Säliträdberget Vind AB
Une société projet derrière un parc vieillissant de Dalécarlie, désormais noyée dans la mécanique d’un géant allemand : Säliträdberget Vind AB incarne l’éolien terrestre « de la première heure », rentable en électrons mais exposé à la fois à des agrégats comptables groupés glaçants et à un climat politique régional qui durcit.
À propos de Säliträdberget Vind AB
1. Modèle économique
Säliträdberget Vind AB est, selon les bases publiques, la coquille juridique liée au parc de Säliträdberget : huit Vestas V90 de 2,0 MW, soit 16 MW installés, mis en service en 2009 et entièrement détenus par EnBW AG. Le modèle est classique pour ce type de SPV : revenus issus de la vente d’électricité (zone de prix SE3 selon la fiche projet), entretien et éventuelles garanties d’origine, dans un cadre réglementaire suédois que la filiale EnBW Sverige ne cesse de vouloir « débloquer » par la voie politique.
Important pour ne pas amalgamer les entités : les comptes détaillés visibles gratuitement concernent surtout la maison-mère opérationnelle EnBW Sverige AB (gestion du portefeuille suédois), pas un compte isolé de Säliträdberget Vind AB. Pour 2024, Allabolag affiche un chiffre d’affaires d’environ 119 MSEK, un résultat net fortement négatif (de l’ordre de −115 MSEK selon la ligne « résultat après éléments financiers »), un effectif de 46 personnes, une solidité affichée à 94,8 % et une liquidité de trésorerie à 471,5 %. Le statut LEI « retired » de l’ancienne entité renforce l’impression d’absorption administrative : la visibilité financière au niveau du seul parc se dilue dans le holding suédois.
2. Impact réel
Sur le plan physique, l’outil est documenté : ≈ 49 GWh/an, présentés par EnBW comme l’équivalent de l’électricité annuelle d’environ 9 800 foyers (hypothèse 5 MWh/foyer). Les machines sont des V90 (rotor 90 m, hauteur de moyeu 125 m selon The Wind Power), localisées près de Mora en Dalécarlie. L’évitement de CO₂ spécifique au site n’est pas publié de manière isolée dans les sources consultées ; en l’absence d’un facteur d’émission horaire certifié pour ce poste, tout chiffre « tonnes évitées » resterait une extrapolation — ce que WattsElse évite.
Côté comparaisons françaises (PPE, ADEME, *Connaissance des énergies*, etc.), il n’existe pas, à notre connaissance, de fiche publique française qui rattache cette SPV suédoise à des indicateurs nationaux français : la pertinence est surtout européenne (décarbonation du mix UE, intégration marché nordique), pas directement « PPE3 ».
3. Innovations / partenariats
Le site est un actif mature de 2009 : la fiche GEM ne met en avant ni technologie disruptive ni partenariat R&D propre au parc. La « nouveauté » stratégique observable est plutôt amont : EnBW Sverige met l’accent, sur son portefeuille projets, sur le repowering d’autres sites pour prolonger la vie utile — signal utile pour situer Säliträdberget dans une logique de renouvellement à l’échelle du cluster, sans plan public Spécifique « Säliträdberget » identifié dans les extraits consultés. Aucune levée de fonds, aucun contrat public français ou CSRD dédié à cette SPV n’a été trouvé dans la veille ouverte menée pour cette fiche.
4. Greenwashing / zones grises
La tension n’est pas une accuserie gratuite de « greenwashing » : elle est comptable et politique, et chiffrée. En 2024, EnBW Sverige AB affiche un résultat net profondément négatif (≈ −115 MSEK) pour un chiffre d’affaires d’≈ 119 MSEK — soit un tableau qui interroge la durabilité économique de la plateforme locale telle qu’elle est consolidée, indépendamment du discours « neutralité carbone » porté au niveau groupe (vision EnBW Suède sur l’éolien). Deuxième tension documentée : en Dalécarlie, la presse locale relève une opposition croissante aux projets éoliens — illustrée en mai 2025 autour du voisinage de Särna — qui complique le contexte de toute extension ou repowering, même si ce reportage ne vise pas nommément Säliträdberget. Troisième point structurant : la fusion / radiation apparente de l’entité historique selon NordLEI obscurcit le suivi micro-comptable du parc pour le citoyen analyste.
5. Positionnement stratégique
Pour EnBW, Säliträdberget est un roteur nordique parmi un parc suédois : il stabilise du cash-flow électricité tant que les machines tiennent, mais il vieillit au regard des standards actuels de maintenance et d’acceptabilité. Le groupe peut compter sur la densité de compétences (46 employés côté EnBW Sverige) et sur une solidité bilan affichée très élevée, mais les pertes nettes 2024 rappellent que le risque financier du marché nordique et des investissements se lit d’abord dans les comptes suédois agrégés, pas dans les slogans RSE.
Verdict WattsElse
Säliträdberget Vind AB, tel qu’on peut le reconstruire depuis l’open data, est moins une « entreprise climat » qu’une ligne du bilan éolienne coincée entre des machines de 2009 et un environnement réglementaire et social suédois qui se resserre : l’électricité est verte, la marge politique et comptable ne l’est plus automatiquement.
Sources : enbw.se · gem.wiki · mynewsdesk.com · allabolag.se · fi.nordlei.org · thewindpower.net · ademe.fr · enbw.se · enbw.se · moratidning.se · enbw.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
EARLHAM INSTITUTE
L’Earlham Institute, cet institut de biosciences du Norfolk né en 2009 sous l’ancien nom TGAC (le site tgac.ac.uk redirige aujourd’hui vers l’Earlham), n’est pas un producteur d’énergie : c’est une « usine à données » du vivant.
Voir la ficheSICHUAN GUANG'AN POWER Co Ltd
À Guang’an (Sichuan), six groupes carburent au charbon sur 2,4 GW.
Voir la ficheIOP
L’IOP n’est pas un producteur d’électricité ni un pétrolier déguisé en « tech verte » : il s’agit de l’Institute of Physics, société savante et groupe à but non lucratif né au XIXᵉ siècle, ancré au Royaume-Uni (siège londonien, opérations dont l’édition scientifique à Bristol).
Voir la ficheFirst Toledo Solar Energy Corporation
Ce n’est pas un fabricant de modules ni une start-up climat : First Toledo Solar Energy Corporation (FTSEC) incarne une centrale au sol opérationnelle, calée dans un montage rentier où la terre, le bail et le régulateur comptent autant que les panneaux.
Voir la ficheEce Tur İnşaat
Patronné par un holding présent depuis 1981 sur le BTP et l’énergie, Ece Tur İnşaat capitalise sur un parc renouvelable turc où l’éolien domine et où le site hybride de Kangal fait figure de vitrine — avec un paradoxe classique : capacité annoncée en MWm, électricité réellement « vue » par le réseau plus basse selon les bases de données indépendantes.
Voir la ficheSlovenský plynárenský priemysel
Près de 1,5 million de clients, une part de marché qui frôle les deux tiers sur le gaz : Slovenský plynárenský priemysel incarne l’infrastructure nerveuse de la Slovaquie.
Voir la ficheKöyliön-Säkylän Sähkö
Köyliön-Säkylän Sähkö n’est pas un géant nordique : c’est une utility de taille village, ancrée au sud-ouest de la Finlande, qui fait tourner à la fois un réseau de distribution, une activité de vente et un îlot de chauffage urbain très « bois ».
Voir la ficheENTENT
La promesse est simple et redoutablement concrète : aller chercher les kilowattheures là où l’industrie les laisse filer, dans ses rejets thermiques.
Voir la ficheLodos Elektrik Üretim Anonim Şirketi
Le pari était vert, le terrain l’est tout autant : de Kemerburgaz à la péninsule d’Izmir, Lodos incarne la transition électrique turque…
Voir la ficheVeolia Energia Magyarország Zrt.
Filiale énergétique cotée dans vos bases « Pétrole & Gaz », Veolia Energia Magyarország Zrt.
Voir la ficheBegasa
En Galice, un distributeur d’électricité tire le câble entre digitalisation à marche forcée et nouvelles lignes 132 kV qui croisent forêts et propriétés privées.
Voir la ficheLIBRA AI TECHONOLOGIES PRIVATE COMPANY
Boutique athénienne de science des données, Libra AI Technologies I.K.E.
Voir la ficheSeadrill
Seadrill vit au rythme des journées de forage, des taux d’utilisation et des mégas-contrats offshore — pas au fil des promesses climat.
Voir la fiche52°North GmbH
Institut géospatial allemand sous statut sans but lucratif, 52°North ne pilote aucun parc éolien : elle façonne les couches de données et les plateformes qui permettent aux régions de visualiser leurs potentiels renouvelables et d’outiller l’adaptation au climat.
Voir la ficheTUL
Le sigle TUL brouille les pistes — commune corrézienne, hypermarché, projet de chauffage urbain — alors que, dans le cache Réseaux & Distribution, l’équivalent coté et international est Unitil Corporation (NYSE UTL), groupe régulé de distribution d’électricité et de gaz en Nouvelle-Angleterre.
Voir la ficheGrupo Naturgy
Naturgy Energy Group — ex-Gas Natural Fenosa, coté à Madrid — incarne le paradoxe d’un opérateur qui vend la transition par la « maille » tout en restant calé sur des flux gaziers encore massifs.
Voir la ficheAlbatros Energy Mali
La première IPP du Mali incarne mieux une dépendance électrique critique qu’un modèle résilient.
Voir la ficheSolar Power (Korat 9) Company Limited
Rarement une fiche d’entreprise résume aussi bien le grand écart entre le solaire historique et le solaire politique.
Voir la ficheEksbo Hönsinge AB
À Anderslöv, à deux pas de Trelleborg, une micro-société suédoise capitalise vingt-quatre ans d’électricité « propre » sur une ligne comptable minuscule.
Voir la ficheUNIVERSITY OF THE AEGEAN
L’Université de l’Égée n’est pas un opérateur énergétique : c’est une université publique grecque, ancrée à Mytilène (Lesvos) depuis 1984, mais éclatée sur l’archipègre.
Voir la ficheParque Solar Catemu SpA
** Sous le soleil de l’Aconcagua, une poignée de mégawatts alimentent le réseau central…
Voir la fichePOLENERGIA
Ce n’est pas une start-up green-tech ni une major : Polenergia est une holding énergétique polonaise cotée qui s’est fait une promesse radicale — « zéro » exposition directe au gaz après une vente chiffrée fin 2025 — tout en montant en puissance sur l’éolien terrestre, le solaire, puis l’offshore Baltique avec Equinor.
Voir la ficheEskom Cape
Ce n’est pas une « startup grid » européenne : sous l’étiquette « Eskom Cape », vous avez les deux grosses unités d’exploitation du Western Cape et de l’Eastern Cape au sein de la division Distribution d’Eskom Holdings SOC Ltd, la société d’État sud-africaine qui dessert une grande partie du pays — là où le réseau basse et moyenne tension rencontre…
Voir la ficheSkedevi Bonnorp Vind AB
Deux domaines voisins, une turbine depuis 2008, du solaire sur les hangars depuis 2016 et un contrat d’achat avec un fournisseur territorial : ce n’est pas un opérateur en quête de spotlight ESG, mais un producteur local qui mêle patates, fraises et mégawatts.
Voir la fiche