’environ 1 270 MW au Rajasthan dans les documents réglementaires récents (espace rapports). Le nombre exact d’employés consolidés n’a pas été retrouvé dans les extraits publics consultés pour cette fiche.
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’effet « net » de Reliance Power ne se lit pas dans un bilan carbone publié type CSRD européen, mais dans la structure même du mix : une part substantielle de charbon opérationnel côtoie des paris récents sur le stockage et le solaire. La centrale Rosa demeure un pilier de production thermique ; les cadres français type PPE 3 ou bilans ADEME ne s’appliquent pas à cette société — ils servent seulement de repère pour le lecteur européen : là où l’UE bride le charbon neuf, un acteur indien peut encore amortir longtemps des actifs thermiques tant que la demande et le cadre local le permettent. Les projets BESS et PV réduisent mécaniquement l’intensité carbone marginale du nouveau capital, mais ne suppriment pas l’empreinte historique du parc fossile ; l’impact environnemental concret passe donc autant par les MWh produits au charbon aujourd’hui que par la vitesse de montée en puissance du stockage commandé par l’État. Aucune fiche dédiée Connaissance des Énergies, GreenUnivers ou Énergie & Stratégie ne ressort sur cette société ; pour le contexte macro, un lecteur peut se reporter aux bilans mondiaux sur l’électricité publiés par des observatoires francophones (sans mention spécifique de Reliance Power), par exemple la documentation agrégée du site Connaissance des Énergies.
3. Innovations / partenariats
Le levier technologique le plus visible est l’entrée massive dans le stockage : en septembre 2024, la presse spécialisée relève un contrat SECI pour 500 MW / 1 000 MWh de batteries (chronique Hindu BusinessLine). Sur la turbine financière, le conseil d’administration a validé en novembre 2025 une levée jusqu’à 600 millions de dollars via FCCB (obligations convertibles) pour financer l’expansion, selon le document publié à la Bourse de Bombay. Ces deux signaux — commande publique BESS et dette convertible en actions — dessinent une stratégie où l’État indien et les marchés obligataires internationaux pilotent la courbe d’investissement plus que la R&D « deep tech » au sens étroit.
4. Greenwashing / zones grises
La transition ne s’expose pas seulement aux compteurs CO₂ : elle se joue aussi aux tribunaux et aux guichets bancaires. En avril 2026, la police économique de Delhi arrête le CFO Ashok Kumar Pal et deux intermédiaires pour avoir, selon l’accusation, fabriqué des garanties bancaires pour plus de 136 crores ₹ afin d’asseoir une offre SECI, les documents étant passés par la filiale Reliance NU BESS Ltd avec de prétendues confirmations SFMS que la State Bank of India aurait démenties (dépêche Hindu BusinessLine) ; la couverture généraliste va dans le même sens (Indian Express). Côté marchés publics, l’historique est déjà taché : en novembre 2024, SECI frappait d’une interdiction de soumissionner de trois ans avant de lever la sanction pour la maison mère en décembre 2024, tout en maintenant une exclusion pour NU BESS, selon la synthèse Business Standard. Enfin, tant que 1 200 MW charbon restent un socle du compte d’exploitation, tout discours « batteries et solaire en tête » porte le risque de dissymétrie d’image : les actifs thermiques continuent de structurer BOTH le cash et l’empreinte réelle, quel que soit le vert des nouveaux gigawatts.
5. Positionnement stratégique
Reliance Power achève un désendettement de façade spectaculaire (dette maître annoncée « sans dette » en standalone mi-2024, ratio groupe nettement ramené selon les dépôts de septembre 2025) tout en se repositionnant sur les enchères centralisées du système indien — le SECI comme pivot, les BESS comme produit-star, le Rajasthan PV comme volume. Le frictionnement fiscal et de provisions explique en partie la chute du net au T3 FY26 malgré un EBITDA souvent présenté en amélioration dans les briefings marché (analyse MarketsMojo sur le T3 FY26). Après avril 2026, l’enjeu n’est plus uniquement industriel : c’est la confiance des contreparties publiques et des banques qui redevient le actif critique.
Verdict WattsElse
Reliance Power a acheté une seconde vie financière à coups de prépaiements et de titres convertibles, mais la filière NU BESS et son CFO lui rappellent que, dans l’énergie, les garanties valent ce que vaut la signature — et que le charbon facture encore l’addition, même quand le bilan PV grossit.
Sources : bajajbroking.in · livemint.com · reliancepower.co.in · reliancepower.co.in · connaissancedesenergies.org · thehindubusinessline.com · bseindia.com · thehindubusinessline.com · indianexpress.com · business-standard.com · marketsmojo.com
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