SPP Two Co Ltd (SPP 2)
* Derrière l’étiquette « SPP 2 » ne se cachent pas des gigawatts d’éolien, mais une filiale industrielle rayongaise au gaz, rangée dans le giron PTT via GPSC.
À propos de SPP Two Co Ltd (SPP 2)
1. Modèle économique
Glow SPP2 Company Limited est la personne morale qui porte le projet « Glow SPP2 » dans le périmètre GPSC / Glow Energy, au titre du programme SPP (*Small Power Producer*) thaïlandais : un producteur privé qui vend de l’électricité au réseau tout en desservant des clients industriels en vapeur et utilités selon les cadres fixés par EGAT et l’autorité locale (communiqué GPSC, octobre 2022). La revenuabilité repose donc sur des PPA et des contrats d’approvisionnement de la filière pétrochimique et sidérurgique de Rayong, dans le sillage du Plan de développement énergétique PDP2018 Rev.1 et des investissements du corridor EEC.
Après expiration des contrats de l’ancienne centrale au cours du printemps 2024, le groupe a accéléré un remplacement « SPP Replacement » promotionné par le BOI : une nouvelle cogénération au gaz naturel avec turbines à gaz et HRSG, dimensionnée, selon GPSC, à 114 MW électriques et 230 tonnes de vapeur à l’heure, pour un investissement total d’environ 3 986 millions de baht (même source). Une annonce technique antérieure, liée au chantier, mentionnait ~4 000 millions de baht pour 98 MW avec les mêmes services vapeur (note d’étape août 2022) : écart de chiffrage typique d’un projet entre étape génie civil et bouclage BOI, à déclarer plutôt que d’en gommer un des deux. Aucun compte consolidé spécifique n’a été identifié pour l’isoler de Glow Energy : selon les éléments disponibles, la lecture financière reste celle d’une poche d’actifs dans la comptabilité de groupe.
2. Impact réel
Côté climat, le bilan n’est pas celui d’un parc photovoltaïque : la combustion de gaz structure l’empreinte carbone, même si la cogénération améliore le rendement énergétique global par rapport à la production découplée d’électricité et de chaleur. Global Energy Monitor recense le site *Glow Energy Phase 2* à Map Ta Phut comme centrale fioul et gaz d’au moins 351 MW au titre de l’inventaire des infrastructures fossilères (fiche GEM) — périmètre technique plus large que la seule coquille GSPP2, mais indicatif de la lecture « actif fossile » des observateurs indépendants. Aucun million de tonnes de CO₂ évitées attribuable publiquement à Glow SPP2 Company Limited n’a été trouvé.
Pour le lecteur européen, le parallèle avec les trajectoires PPE ou les fiches ADEME est limite : la Thaïlande n’applique pas la taxonomie européenne ; l’enjeu est plutôt l’efficacité industrielle locale et la concurrence entre producteurs SPP et grossistes. Signal historique pour l’écosystème français : sous l’ère Engie / GDF SUEZ, Glow figurait déjà dans la sphère d’investissement du groupe en Asie du Sud‑Est (document de référence 2014, Connaissance des Énergies), ce qui illustre la longue mémoire capitalistique de ces actifs, sans préjuger du bilan carbone actuel.
3. Innovations / partenariats
Le volet institutionnel domine : feu vert du Board of Investment pour un projet explicitement qualifié de remplacement conforme au PDP2018 Rev.1 (communiqué BOI/GPSC, octobre 2022). Côté technique, GPSC met en avant des cycles combinés modernisés et la haute efficacité de la production combinée électricité–vapeur pour les opérateurs du Map Ta Phut Industrial Estate. Le volet « innovation climat » reste circulaire : moderniser du gaz pour prolonger un modèle industriel très carboné.
4. Greenwashing / zones grises
Le même communiqué qui annonce un budget de 3 986 millions de baht pour 114 MW au gaz naturel affiche aussi l’intention d’ériger une centrale « environmentally friendly » tout en soulignant qu’elle doit répondre à la demande croissante du corridor industriel (communiqué GPSC, octobre 2022). Ce décalage mot–matière première alimente le risque de langage vert là où, en réalité, on reverrouille une capacité fossile à haute intensité d’usage. La recatégorisation de la centrale dans les bases « Oil & Gas » par Global Energy Monitor (fiche GEM) fonctionne comme contrepoids factuel au discours marketing. Autre zone grise : l’acronyme SPP, qui pour un lecteur francophone évoque vite les renouvelables, alors qu’il désigne ici le statut réglementaire thaïlandais de producteur indépendant — piège d’homonymie que votre propre veille avait déjà signalé.
5. Positionnement stratégique
Glow SPP2 Company Limited incarne la servitude du groupe PTT à l’égard de la désindustrialisation impossible de la côte est : sécuriser électricité et vapeur quand les chaînes d’approvisionnement mondiales tressent les prix du gaz. Le calendrier 2024 autour des échéances de PPA avec EGAT fait office de signal récent structurel : il ne s’agit pas d’une start‑up ER cherchant des CfD, mais d’un remplacement immobile d’infrastructure lourde. Pour WattsMonde, ranger ce nom sous « Énergies renouvelables » sans nuance reviendrait à mélanger intentionally trois histoires électriques sans lien capitalistique.
Verdict WattsElse
Glow SPP2 Company Limited, ce n’est pas le bidule « vert » que suggère un scan rapide du cache : c’est du gaz haute pression pour une chimie qui ne peut pas attendre le vent. Avec ce genre d’actif, la transition se lit au compteur industriel, pas au compteur carbon-free.
Sources : gpscgroup.com · gpscgroup.com · gem.wiki · connaissancedesenergies.org
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