Société Raffinerie de Pétroles du Nord
Le nom évoque encore l’ère Fina-BP-Colas et les cheminées du port de Dunkerque ; dans le registre du commerce, la réalité s’appelle Société de la Raffinerie de Dunkerque (SRD).
À propos de Société Raffinerie de Pétroles du Nord
1. Modèle économique
La dénomination « Société Raffinerie de Pétroles du Nord » ne correspond pas à un libellé RCS standard : selon les éléments disponibles, il s’agit du nom d’usage historique du complexe pétrolier du Nord, tandis que l’entité juridique identifiée est la SRD (SIREN 380 377 150, SA à conseil d’administration, siège à Paris). Son activité déclarée reste classée « raffinage du pétrole », avec une description opérationnelle tournée vers le façonnage de résidus (huiles de base, bitumes) — héritage d’un site spécialisé plutôt que d’une méga-raffinerie intégrée.
Les comptes publiés pour l’exercice clos le 31/12/2024 dessinent une société en phase de liquidation économique : chiffre d’affaires 0 €, résultat net −2,43 M€, avec des mentions de greffe évoquant l’absence d’activité à l’ancien siège et, dès 2017, une décision de ne pas dissoudre malgré l’érosion des capitaux propres (fiche RNE / comptes). Le modèle « vivant » du pétrole sur le terrain dunkerquois n’est donc plus porté par la SRD, mais par de nouveaux investisseurs sélectionnés sur la friche.
2. Impact réel
Côté climat, l’ancienne boucle fossile a laissé place à un chantier de reconversion : Dunkerque-Port annonce pour le site une dynamique autour du carburant d’aviation durable (SAF) et d’infrastructures logistiques, avec un horizon d’exploitation vers 2030 et un investissement total de l’ordre de 1,7 Md€ pour les projets de Technip Energies et Tepsa, ainsi que plus de 300 emplois attendus (Les Echos). La presse locale cite une capacité cible d’environ 160 000 t/an de SAF et une réduction des émissions de GES jusqu’à environ 80 % sur le cycle de vie via une filière éthanol 2G (Nord Actu).
À l’échelle nationale, le rafaffinage reste un pilier d’approvisionnement : la production nette de produits finis des raffineries françaises s’est établie à 46 Mtep en 2024, stable sur un an (chapitre Pétrole du SDES). Ce décor macroéconomique rappelle que la « transition » du site dunkerquois s’inscrit dans un pays encore massivement structuré par les hydrocarbures, alors que l’Union européenne durcit la trajectoire d’incorporation de SAF (ReFuelEU Aviation) et que la France pilote des mécanismes de type France 2030 / Carb’Aéro via l’ADEME (communiqué Carb’Aéro).
3. Innovations / partenariats
Le moteur d’innovation n’est plus intra-SRD mais porté par le couple ingénierie–terminaux : Technip Energies est mis en avant pour la filière SAF ; Tepsa pour un terminal de vracs liquides — la presse mentionne un volume de stockage de 145 000 m³ et un trafic maritime additionnel annoncé autour de 1,2 Mt (France Bleu). Dunkerque-Port a structuré la sélection via un appel à manifestation d’intérêt ayant filtré une dizaine de candidatures (Les Echos). Parallèlement, le démantèlement-dépollution du site (ferraille, gravats) a été mis en avant comme prérequis industriel (Radio 6).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas le slogan, mais le découple entre promesse de décarbonation de l’aviation et gouvernance carbone du biocarburant : l’éthanol 2G n’est pas une ressource infinie ; sa montée en charge dépend de la concurrence des usages (mobilité, chimie, sols) et de la qualité des bilans cycle de vie. Ensuite, la dépendance aux instruments publics (sélection portuaire, dispositifs nationaux/européens de soutien au SAF) conditionne la viabilité d’un montage à 1,7 Md€ : sans prix carbone et sans trajectoire réglementaire stables, le risque est celui d’actifs technologiques sous-utilisés. Enfin, l’historique de raffinage laisse souvent une empreinte de longue durée : au-delà du « démantèlement complet » affiché, les terrains conservent fréquemment des obligations de surveillance — un angle rarement mis en avant dans les communiqués « verts » (Radio 6).
5. Positionnement stratégique
Pour la SRD, la stratégie observable est celle d’une coquille juridique qui prolonge la présence d’un groupe de construction au capital historique, avec des changements de direction récents (2025) alors que l’actif industriel a basculé vers la friche portuaire (annonces BODACC agrégées sur la fiche). Pour le territoire, l’enjeu est inverse : reconquérir une fonction logistique et énergétique dans un marché du raffinage où les flux finis restent massifs mais volatils — les expéditions de produits finis par raffinerie en France ont par exemple été évoquées autour de 42 Mt en 2024, en léger recul (CPDP). Le pari dunkerquois, c’est de capter la partie « aviation durable » de cette équation, là où le raffinage classique peine à croître.
Verdict WattsElse
Vous cherchez une « Société Raffinerie de Pétroles du Nord » : le registre vous renvoie à la SRD, désormais sans chiffre d’affaires, pendant que le pétrole du Nord se réinvente en projet SAF sous d’autres bannières — une transition spectaculaire sur le papier, contrôlée par la biomasse, le CO₂ et la politique industrielle.
Sources : societe.com · lesechos.fr · nordactu.fr · statistiques.developpement-durable.gouv.fr · ademe.fr · francebleu.fr · radio6.fr · cpdp.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q107267325
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
NTE Energi
En 2025, le groupe affiche une production renouvelable qui flambe et un résultat solide alors que les prix de l’électricité ont chuté.
Voir la ficheHernádvíz Kft.
Une société hongroise exploite l’un des grands ouvrages hydrauliques historiques du nord-est du pays…
Voir la ficheRTE
Gestionnaire de réseau de transport d’électricité (HTB) en France, RTE n’est ni producteur d’énergie ni vendeur d’électricité : c’est l’arbitre technique du courant, sous tutelle de l’État.
Voir la ficheSäter Energi AB
** Dans le Dalarna, la société communale joue carte micro-hydro contre un dossier géant tout autour du réseau de chaleur et de la biomasse que porte Hedemora Energi.
Voir la ficheINFLPR RA
L’INFLPR RA — l’institut national roumain de physique des lasers, du plasma et du rayonnement — incarne une « autre énergie » paradoxale : peu de mégawatts sur son toit, mais un énorme potentiel d’outils pour la transition (matériaux, contrôle, industriels), quand le pays ne retarde pas ses chèques européens.
Voir la ficheSociété Algérienne de Production de l’Électricité (SPE)
Derrière le sigle SPE, il y a la machine électrique de l’Algérie: la filiale de Sonelgaz qui tient l’essentiel de la production du pays, au service d’un système encore massivement adossé au gaz.
Voir la ficheDrakejorden Vind AB
Dans le Östergötland, Mjölby incarne la densité éolienne — mais la défense a figé une grande partie du terrain autour de Malmen.
Voir la ficheTianrun Australia
Le nom « Tianrun Australia » renvoie, dans la pratique des comptes publics du groupe, au volet australien du pôle Beijing Tianrun New Energy : sur le terrain, c’est Goldwind Australia qui porte développement, turbines et contrats d’exploitation-maintenance.
Voir la ficheBegasa
En Galice, un distributeur d’électricité tire le câble entre digitalisation à marche forcée et nouvelles lignes 132 kV qui croisent forêts et propriétés privées.
Voir la ficheEnel Green Power
Enel Green Power incarne la face « production propre » du groupe Enel : un empire EnR multi-technologies, multi-pays, piloté depuis Rome.
Voir la ficheNTDC
Le géant de transport pakistanais National Transmission & Despatch Company fête ses années sous tension : en 2024–2025, le pouvoir fédéral le découpe en trois sociétés pour tenter d’enrayer pertes financières en avalanche et goulots d’évacuation nord-sud.
Voir la ficheGen-Hy
Gen-Hy incarne le pari industriel français sur l’électrolyse à membrane échangeuse d’anions (AEM), avec une usine près de Montbéliard et une aide publique nominalement voisine de 100 millions d’euros au printemps 2025.
Voir la ficheLong Island Lighting Company
Pour des décennies, la Long Island Lighting Company (« LILCO ») a incarné une utilité américaine tout confort : jusqu’à son absorption par la puissance publique dans les années 1990, elle a vécu crises de Shoreham-Northport, surcharge de la dette et désenchantement des abonnés.
Voir la ficheHORN Glass Industries AG
HORN Glass Industries AG n’est pas une start-up financière américaine : ingénieur des fours depuis plus d’un siècle côté marketing, groupe bavarois à l’international très exposé ; il est le contre-exemple évident de tout mélange avec une fintech californienne.
Voir la ficheDatang International Power Generation Company
Datang International Power Generation, filiale cotée à Hong Kong sous l’œil du China Datang Corporation (« Datang », holding d’État créé dans la vague des regroupements de l’après‑1998), incarne avec une brutalité industrielle réelle la physique chinoise de la trajectoire carbone : faire monter vite la part installée « bas‑carbone / propre », sans briser…
Voir la fichePLASTICELL LTD
Plasticell Limited (Royaume-Uni, société immatriculée le 1er octobre 2002 sous le numéro 04549890) n’est pas un acteur de la transition énergétique : c’est une biotech orientée thérapies cellulaires et géniques.
Voir la ficheNSW Sugar Milling
La Cooperative derrière Sunshine Sugar montre une saison 2024 gonflée à plus de 1,65 million de tonnes broyées, après plus de 1,1 million la saison précédente — le récit public mêle fierté EnR, facture des inondations et financements publics pour tenir la route.
Voir la ficheRocsys
Néerlandaise, active aussi outre-Atlantique, Rocsys vend de la robotique logicielle et mécanique pour brancher les véhicules sans opérateur — le chaînon que les opérateurs de flottes promettent de résoudre avant que les robotaxis ne passent à l’échelle.
Voir la ficheNavitas Land and Mineral Corporation
Sous l’enseigne Navitas, le Kentucky côtoie un opérateur de champs matures sur le bassin de l’Illinois et, ailleurs sur le même territoire, un distributeur de gaz soumis à une surveillance accrue de la Commission de services publics : l’histoire d’une micro-cap pétro-gazière tournée vers le rejeu, dans un filet de confusion homonymique et d’infrastructure…
Voir la ficheGR AITANA RENOVABLES, S.L.U.
Ce n’est pas une « start-up solaire » : GR Aitana Renovables est une coquille juridique espagnole qui porte une tranche du gigantesque complexe hybride d’Escuderos.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Thái An
Elle incarne une promesse nationale — électricité en montagne, recettes locales et diversification du mix — jusqu’aux crues qui recouvrent la tête des turbines.
Voir la fiche