Samsung
Le géant sud-coréen ne se résume pas aux smartphones : Samsung C&T et Samsung Heavy Industries en font un acteur discret mais massif des infrastructures énergétiques, du solaire géant au SMR.
À propos de Samsung
1. Modèle économique
Samsung est avant tout un chaebol intégré : à la tête du groupe (Siège à Séoul, implantation majeure à Suwon pour l’électronique), des filiales comme Samsung C&T (ingénierie, construction, développement de projets d’énergie et d’infrastructures) et Samsung Heavy Industries (navires, offshore, équipements lourds) tirent une part croissante de leur valeur des grands contrats EPC et du déploiement d’actifs énergétiques. Samsung Electronics reste le visage public et une partie déterminante du business via terminaux, puces et services. Sur le volet « Réseaux & Distribution » au sens large — réseaux électriques, centrales, renouvelables et projets OT — C&T et SHI sont les bras industriels les plus exposés. Pour Samsung C&T, le rapport de résultats 2025 indique un chiffre d’affaires consolidé de 40 742 milliards de won en 2025 (−3,2 % sur un an) et un résultat opérationnel de 3 293 milliards de won (+10,4 %). L’effectif global du conglomérat varie fortement selon le périmètre comptable ; la donnée transmise en amont (~109 541 personnes) correspond à un agrégat de référence, à mettre en perspective avec les filiales cotées et les effectifs déclarés séparément par division.
2. Impact réel
Sur le climat, les trajectoires divergent selon les branches : Samsung Electronics met en avant une division DX à 93,4 % d’électricité renouvelable fin 2024 et un objectif de neutralité carbone scope 1 et 2 en 2030 pour cette division, ainsi qu’une réduction moyenne de la consommation électrique des produits de 31,5 % par rapport à 2019 sur sept catégories — éléments repris dans le communiqué sur le rapport durabilité 2025. Côté matière, 31 % des plastiques incorporés aux produits DX en 2024 seraient recyclés, avec une montée en charge annoncée jusqu’en 2050. Du côté « infrastructure », Samsung C&T amplifie la capacité solaire déployée à grande échelle : ≈864 MW de solaire flottant au Vietnam avec KN Holdings selon l’annonce de partenariat, et au Qatar un projet Dukhan de 2 000 MW présenté comme le plus grand solaire du pays, avec suivi solaire et adaptation désertique — impacts CO₂ annoncés dans la lignée des 4,7 millions de tonnes évitées par an citées par les porteurs du projet. Ces engagements ne remplacent pas une analyse de cycle de vie globale du groupe, mais documentent un pivot matériel vers l’électricité bas-carbone dans certaines chaînes de valeur.
3. Innovations / partenariats
Sur le nucléaire modulaire, Samsung C&T densifie les alliances : accord avec Synthos Green Energy en décembre 2025 pour viser jusqu’à 24 SMR BWRX-300 en Pologne d’ici début 2030, et coopération avec GE Vernova Hitachi pour le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est. Samsung Heavy Industries avance sur les barges nucléaires CMSR (fourchettes 200–800 MW selon le nombre de modules), avec homologation AiP de l’ABS et calendrier de commercialisation visée vers 2028 décrit par World Nuclear News. Dans le cadre européen des SMR, la fiche pédagogique SMR de Connaissance des énergies rappelle le contexte d’industrialisation et de financement des démonstrateurs — utile pour situer la stratégie export de Samsung face aux programmes publics UE.
4. Greenwashing / zones grises
Les risques ne sont pas théoriques. Samsung Heavy Industries fait l’objet, en novembre 2025, d’accusations documentées par The Korea Times de discrimination salariale systémique envers des travailleurs migrants, avec des prélèvements de l’ordre de 180 000 won mensuels pour des services de restauration comparés à des coûts quasi nuls pour les salariés coréens. Sur les droits fonciers et autochtones, une filiale de Samsung C&T en Indonésie (PT Inecda) a été reconnue en faute par la RSPO (mars 2025, synthèse KTNC Watch) pour non-respect du consentement libre et éclairé sur environ 24 000 hectares de palmiers à huile. Côté relations sociales, Business Korea rapporte une condamnation en cassation (août 2025) de Samsung C&T pour près de dix ans de refus de négociation collective. Enfin, malgré une politique de sortie du charbon annoncée en 2020, la participation au centrale thermique Vung Ang II au Vietnam — avec permis environnemental vietnamien délivré en février 2025 — maintient une exposition charbonnière résiduelle difficile à concilier avec un récit de désengagement total.
5. Positionnement stratégique
Samsung joue la carte « infrastructures bas-carbone + nucléaire de série » pour compenser la cyclicité du BTP et capter les enveloppes souveraines — Pologne, Moyen-Orient, Qatar — alors que l’UE structure ses filières SMR (voir aussi l’analyse sur les mini-réacteurs en Europe). Le fil Revolut Énergétique sur les SMR flottants reflète l’attention médiatique sur cette diversification. Le signal récent combine records commerciaux solaires et ambitions SMR multi-zones, sous surveillance accrue des juges, syndicats et ONG.
Verdict WattsElse
Samsung exporte une ingénierie d’envergure dans le renouvelable et le nucléaire modulaire, mais son crédit climatique et social se joue au détail des périmètres : tant que charbon, palmiers et migrants à deux vitesses restent dans les livres, le récit « transition » sonne comme un chantier à trois étages — dont un encore fossile.
Sources : news.samsungcnt.com · news.samsung.com · knholdings.vn · news.samsungcnt.com · news.samsungcnt.com · news.samsungcnt.com · world-nuclear-news.org · connaissancedesenergies.org · koreatimes.co.kr · ktncwatch.org · businesskorea.co.kr · news.samsungcnt.com · vapco.vn · connaissancedesenergies.org · revolution-energetique.com
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