SN Power
SN Power a longtemps été le prête-nom d’infrastructures hydroélectriques sur des marchés en développement : rachetée le 29 janvier 2021 par Scatec pour environ 1,166 milliard de dollars de fonds propres, elle a d’abord gonflé le carnet d’un développeur d’énergies renouvelables tourné solaire et stockage, avant que l’actif africain n’aille vers…
À propos de SN Power
1. Modèle économique
Le cœur du modèle, à l’origine, tient du financement, du développement et de l’exploitation de centrales hydro (puis, à la marge, d’autres énergies renouvelables) sur des contrats de longue durée, adossés à des institutions de financement et des PPA. L’acquisition de SN Power par Scatec visait dès 2020–2021 à coupler l’hydro (flux et savoir-faire) à un opérateur déjà tourné vers le solaire, dans une logique de diversification géographique et technologique, avec, selon la communication d’alors, un agrégat de l’ordre de 3,3 GW en opération ou construction et d’environ 4,1 TWh de production annuelle médiane pour le périmètre combiné. Aujourd’hui, nulle ligne « SN Power » n’apparaît seule au bilan (ni chiffre d’affaires ni effectifs en entité isolée : selon les éléments publics, tout est rattaché à Scatec) : le rapport intégré 2025 du groupe mère arbitre, avec 11 002 millions NOK de revenu proportionnel, un EBITDA proportionnel d’environ 4,6 milliards de NOK et 6,3 GW en opération — le cœur d’activité, c’est le solaire, avec éolien et batteries en appoint. Côté Afrique, Scatec a annoncé en juillet 2024 un accord, puis, le 28 février 2025, la finalisation de la cession d’intérêts (51 % de la coentreprise hydro) à TotalEnergies pour un prix convenu de 167 M$ et, selon le même communiqué, des produits de trésorerie nets d’environ 161 M$ ; côté TotalEnergies, l’accord 2024 sur le périmètre africain de SN Power et la centrale de Bujagali (255 MW annoncés) en Ouganda ancre le volet hydro dans une stratégie d’électricité multi-pays. Enfin, le même document 2025 de Scatec relie ces cessions, avec d’autres, à une baisse d’environ 25 % de la dette corporate brute de l’exercice — moins d’eau, plus de gouvernance de bilan.
2. Impact réel
Côté climat, l’hydroélectricité s’inscrit, dans les manuels, comme une source renouvelable structurante pour la flexibilité des réseaux, mais toute retenue de grande ampleur s’accompagne d’enjeux d’aménagement du territoire et, selon l’ADEME, d’analyses d’impacts adaptées au projet. La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe, elle, le cadre français (trajectoires 2026–2035) ; elle n’encadre pas directement un kWh bord de Nil — comparaison utile d’ordre politique, pas d’alignement règlementaire direct pour l’Ouganda. Concrètement, l’annonce 2024 de TotalEnergies sur le portefeuille africain, dont Bujagali, place le débat sur l’électricité décarbonnée par rapport au mix national cible ; côté terrain, le suivi d’ONG rappelle une production effective souvent inférieure aux promesses, et des litiges sociaux et fonciers persistants. Le bilan tient moins à un chiffre isolé qu’à la fiche pédagogique de Connaissance des énergies sur les arbitrages d’un grand barrage, qu’au cadre ADEME des analyses d’aménagement, et enfin qu’au niveau d’exigence MIGA, qui a classé Bujagali en catégorie d’impact maximale (Category A) : la fiche, en somme, n’est jamais qu’un début de piste — la rive, elle, a son mot à dire.
3. Innovations / partenariats
Le pitch « labo de rupture » n’entre guère en ligne de compte : l’équipe « Hydro Africa », reprise par TotalEnergies dans l’entité SN Power AS, demeure celle d’infrastructures et de grands contrats — brique hydro tropicale intégrée au mix d’électricité d’un major. Chez l’hébergeur historique, Scatec a cédé en 2024 le parc éolien du Vietnam (Dam Nai) pour alléger le portefeuille ; le T1 2025 met en scène, aux Philippines, des blocs hydro et stockage (Magat 2, Binga, de l’ordre de 16 et 40 MW) en parallèle d’un gros calibrage solaire et stockage, dont environ 1,1 GW en Égypte (projet Obelisk) sur le même support : le signal d’innovation visible, c’est la batterie et l’ensoleillement, pas seulement la conduite forcée d’un fleuve.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque, classique pour un grand ouvrage, c’est d’habiller d’abattement de CO2 un barrage (communiqué d’époque sur Bujagali) sans aligner le récit public sur le flux de plaintes documenté par le suivi d’ONG : fiche d’impact en couleur, redevabilité en niveaux de gris. Côté Birmanie, le suivi de terrain sur Middle Yeywa (environ 735 MW) indique le gel d’un gros aménagement pour raisons politiques depuis 2021 : investir l’énergie renouvelable dans un pays sous crise, c’est s’exposer à des accusations d’alignement ESG faible sur le risque humain, quelle que soit la teneur d’un cahier des charges. Enfin, MIGA, catégorie d’impact maximale pour Bujagali, impose transparence et exigence de sauvegarde : le greenwashing, ici, n’est pas un drapeau binaire, c’est l’écart de narration — entre taux d’évitement théorique et file d’attente de plaintes qu’un rapport RSE a du mal à absorber d’un seul chiffre d’évitement.
5. Positionnement stratégique
L’histoire de SN Power se lit désormais dans le parent : Scatec a réduit l’hydro (1 % du portefeuille 2024) pour cadrer la croissance solaire, éolien et stockage, avec un 6,3 GW en opération fin 2025 ; côté TotalEnergies, l’accord 2024 sur l’enveloppe africaine, complété en 2025 sur les intérêts cédés, matérialise l’hydro tropicale dans la carte d’électricité multi-énergie du groupe. Sur le secteur, le rapport 2024 annonçait un pipeline et une construction d’environ 2,7 GW de backlog côté Scatec : l’eau, dans ce récit, a servi d’espace de cession, pas d’actif moteur de la décennie.
Verdict WattsElse
SN Power n’a plus d’eau propre à vendre : l’Ouganda est devenu centrale tropicale chez TotalEnergies, le MWh a été échangé contre du NOK de bilan chez Scatec — bref, le vert tient à la trésorerie cédée autant qu’au fleuve courant.
Sources : scatec.com · scatec.com · scatec.com · fivas.org · scatec.com · scatec.com · totalenergies.com · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · economie.gouv.fr · miga.org · scatec.com · scatec.com · prnewswire.com · shanstatefrontline.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
AE-AMD Independent Power Producer 1 (Pty) Ltd
La dénomination AE-AMD Independent Power Producer 1 (Pty) Ltd désigne, dans les documents de projet recoupés, une société sud-africaine du périmètre AE-AMD Renewable Energy — pas une homonyme hors secteur.
Voir la ficheGR Araucania
Dans les annuaires d’énergie, le nom qui colle au photovoltaïque de Marchigüe est GR Araucaria SpA**, filiale à 100 % de Grenergy — pas « Araucania », quasi absent des registres médiatiques.
Voir la ficheBERHY
** Dans le Berry historique, l’association BERHY incarne depuis plus d’une décennie la posture de « faiseur de filière » autour de l’hydrogène : sensibiliser, agréger, parfois prendre parti dans une gouvernance régionale très surveillée.
Voir la ficheev.energy
Logiciel malin pour charger votre voiture aux heures creuses, histoire de faire du réseau électrique un partenaire un peu moins capricieux.
Voir la ficheOJSC "Sverdlovsk Energy and Gas Company" (JSC "SEGK")
La JSC « Sverdlovsk Energy and Gas Company » (SEGК) n’est plus un opérateur énergétique au sens marché : c’est une coquille juridique prise dans le concours de créanciers et dans la crise des paiements gaziers de l’oblast de Sverdlovsk.
Voir la ficheAzerEnerji
À Bakou, AzerEnerJi incarnée par un monopole de la filière électrique où le prix du kWh et le gigantisme du gaz-structurent tout le récit.
Voir la ficheAnneliese Zementwerke AG
Anneliese Zementwerke AG porte encore le nom gravé dans le marbre industriel de la Ruhr intérieure : c’est l’historique « Anneliese » d’Ennigerloh, refondue dans la machine Heidelberg Materials.
Voir la ficheWaterloo Solar
Le nom « Waterloo Solar » recouvre des réalités techniques et juridiques qui n’ont rien à voir entre elles : une centrale sud-africaine de 75 MW entrée en service en 2020 dans le cadre du REIPPPP, une petite exploitation photovoltaïque de 1 MW dans l’Indiana exploitée dans le périmètre d’AES, et un projet illinoisien homonyme refusé fin 2025 après une…
Voir la ficheCIMNE-CERCA
Le CIMNE (Centre international pour les méthodes numériques en ingénierie) incarne ce que votre cache « Réseaux & Distribution » vise souvent derrière le métal : la couche logicielle qui anticipe les flux, absorbe l’électrification et cadraille les données.
Voir la ficheHelioSphera
Pionnier grec du photovoltaïque en couches minces, HelioSphera a incarné l’ambition industrielle du solaire européen avant l’écrasement des coûts chinois.
Voir la ficheKotkan Energia Oy
Kotkan Energia Oy est le groupe d’énergie de la ville de Kotka, en Finlande : chauffage urbain, réseaux, filiale gaz.
Voir la ficheKruger Energy
** Filiale d’un géant privé du papier et du carton, Kruger Energy fait rouler des turbines là où le groupe historique peine à équilibrer ses bilans.
Voir la ficheGuizhou Beipan River Hydropower Development Co. Ltd.
Derrière un nom de rivière se cache l’un des pivots hydroélectriques du sud-ouest chinois, accroché à une filiale cotée en forte remontée de résultat en 2025 mais avec un bilan très appuyé sur la dette.
Voir la ficheEVM Energía
C’est l’une des plus grosses cartes gaz du centre du Mexique : un parc détenu par le générateur privé Valia après une acquisition qui a fait grandir le groupe jusqu’à environ 3,2 GW d’actifs au gaz.
Voir la ficheEast Kentucky Power Cooperative Inc
** Coopérative de génération et transport en tête des compteurs au Kentucky, EKPC affiche plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires…
Voir la ficheMagellan Midstream Partners
Magellan Midstream Partners n’a plus son ticker à elle : après des décennies d’MPL-bruit sur les cours du brut raffiné, l’entreprise américaine fondée à Tulsa, spécialiste du transport-stockage distribué, a disparu comme entité cotée dans l’agrégateur ONEOK.
Voir la ficheHuaneng Shandong Power Co Ltd Shandong Ruyi Group
Deux noms, deux géographies, un même fil conducteur : l’électricité.
Voir la ficheNewCogen
New Cogen n’est pas un badge start-up : c’est une spółka polonaise née d’un accord de gouvernance entre la métropolebalte et un opérateur privé pour verrouiller une filière de chaleur et d’électricité fondée sur le gaz.
Voir la ficheOOO LUKOIL-Rostovenergo
Chauffage de la capitale du sud russe, actifs thermiques vieillissants : OOO LUKOIL-Rostovenergo incarne la dépendance au gaz que la transition d’EL5-Energo ne dissout pas d’un trait de plume.
Voir la ficheMEG Energy
Producteur canadien « pure player » des sables bitumineux, MEG Energy a poussé la production et les retours aux actionnaires jusqu’au bout — puis a basculé, en novembre 2025, dans l’orbite de Cenovus.
Voir la ficheHuadian Power International
Filiale cotée à Hong Kong de China Huadian, Huadian Power International incarne le paradoxe des grands utilitaires chinois : comptes qui résistent, parc encore dominé par le thermique, et une transition accélérée par la politique et par la concurrence des renouvelables sur le réseau.
Voir la ficheEast Coast Group
Conglomérat énergétique bangladais, East Coast Group tire l’essentiel de sa puissance des hydrocarbures — stockage, GPL, lubrifiants — tout en brandissant une trajectoire « verte » portée par Omera Solar.
Voir la ficheKU Leuven
La KU Leuven n’est pas un opérateur de réseau : c’est une université publique flamande dont le siège est à Louvain (Belgique), mais dont les laboratoires et le pôle EnergyVille façonnent pourtant directement la distribution électrique et thermique de demain—entre financements industriels massifs et vigilance citoyenne sur les choix climatiques et les…
Voir la ficheHeidelbergCement (United States)
HeidelbergCement s’appelle désormais Heidelberg Materials, et la bonne entité pour les États-Unis est bien Heidelberg Materials North America, pas la maison mère allemande prise au sens large.
Voir la fiche