Safran
Safran avance à pleine poussée: le groupe a signé en 2024 une année record, porté par le redécollage du trafic aérien, la montée en cadence du moteur LEAP et la fermeté des budgets de défense.
À propos de Safran
1. Modèle économique
Safran vit d’abord de l’aéronautique civile, puis de la défense et de l’espace. Son moteur économique est clair: vendre des moteurs, équipements, nacelles, trains d’atterrissage, systèmes optroniques ou de navigation, puis capter la rente d’après-vente sur des décennies via pièces, maintenance et services. En 2024, le groupe a réalisé 27,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 4,1 milliards d’euros de résultat opérationnel courant et 3,19 milliards d’euros de cash-flow libre, avec 1,543 milliard d’euros d’investissements dirigés notamment vers les capacités industrielles et les initiatives bas carbone (résultats 2024).
Le groupe comptait 99 364 salariés au 31 décembre 2024, a consacré 1,98 milliard d’euros à la R&D et indique investir 5% de son chiffre d’affaires en R&D autofinancée, dont 88% de la R&T orientée vers l’efficacité environnementale (URD 2024). Cette machine à cash reste toutefois très dépendante de la santé du transport aérien mondial: Reuters souligne que la hausse 2024 a été tirée par la progression du trafic et la demande en services moteurs et équipements (Reuters). En clair: Safran gagne beaucoup quand les avions volent beaucoup.
2. Impact réel
Safran peut faire valoir des progrès industriels tangibles. Le groupe affirme avoir réduit ses émissions scopes 1 et 2 de 44% par rapport à 2018, avec 45% de sa consommation énergétique provenant de sources bas carbone, et avoir utilisé 25% de SAF sur ses essais moteurs en 2024, avec un objectif de 35% en 2025 (plan climat 2025). Son objectif climat sur l’usage des produits vendus a été validé par la SBTi: -42,5% d’intensité carbone d’ici 2035 pour la propulsion (décarbonation aéronautique).
Le problème, c’est l’échelle. Safran rappelle lui-même que 90% de son empreinte carbone provient de l’usage de ses produits, donc du kérosène brûlé en vol (plan climat 2025). Or l’ADEME montre que la décarbonation du transport aérien ne peut pas reposer sur la seule technologie: il faut combiner efficacité, carburants durables et modération du trafic. Même tension côté carburants: le règlement européen ReFuelEU impose 2% de SAF dès 2025, 6% en 2030 et 70% en 2050, mais la production mondiale reste très insuffisante; Connaissance des Énergies rappelait fin 2024 qu’elle ne couvrirait encore que 0,7% du carburant consommé par les avions.
3. Innovations / partenariats
Safran n’est pas immobile. Le programme CFM RISE, mené avec GE Aerospace, vise une réduction de plus de 20% de la consommation et des émissions de CO2 des futurs moteurs, avec architecture open fan, hybridation et compatibilité 100% SAF (Safran RISE). En parallèle, Safran a testé en 2024 puis validé en 2025, avec Turbotech et Air Liquide, une turbine légère alimentée à l’hydrogène dans le cadre du projet BeautHyFuel (test hydrogène 2024, validation 2025).
Sur le plan industriel, Safran muscle aussi sa présence en Inde: un contrat a été signé avec HAL en février 2025 pour produire des pièces forgées du LEAP (Safran-HAL). Et côté défense numérique, le rachat de Preligens pour 220 millions d’euros en 2024 a fait entrer Safran plus franchement dans l’IA appliquée au renseignement, à la surveillance et à l’industrie 4.0 (Reuters).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque principal tient dans le récit. Oui, les moteurs LEAP consomment 15 à 20% de moins que la génération précédente et Safran met en avant plus de 32 millions de tonnes de CO2 évitées chez ses clients (CFM LEAP). Mais une amélioration d’efficacité dans un trafic en croissance rapide ne garantit pas une baisse absolue des émissions. C’est tout le nœud du dossier aérien.
Deuxième zone grise: le pari SAF est indispensable, mais encore contraint par le coût, les volumes et la disponibilité durable de la biomasse ou des e-fuels (ministère, ADEME). Troisième angle mort: la défense. Safran bénéficie clairement de la remilitarisation européenne et internationale, et travaille sur des briques critiques du Rafale, des missiles, de l’optronique et de l’IA de défense. La croissance y est réelle, mais elle expose le groupe à une lecture moins “transition” que “souveraineté armée”.
5. Positionnement stratégique
Safran occupe une place rare: assez industriel pour peser dans la décarbonation de l’aviation, assez enraciné dans la défense pour bénéficier du cycle géopolitique, assez rentable pour financer des paris technologiques lourds. Son défi stratégique est désormais limpide: convertir sa puissance d’ingénierie en baisse réelle d’empreinte, alors que la PPE3 et l’écosystème français poussent vers une économie plus électrifiée, plus sobre et moins fossile.
Verdict WattsElse
Safran n’est pas un faux vert: c’est un vrai industriel qui investit. Mais il reste prisonnier d’un paradoxe massif: rendre l’aviation moins carbonée sans pouvoir, seul, la rendre sobre.
Sources : safran-group.com · safran-group.com · reuters.com · safran-group.com · safran-group.com · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · safran-group.com · safran-group.com · safran-group.com · safran-group.com · reuters.com · safran-group.com · ecologique-solidaire.gouv.fr · librairie.ademe.fr · developpement-durable.gouv.fr
Données clés
- Forme
- public limited company with a bo
- Fondée
- 2005
- CA
- 23.7 Md€ (2012)
- Siège
- Paris, France ↗
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