Énergies renouvelables

Office National de l'Electricite (ONE)

Le nom « Office national de l’électricité » (ONE) renvoie, dans les textes et projets d’antan, à l’établissement public marocain aujourd’hui structuré sous l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) — à ne pas confondre avec la campagne internationale ONE (one.org) ni avec des sigles industriels homonymes.

« Réseau et ambition EnR à l’échelle du Maghreb bilan broyé par la dette et le Sahara politique »

À propos de Office National de l'Electricite (ONE)

1. Modèle économique

L’ONEE tire l’essentiel de ses revenus de la facturation de l’électricité et des activités connexes (investissement, renouvellement d’actifs, grands chantiers), dans un modèle très exposé au coût du capital et aux équilibres tarifaires. Un volet central des prochains investissements est programmé sous forme de plan d’équipement massif : 220 MMDH sur 2025-2030, dont 177 MMDH étiquetés côté électricité, avec 72 % devant venir du secteur privé selon le récit de presse sur l’engagement opérateur (plan 220 MMDH). En parallèle, l’organisme reste une clef de voûte pour des projets « signature » (lignes, centrales, international) annoncés sur ses canaux (fil d’actualités ONEE). Le chiffre d’affaires consolidé au-delà de 42 MMDH en 2024 et un résultat net encore déficitaire sont rapportés dans la presse économique nationale (ordre de grandeur cohérent avec un établissement en ramp-up d’investissement) ; en l’absence de lecture directe ici du PDF comptable, on reste sur cette fourchette factuelle. Effectifs : structure de plusieurs milliers de personnes côté branche électricité selon les rapports de gestion habituels de l’établissement ; le détail exact pour 2024 n’a pas été recontrôlé fichier par fichier dans cet exercice.

2. Impact réel

Côté climat, l’argument massif est celui du déploiement EnR raccordé et de la pression sur la courbe de demande. À fin 2024, la puissance installée totale est portée à 12 017 MW, dont 45,4 % d’origine renouvelable, avec un pic de consommation à 7 580 MW et 45 713 GWh livrés (hausse de 3,9 % sur un an) selon les indicateurs relayés dans la presse (panorama Le Desk). L’ambition affichée vise 56 % de capacité EnR dès 2027, portée par 12,5 GW de projets renouvelables et 100 MMDH EnR d’ici 2030 dans le même faisceau d’annonces, complété par 1 600 MWh de stockage batteries cible 2026 (même source). L’effet CO₂ « net » dépend pourtant du résidu fossile et des exportations/importations : la comparaison directe avec la PPE3 française ou les fiches ADEME n’est pas le bon repère institutionnel ; le pertinent est le couplage avec une centrale gaz El Wahda d’environ 990 MW annoncée pour 2027 sur le site institutionnel (annonces ONEE), qui maintient une vitrine EnR au prix d’une assise thermique très visible.

3. Innovations / partenariats

Le spectre « infrastructure du futur » passe par des lignes à très haute tension de long courrier — l’« autoroute électrique » sur 1 000 km entre Boujdour et Tensift est mise en avant par l’opérateur (actualités officielles) — et par l’internationalisation du modèle (signature de contrats d’électrification rurale solaire au Tchad sur la même page « grands projets » (partenariat Tchad)). Dans un autre registre, la presse spécialisée relie ce type de méga-projets sahariens à des consortiums type TAQA / Nareva sur des terrains politiquement contestés (dépêche WSRW), ce qui conditionne la réputation ESG autant que la technologie.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque de greenwashing territorial est documenté de l’extérieur : Western Sahara Resource Watch dénonce en mai 2025 un habillage « vert » de projets dans une zone dont le statut est l’objet d’un conflit de longue durée, en pointant des attributions de contrats sur fond d’éolien et d’infrastructures de transport d’électricité (analyse WSRW). Côté gouvernance financière, la Cour des comptes a laissé une empreinte lourde dans la presse régionale en 2024 : dette évaluée à 57 MMDH pour un ratio d’endettement atteignant 331 % par rapport aux capitaux propres, avec un qualificatif d’établissement « le plus fragile » dans le paysage des EP (synthèse PortailSudMaroc). Le volet social ajoute une couche : syndicats et observateurs assimilent la loi 83-21 et les SRM à une privatisation silencieuse touchant le service public de l’eau (alerte syndicale), tandis que des TPME prestataires dénoncent des impayés au-delà de six mois dans un flou de reprise contractuelle (enquête H24Info). Ce n’est pas du « bruit » : ce sont des signaux de fragilité qui gravitent autour du même acteur public.

5. Positionnement stratégique

Sur le papier, l’ONEE tient une trajectoire « EnR d’abord » compatible avec l’image exportable du Maroc en éolien et solaire. Dans les faits, la fenêtre 2025-2027 combine colossales mises en réseau, appétit pour le privé et besoin de ballasts thermiques — le finance clôturé pour El Wahda en est le symbole réaliste (annonces ONEE). La bataille se jouera sur la crédibilité du bilan carbone, la solidité du bilan financier et la capacité à apaiser les tensions sociales et géopolitiques autour des grands axes Sahariens.

Verdict WattsElse

L’ONEE affiche l’élan vert du catalogne industriel marocain, mais son ombre est faite de thermique, de dette et de sables contestés — un « vert » qui doit tenir la route au compteur de la réalité politique et financière.

Sources : ledesk.ma · one.org.ma · one.org.ma · wsrw.org · portailsudmaroc.com · en.hespress.com · h24info.ma

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