Shanxi Zhang Electricity Datangta Shan Power Co Ltd
Dans le bassin houiller de Datong, une des plus grosses unités fossiles du Shanxi devient le symbole d’un paradoxe : brider le charbon le jour pour laisser passer le solaire, tout en conservant un projet d’extension ultra-supercritique sur le papier.
À propos de Shanxi Zhang Electricity Datangta Shan Power Co Ltd
1. Modèle économique
Le site est un classique producteur thermique de bout en bout : électricité vendue sur le marché et valorisation des combustibles liés au complexe minier-industriel de Tashan, avec logique « mine–convoyeur–centrale » documentée par la filiale 晋控电力塔山发电. Selon le suivi Global Coal Plant Tracker, la centrale recense au moins 2 520 MW opérationnels (2×600 MW et 2×660 MW) et un volet phase III (2×1 000 MW) encore en pré-construction. Une transaction de coentreprise entre Datang International (40 %) et Datong Coal / Tongmei (60 %) autour du site a été portée à la connaissance du marché londonien en 2024 (Investegate). Côté actionnaire coté 晋控电力 (Jinergy), la « maison mère » publie pour 2025 une politique de dividende nulle au motif de pertes non épongées dépassant 1,57 milliard de yuans au bilan de la société-mère (rapport annuel 2025) : un signal de fragilité patrimoniale qui contraste avec l’image d’un actif « fleuve » de premier plan. Sur le voisinage Datang, le périmètre Shanxi de China Datang a produit 114,84 TWh (équivalent 11,48 × 10¹⁰ kWh) en 2025, en recul de 1,11 % sur un an (document financier PDF).
2. Impact réel
L’empreinte carbone reste dominée par le charbon et, pour partie des tranches, par des combustibles « bas grade » valorisés localement, comme le détaille la fiche GEM. Sur l’air, les observations satellitaires de NO₂ sur le site « Datong–Tashan » documentent une baisse de 37,6 % entre 2005 et 2021 (mesures NASA) : un progrès réel de qualité de l’air, distinct d’une neutralité carbone. Pour un lecteur français, le contraste saute : là où la programmation pluriannuelle de l’énergie et les débats sur la flexibilité du système électrique cherchent à décarboner l’offre, Tashan incarne encore la forte inertie thermique chinoise — thème de verrouillage du parc houiller analysé en français dans la littérature académique (IDDRI, sortie du charbon en Chine).
3. Innovations / partenariats
Le « partenariat » structurel est industriel : coentreprise historique Datang / charbonnier du Shanxi (Investegate), intégration convoyeur–fosse pour stabiliser les flux (portrait d’actif). Techniquement, le site teste une flexibilité opérationnelle : selon la chronique officielle de l’information du Conseil des affaires d’État, des tranches de 600 MW ont été ramenées à 180 MW en journée afin de libérer de l’espace pour le photovoltaïque (SCIO, avril 2025) — une forme de repli tarifé du thermique. En parallèle, la fiche GEM recense encore un doublet 1 000 MW ultra-supercritique en préparation, signal d’une modernisation poussée vers le haut de gamme charbon, pas d’une sortie.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque narratif est le décalage entre flexibilité et investissement. En avril 2025, l’autorité de com’ d’État met en avant une exploitation à 30 % de la capacité nominale en journée sur des unités de 600 MW pour ménager le solaire (SCIO), soit une baisse brutale du facteur de capacité susceptible d’éroder la rentabilité des actifs existants. Dans le même temps, les bases ouvertes recensent une phase III de 2 000 MW encore listée non construite (GEM) : contradiction apparente entre écoulement difficile le jour et projet d’extension. Enfin, la gouvernance financière de l’actionnaire coté 晋控电力 affiche des pertes accumulées importantes côté « parent » et aucune redistribution en 2025 (rapport annuel) : difficile de vendre l’actif comme « santé financière exemplaire » sans réserves. Sur le mix du groupe coté, on trouve dans la documentation régulée chinoise un parc d’environ 10,94 GW dont 80,41 % encore thermique à fin 2024 (PDF rapport annuel) — repère utile, même si ce périmètre est plus large que la seule Tashan.
5. Positionnement stratégique
Le site se positionne comme laboratoire de la coordination charbon–EnR dans une province pivot : baisser le thermique quand le soleil injecte, monter quand le réseau le demande — la lecture système européenne insiste precisément sur le besoin de flexibilités pour absorber l’intermittence (avis sur la flexibilité et le stockage de l’ADEME). Côté groupe Datang, la production consolidée 2025 progresse légèrement au niveau national (+1,41 % à 273,1 TWh selon la presse spécialisée) avec une part charbon en recul de 3,36 points (Securities Daily), mais le volet Shanxi du même groupe recule (−1,11 %, PDF) : la pression régionale sur les thermiques y est plus sensible qu’au consolidate national.
Verdict WattsElse
Tashan, c’est le charbon qui apprend à s’effacer à mi-journée sans pour autant lâcher prise sur le gigawatt : la flexibilité est réelle, l’architecture industrielle reste fossile. Une formule : « solaire le jour, collège charbon la nuit — et peut-être 2 GW de plus sur la route. »
Sources : jksxpower.jnkgjtnews.com · gem.wiki · investegate.co.uk · money.finance.sina.com.cn · file.finance.qq.com · airquality.gsfc.nasa.gov · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · iddri.org · english.scio.gov.cn · static.cninfo.com.cn · ademe.fr · epaper.zqrb.cn
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