Charwood Energy Group
Attention aux étiquettes : « London », 1 804 et ~3 500 salariés pointent vers une homonymie financière, pas vers Charwood Energy S.A.** (ALCWE), cette PME du Morbihan qui enlise encore des pertes malgré un bond de chiffre d’affaires.
À propos de Charwood Energy Group
1. Modèle économique
Charwood Energy se présente comme spécialiste français de solutions sur mesure de valorisation énergétique de la biomasse — conception, construction et installation pour compte de tiers (agriculteurs, industriels, collectivités), complété par un virage « producteur » via des centrales et contrats longs. Sur l’exercice 2025, le groupe publie un chiffre d’affaires consolidé de 9,3 M€, en hausse de +86 % par rapport à 5,0 M€ en 2024, avec une perte nette part du groupe de 2,1 M€ (amélioration de plus de 40 % vs 2024), selon le communiqué Euronext du 27 avril 2026. La marge opérationnelle reste dans le rouge (résultat d’exploitation –1,6 M€ vs –3,2 M€ en 2024). Les charges de personnel sont tenues à 3,0 M€ (+3 % seulement) malgré l’accélération commerciale. Au 31 décembre 2025, la société indique capitaux propres 3,0 M€, dette financière brute 5,2 M€ et trésorerie brute 1,9 M€ (même source). Elle affiche un carnet de commandes « sécurisé » de plus de 10 M€ à livrer/facturer sur 2026-2027. L’effectif exact n’est pas chiffré dans ce document réglementaire ; ne pas confondre avec des métadonnées « grande capitalisation / milliers de salariés » qui seraient celles d’un autre acteur.
2. Impact réel
Côté chaleur renouvelable, le réseau de chaleur biomasse alimentant le site Stellantis La Janais (avec Engie Solutions et la filiale Energy &+) est mis en avant pour ~25 000 MWh/an depuis une chaudière 8 MW (2024) et une extension à 14 MW visée après un +6 MW prévu en 2026, avec une réduction d’émissions affichée de l’ordre de 6 650 t CO₂/an selon Objectif Énergie. Sur la filière syngaz / gaz vert, le groupe revendique le premier corporate PPA de 21 ans avec Verallia France (site de Cognac) et le démarrage de construction « depuis février 2026 » d’une centrale détenue en propre, premiers revenus visés à partir du second semestre 2027, d’après le même communiqué Euronext. Ces ordres de grandeur situent l’impact à l’échelle d’un site industriel et d’une boucle locale de biomasse, cohérents avec la logique des réseaux de chaleur et du gaz renouvelable portée par la programmation pluriannuelle de l’énergie, sans en faire une généralisation nationale implicite.
3. Innovations / partenariats
Au-delà de Stellantis / Engie Solutions, le groupe met en avant des signatures 2025 (Méru, Gaillac, Morbihan, modernisation de méthanisation en Bretagne, etc.) dans le document Euronext. Sur le financement des filiales, il détaille 1,5 M€ d’obligations pour Charwood Innovation via LITA.co (reprenant le fil de la publication réglementaire) et 1 M€ de prêt participatif pour Energy &+ via MiiMOSA, selon la synthèse Investing.com relayant l’annonce. Le volet pyrogazéification / injection réseau est porté par Charwood Innovation, lauréat d’un appel à projets GRDF (budget public d’environ 400 k€ évoqué dans la presse spécialisée) — le détail apparaît dans le communiqué Les Échos Comfi. Pour la transparence boursière, la société renvoie vers charwood.energy/investisseurs.
4. Greenwashing / zones grises
Dépendance aux aides : le volet Stellantis est explicitement porté par une subvention ADEME de 3,5 M€ via le fonds BCIAT, selon Les Échos (21 janvier 2026) : utile pour « verdir » une usine, ce mécanisme nourrit aussi la critique d’un modèle industrialo-territorial adossé aux enveloppes publiques. Fragilité de bilan : perte nette –2,1 M€ en 2025 malgré +86 % de CA, avec seulement 1,9 M€ de trésorerie brute pour 5,2 M€ de dette, selon le communiqué Euronext du 27/04/2026 — ce n’est pas du greenwashing, mais un risque de promesse climatique bridée par la capacité à financer le scale-up. Biomasse et syngaz : l’approvisionnement local limité aux résidus ne règle pas le débat national sur la pression sur la ressource et le bilan carbone plein cycle ; la pyrogazéification reste un pari technico-réglementaire (injection, qualité du gaz, calendrier jusqu’à 2027 évoqué dans la communication de résultats). Transparence « ESG bureau » : en l’absence, dans le périmètre consulté, d’un rapport CSRD annexé à cette réponse, on reste sur indicateurs projet et comptes IFRS simplifiés : rigoureux pour la cote, pas exhaustifs pour auditer la matérialité environnementale au sens extra-financier strict.
5. Positionnement stratégique
Charwood joue la carte d’un modèle hybride — ETI de montage et, petit à petit, producteur sous contrats longs — dans un marché français où la décarbonation des sites industriels et le gaz vert sont des lignes de crédit politique. Le signal récent est double : accélération commerciale (carnet >10 M€) et première centrale « en propre » pour Verallia, calée sur un PPA 21 ans. Dans le secteur Production (cache WattsMonde), le groupe se distingue moins par une techno miraculeuse que par sa capacité à enchaîner chaufferies, réseaux, méthanisation et syngaz dans une ingénierie française encore marginalement rentable.
Verdict WattsElse
Charwood Energy illustre la France qui décarbone l’industrie par la biomasse et le gaz renouvelable, mais avec une finance qui court après l’ambition : la transition visible à La Janais et à Cognac se paie encore en pertes et en subventions — producteur promis, équilibriste confirmé.
Sources : live.euronext.com · objectif-energie.fr · eqs-news.com · fr.investing.com · lesechos-comfi.lesechos.fr · charwood.energy · lesechos.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Empresa de Energia del Putumayo
L’Empresa de Energía del Putumayo incarne ce que tout territoire frontière veut croire possible : du courant régulé, des gros chantiers pour digérer la croissance — et une gouvernance qui, sur le papier d’audit, ne pardonne pas les oublis les plus rudimentaires.
Voir la ficheINSTITUTE OF SOLID STATE PHYSICS, UNIVERSITY OF LATVIA
L’Institute of Solid State Physics de l’Université de Lettonie n’est pas un opérateur de réseau : c’est un laboratoire public devenu usine à projets, au moment même où son plus gros programme européen s’éteint.
Voir la ficheSafran Transmission Systems
— Fille d’un savoir‑faire français (Hispano‑Suiza) et fer de lance mondial des transmissions de puissance, Safran Transmission Systems arme les moteurs civils tout en absorbant une demande industrielle monstre ; la rentabilité record du groupe se lit aussi dans la distance entre dividendes levées et augmentations jugées trop basses lors des NAO**.
Voir la ficheKiraz ÇPAL GES2
Sur le papier, c’est l’EnR telle qu’on l’aime : quelques mégawatts photovoltaïques entrés au réseau avant l’explosion du solaire turc.
Voir la ficheChester Solar IV SpA
Chester Solar IV SpA apparaît surtout là où les infrastructures renouvelables laissent une trace administrative : droits de l’eau, registres d’avis légaux, chaîne de véhicules « Chester Solar I / IV » typique du verrouillage juridique des centrales au Chili.
Voir la ficheÅlands Vindenergi Andelslag
La coopérative Ålands Vindenergi Andelslag incarne trois décennies d’État d’élection local : petite structure en façade, ramifications dans le gigawatt-hours qui alimentent l’autonomie des îles.
Voir la fichePSF Quemados
Derrière le libellé « PSF Quemados » se profile, selon les éléments publics alignés sur le secteur EnR, le *Parque Solar Fotovoltaico El Quemado** — orthographe courante El Quemado, pas Quemados* — à Las Heras (Mendoza), porté par la filiale solaire d’YPF en lien avec l’opérateur provincial EMESA.
Voir la ficheSkaveröd Gurseröd Vind AB
Le vent souffle toujours sur la forêt de Tanum ; derrière les pales, ce n’est plus seulement une SPV locale qu’il faut suivre mais un géant nordique désormais tenu à 100 % par un fonds canadien.
Voir la ficheHansa Kraft HB
Hansa Kraft HB n’apparaît pas dans les radars des grands développeurs EnR : sur le terrain public, elle se résume à une chose certaine : propriété d’une centrale baptisée Valhalla dans le fichier des centrales suédoises, raccordée au réseau de Falu Elnät AB dans la zone de prix SE3.
Voir la fichePROYECTOS EOLICOS ARAGONESES S.L.
PME industrie éolienne ancrée à Saragosse, la Proyectos Eolicos Aragoneses S.L.
Voir la ficheElectricity Generation & Transmission Company
L’Electricity Generation and Transmission Company n’est pas une « utility » européenne avec bilan publié au millimètre : c’est le bras armé de l’État sierra-léonais pour la production publique et la haute tension, pris en tenaille entre saison sèche, importations et réforme inachevée.
Voir la ficheAsociación de Canalistas Sociedad del Canal de Maipo
Une structure de droit privée née avec le Code de l’eau chilien, puis une filiale boursière : l’ensemble qui relie Asociación de Canalistas Sociedad del Canal de Maipo à Eléctrica Puntilla incarne l’hypothèque politique du « vert » lorsque le débit négocie tout — irrigation, ville, courant — dans un bassin où la communauté d’irrigation et les autorités…
Voir la fichePetrofina
Née à Anvers entre deux guerres, absorbée par Total à la fin des années 1990, Petrofina n’existe plus en tant que société cotée — mais son ADN commercial et territorial continue de traverser TotalEnergies SE, aujourd’hui pris en tenaille entre la montée en puissance du pétrole et du gaz liquéfié et une judiciarisation climatique sans précédent en Belgique.
Voir la ficheCooperativa de Consumo de Energía Eléctrica Chillán
Coopérative historique du sud du Chili, Copelec incarne une distribution « de proximité » prise en étau entre la transition affichée et un maillage saturé.
Voir la ficheEnthrust Energy
Selon les éléments disponibles, Enthrust Energy avance moins comme un industriel intégré que comme un assembleur commercial de solutions d’optimisation électrique.
Voir la ficheShell-Mex and BP
Jusqu’en 1976, Shell et BP ont vendu au Royaume-Uni pétrole et carburants sous le même toit : Shell-Mex and BP (souvent abrégé SMBP) — l’histoire d’un entrepôt marketing bâti sur la crise, musclé par la guerre, dissous quand le duo a voulu des marques distinctes.
Voir la ficheLyrestad Vind AB
À Mariestad et Töreboda, 76 MW de Vestas tournent depuis des années pour un seul acheteur — Google — dans un schéma PPA qui fige le prix et la visibilité du cash-flow.
Voir la ficheWWS
** Derrière le sigle WWS, le lecteur croise tout : un opérateur américain de maintenance éolienne et solaire racheté par Pearce, des homonymes européens, voire l’acronyme académique « Wind-Water-Solar » — et une société française au nom proche en cessation.
Voir la ficheIran Power Development Company
L’Iran Power Development Company (IPDC) n’extrait ni le pétrole ni le gaz : elle développe et supervise les grandes infrastructures électriques qui brûlent surtout ce gaz — au cœur du paradoxe iranien entre pénuries d’approvisionnement et besoin affiché de nouveaux gigawatts.
Voir la ficheDistribuidora Eléctrica del Sil (DE SIL)
Au cœur de l’ancien bassin minier du Sil, DE SIL incarne la version XXS du modèle espagnol du distributeur régulé : peu de salariés, un réseau HT et BT qui tient une frange de territoire, et une capacité de connexion affichée comme totalement mobilisée par des dossiers déjà en cours.
Voir la ficheObere Donau Kraftwerke AG
Le groupe Obere Donau Kraftwerke AG n’est pas une énième « start-up de l’écologie » : c’est une société de gestion d’actifs hydroélectriques allemande, propriétaire d’une chaîne de six centrales au fil de l’eau entre Ulm et Dillingen, en Bavière.
Voir la ficheEnel Green Power Chile Ltda.
Le Chili reste une vitrine mondiale du solaire et de l’éolien ; dans ce décor, Enel Green Power Chile Ltda.
Voir la ficheKumamoto Arao Solar Park
Sur un ancien foncier industriel de la préfecture de Kumamoto, un actif de ~22 MW incarne la bascule du Japon : des années d’expansion « méga-solaire » sous grands groupes vers un univers où le paysage, la biodiversité et la fin des tarifs d’achat remettent en jeu chaque mégawatt.
Voir la fiche