SONACOP
Quinze ans après les faits, un arrêt d’appel clos un litige au gasoil pendant que l’ex-distributeur national achève sa dissolution.
À propos de SONACOP
1. Modèle économique
Créée en 1974 à partir de la nationalisation et de la fusion des filiales locales de majors (BP, Total, Agip, Shell…), la SONACOP a longtemps incarné le canal étatique d’importation et de distribution de produits pétroliers. Passée société anonyme en 1994, elle a vécu de marges de négoce, de réseau de stations et de gestion de stocks — un métier de trésorerie et de conformité, exposé aux prix internationaux et à la discipline comptable. À fin 2019, le passif était évalué à environ 21 milliards FCFA, chiffre repris dans la presse judiciaire récente ; en 2021, l’État a procédé à un démantèlement opérationnel : 128 stations cédées entre opérateurs privés (dont Oryx Bénin et Bénin Énergie), dépôts stratégiques réaffectés, soutien budgétaire ciblé pour des créances « urgentes ». La dissolution officielle est intervenue par décret en février 2023, avec nomination d’un liquidateur — la société n’est plus un acteur de marché au sens classique ; chiffre d’affaires, effectifs ou capex récents ne sont pas publiés de manière exploitable pour une entité en cette phase.
2. Impact réel
Historiquement, l’impact environnemental de la SONACOP est celui d’une chaîne d’approvisionnement et de combustion de produits pétroliers : pas de « mix décarboné » à valoriser, mais des externalités climatiques liées aux volumes commercialisés tant que le réseau a fonctionné. Les objectifs français (PPE3, trajectoires analysées par l’ADEME) ou les fiches Connaissance des Énergies portent sur la transition en France et en Europe : ils ne documentent pas cette société béninoise ; la lecture utile est indirecte (réduction de la demande de produits pétroliers, efficacité, électrification), alors qu’au Bénin la substitution par les énergies renouvelables reste structurante mais distincte du sort de l’ex-monopole. Selon les éléments disponibles, aucun bilan carbone ou programme RSE public n’a été identifié pour la SONACOP en phase de liquidation.
3. Innovations / partenariats
Le « deal » structurant est politique et patrimonial plutôt que technologique : reprise du parc retail par des acteurs privés, réorganisation des dépôts sous tutelle d’entités publiques (dont le volet portuaire a été médiatisé en 2021), et déblocage de fonds pour apurer des dettes sociales et bancaires prioritaires. Côté judiciaire, la condamnation définitive en appel en juillet 2025 au profit de STAG Engineering, pour défaut de livraison de gasoil sur des contrats de 2010, rappelle qu’en liquidation les engagements contractuels subsistent. Aucune annonce de brevet, de start-up ou de coentreprise « climat-tech » ne ressort des sources consultées pour cette entité.
4. Greenwashing / zones grises
Une entreprise dont le cœur de métier était la distribution d’hydrocarbures ne peut prétendre à une image « bas carbone » : le risque de greenwashing, ici, est surtout celui d’un discours étatique ou sectoriel qui isolerait la restructuration de la question climatique, alors que le substitut énergétique long terme passe par d’autres filières. Les zones grises documentées relèvent de la gouvernance : l’affaire SONACOP de 2022, avec interpellations d’anciens dirigeants, a mis en lumière des soupçons de détournements et une opacité sur les flux fiscaux et commerciaux. La longue traîne des litiges (contentieux ouvert en 2014 pour des faits de 2010, épilogue judiciaire en 2025) nourrit le doute sur la qualité des contrôles internes à l’époque du monopole. La dépendance aux arbitrages publics (cessions, fonds d’urgence, transfert d’actifs) complique l’apurement et peut masquer une partie du passif résiduel.
5. Positionnement stratégique
Stratégiquement, la SONACOP n’a plus de « feuille de route » industrielle : elle est un dossier de liquidation et de passif, dans un pays où la distribution est désormais fragmentée entre opérateurs privés. Le signal récent le plus net est juridique : l’arrêt de la cour d’appel de commerce de Cotonou qui confirme une créance d’environ 18 millions FCFA (dommages inclus) au titre de livraisons non exécutées — une pression supplémentaire sur la masse des créanciers au moment où le liquidateur doit boucler le tableau. Pour le secteur pétrole et gaz en Afrique de l’Ouest, l’ordre de grandeur est celui d’une consolidation vers le privé et le régulateur, pas d’un retour de l’EPD au modèle des années 2000.
Verdict WattsElse
La SONACOP n’est plus une entreprise à classer, mais un cas d’école : un monopole fossile public qui a payé au prix fort l’écart entre prix du marché, gouvernance et engagements contractuels, jusqu’à la dissolution et aux jugements qui continuent de tomber. En une formule : le pétrole a quitté la vitrine d’État ; les créanciers, eux, sont encore à la caisse.
Sources : en.wikipedia.org · africa-energy.com · lanouvelletribune.info · sgg.gouv.bj · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · lamarinabj.com · fr.wikipedia.org
Données clés
- Forme
- national public industrial or co
- Fondée
- 1974
Identifiants publics
- Wikidata
- Q7552922
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