Schlumberger (United Kingdom)
Le centre Stonehouse, dans le Gloucestershire, incarne la carte « innovation » du groupe au Royaume-Uni : géothermie de surface, outils digitaux, capture…
À propos de Schlumberger (United Kingdom)
1. Modèle économique
L’entrée « Schlumberger (United Kingdom) » renvoie, selon les éléments publics, aux sociétés britanniques du groupe SLB Limited (ex‑Schlumberger N.V.), parmi lesquelles figurent notamment Schlumberger UK Holdings Limited (Companies House). Ce n’est pas une entité locale isolée : le cœur du modèle reste la vente de technologies et services à l’exploration‑production — forage, caractérisation de réservoirs, systèmes de production, produits chimiques, numérique — sur des marchés mondiaux.
Le groupe a publié un chiffre d’affaires 2024 de 36,29 milliards de dollars puis 35,71 milliards en 2025 (‑2 % sur un an), dans un environnement de dépenses amont plus frileuses (résultats annuels 2025). L’acquisition de ChampionX, close au troisième trimestre 2025, a injecté 1,46 milliard de dollars de revenus en 2025 selon le même communiqué (le dirigeant évoque aussi environ 1,5 milliard depuis la clôture pour résumer l’effet de période). En parallèle, SLB confirme une logique actionnariale agressive : plus de 4 milliards de dollars de retours aux actionnaires prévus en 2026 et hausse de 3,5 % du dividende trimestriel annoncée en janvier 2026 (même source).
2. Impact réel
Au Stonehouse Technology Centre (Gloucestershire), SLB a présenté fin 2024 sa première installation « low carbon » au Royaume-Uni : remplacement d’une chaufferie gaz et de groupe froid par une pompe à chaleur géothermique fournie par Celsius Energy, une activité « New Energy » du groupe. L’opérateur annonce jusqu’à 100 tonnes de CO₂ évitées par an (‑65 % par rapport au scénario antérieur), 100 % des besoins de refroidissement et 84 % du chaud pour un bâtiment de 4 500 m² abritant environ 300 ingénieurs (démonstrateur Stonehouse).
À l’échelle du groupe, le rapport durabilité 2025 affiche des émissions Scope 1 et 2 en baisse de 40 % par rapport à 2019, au‑delà de l’objectif intermédiaire de ‑30 %, et une réduction des Scope 3 de 27 % vs 2019 (note de publication mars 2026 ; PDF rapport 2025). Côté capture, SLB met en avant l’usine de Brevik (Norvège) via SLB Capturi, avec jusqu’à 400 000 tonnes de CO₂ capturées par an pour le client cimentier (même note durabilité). Aucune fiche PPE3, ADEME ou article Connaissance des Énergies / GreenUnivers n’a été identifiée dans nos recherches spécifiquement sur cette base UK : l’impact documenté repose surtout sur les communications corporate et les dépôts financiers américains.
3. Innovations / partenariats
Le site de Stonehouse illustre le couplage bâtiment × géothermie peu profonde × outillage compact (boucle fermée, forages « pyramidaux ») vendu par Celsius (démonstrateur Stonehouse). Sur la géothermie avancée, SLB a scellé un partenariat avec Ormat en 2025 pour accélérer des systèmes de nouvelle génération, explicitement mis en perspective avec des besoins électriques massifs (y compris data centers) (communiqué Ormat–SLB).
Sur le numérique, le groupe revendique une croissance de 9 % du segment Digital sur l’exercice 2025, une marge d’EBITDA ajusté de 35 %, et un ARR digital supérieur à 1 milliard de dollars en fin d’année, en hausse de 15 % sur un an (résultats 2025). Au premier trimestre 2026, le groupe poursuit ce récit (ARR 1,02 milliard, +15 % YoY) tout en annonçant un élargissement du partenariat technologique avec NVIDIA pour des usages d’IA industrielle (résultats T1 2026).
4. Greenwashing / zones grises
La dépendance structurelle au pétrole et au gaz demeure le premier biais de lecture : les segments « Core » — forage, stimulation, systèmes de production, chimie — concentrent l’essentiel du flux commercial ; le “recueil de contrats” du T1 2026 cite encore des méga‑contrats intégrés au Koweït (1,5 Md$ sur cinq ans) ou des équipements subsea à forte intensité hydrocarbure (résultats T1 2026). Autrement dit, la bascule “bas carbone” est réelle sur quelques sites et produits, mais le moteur macroéconomique reste le barrel.
Sur la transparence, le rapport durabilité 2025 mentionne explicitement la sensibilité des Scope 3 et des empreintes produits : avancer vite sur la traçabilité fournisseurs peut masquer des ruptures méthodologiques d’une année sur l’autre — un point à surveiller pour toute comparaison longitudinale (note durabilité).
Enfin, côté risque juridique et réputationnel, le formulaire 10‑K déposé auprès de la SEC (exercice clos le 31 décembre 2024, publié janvier 2025) indique que l’attention portée au climat accroît la possibilité de procédures ou d’enquêtes visant les émissions de gaz à effet de serre des compagnies pétrolières et gazières (10-K SLB – SEC EDGAR). Ce n’est pas une condamnation ; c’est un avertissement réglementaire qui contredit toute lecture « pure player climat ».
5. Positionnement stratégique
Pour le Royaume-Uni, l’enjeu est double : ancrer une vitrine R&D (Stonehouse) capable de porter des offres géothermie / efficacité sur un marché européen sensible au coût énergétique des bâtiments, tout en restant pluggé sur les priorités globales du groupe — recovery, chimie de réservoir, numérique, data centers (démonstrateur ; T1 2026). La volatilité géopolitique vue en 2025‑2026 (conflit au Moyen-Orient affectant l’activité ; désinvestissements ponctuels) rappelle que l’innovation sectorielle ne supprime pas l’exposition aux chocs d’approvisionnement.
Verdict WattsElse
Schlumberger UK n’est ni start-up ni fondation écolo : c’est la vitrine britannique d’un sous-traitant majeur qui finance son pivot narratif sur le cash-flow fossile — la géothermie de Stonehouse fait figure de porte d’entrée marketing, tandis que le 10-K fixe le plafond de verre : climat et contentieux peuvent demain peser aussi lourd que le prix du baril.
Sources : find-and-update.company-information.service.gov.uk · investorcenter.slb.com · slb.com · slb.com · slb.com · slb.com · investorcenter.slb.com · sec.gov
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