Siemens Energy AG
Le champion allemand des infrastructures électriques et de la production d’électricité surf sur la vague de l’IA et des data centers — tout en digérant encore la crise de l’éolien Gamesa.
À propos de Siemens Energy AG
1. Modèle économique
Siemens Energy AG est un équipementier énergétique coté, issu de la scission du pôle « Gas and Power » de Siemens et propriétaire de l’intégralité de Siemens Gamesa (éolien). Son périmètre couvre turbines à gaz et à vapeur, réseaux électriques (transformation, transport), services, industrie et éolien/BPE. Sur l’exercice 2024 (clos fin septembre 2024), le groupe déclare environ 99 000 salariés dans plus de 90 pays et un chiffre d’affaires de 34,5 milliards d’euros, avec un carnet de commandes d’environ 123 milliards d’euros en fin d’exercice (communiqué de résultats T4 FY2024). Les prises de commandes sur l’année avoisinent 50 milliards d’euros selon le même document. La marge « avant éléments exceptionnels » reste serrée au niveau groupe (ordre de 1 % sur 2024 dans le communiqué), avec un résultat net fortement influencé par des éléments comptables — le document cite un résultat net d’environ 1,335 milliard d’euros pour 2024 tout en prévoyant pour 2025 un résultat net proche de l’équilibre hors effets exceptionnels liés à certaines opérations. En clair : la solidité se lit surtout dans le flux de commandes et le backlog, pas dans une rentabilité déjà stabilisée partout.
2. Impact réel
L’entreprise met en avant le rôle de ses technologies pour la décarbonation (éolien, efficacité, intégration d’EnR, électrification des usages) et indique qu’une part importante de l’électricité mondiale repose sur ses équipements (communiqué de résultats T4 FY2024). Le rapport de durabilité 2024 est structuré avec une « Group Sustainability Statement » alignée sur la CSRD et les ESRS (rapport de durabilité 2024). Pour la France, la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe des trajectoires ambitieuses pour l’électricité bas-carbone et les EnR (analyse S&P Global sur la feuille de route 2026-2035) : un fournisseur de transformateurs, de solutions de réseau et d’éolien offshore y trouve des débouchés, sans que l’on puisse, dans les sources publiques consultées, attribuer à Siemens Energy AG un « score carbone agrégé » unique fiable au-delà de ce que publie le groupe. Aucune étude ou fiche ADEME centrée sur Siemens Energy AG n’est ressortie des recherches ; l’ADEME reste un repère pour les trajectoires nationales (bâtiment, mobilité, efficacité), distinctes des comptes sociétaux du fabricant.
3. Innovations / partenariats
Le premier trimestre 2025/2026 (exercice décalé) a vu des commandes en forte hausse (l’AFP, relayée par Connaissance des Énergies, mentionne 17,6 milliards d’euros de commandes, avec une part liée à la demande des data centers et des turbines à gaz). Le groupe a par ailleurs annoncé un plan d’investissement d’un milliard de dollars et 1 500 emplois aux États-Unis pour renforcer la production liée aux grands projets d’infrastructure (même source). Côté filière éolienne, GreenUnivers rappelle l’objectif de retour à l’équilibre pour l’éolien vers 2026 après les crises de qualité des gammes de turbines. Sur le plan technique, l’offre met l’accent sur des turbines « hydrogen-ready », l’hydrogène et le rétrofit des parcs gaz existants, avec documentation publique sur le site corporate (livres blancs, pages hydrogène).
4. Greenwashing / zones grises
Première zone d’ombre : le gaz n’est pas un parent pauvre. La croissance des commandes de turbines à gaz liée aux besoins d’IA et de data centers, décrite par l’AFP via Connaissance des Énergies, alimente le débat : la flexibilité et la puissance immédiate l’emportent sur le récit « 100 % renouvelable », ce qui n’est pas illégitime techniquement, mais complexifie tout discours de pure « transition douce ». Deuxième point : l’éolien terrestre. Les difficultés passées (recalls, marge, image) ont obligé le groupe à des plans de retournement : le risque n’est pas le greenwashing pur, plutôt un décrochage entre promesse de bas-carbone et exécution industrielle. Troisième piste : l’État et la gouvernance. L’histoire du soutien public allemand en 2023 (rappelé par la même dépêche) rappelle qu’un équipementier critique du secteur de l’énergie ne se finance pas uniquement sur le libre-échange des certificats verts. Quatrième limite : CSRD — la transparence va croissante, mais l’empreinte aval (Scope 3) et l’allocation des effets « transition » restent des terrains d’arbitrage comptable.
5. Positionnement stratégique
Siemens Energy se positionne comme un bénéficiaire structurant de l’électrification (réseaux, puissance, modernisation) et de la pénurie de capacité : la direction évoque des délais de livraison de turbines à gaz pouvant aller vers 2029-2030 pour partie du carnet, signe d’un marché tendu (Connaissance des Énergies / AFP). En parallèle, le rattrapage de Siemens Gamesa d’ici 2026 est devenu un jalon de crédibilité (GreenUnivers). Selon les éléments disponibles en accès libre, aucun article ciblé n’a été recensé sur un titre type « Énergie & Stratégie » ; la profession s’appuie en pratique sur les communiqués et les grands médias énergie (dont Connaissance des Énergies et GreenUnivers). Dans le cadre français, la PPE3 offre le décor réglementaire (électricité bas-carbone, EnR, nucléaire) face auquel un fournisseur comme Siemens Energy se situe côté infrastructure et équipement, moins côtier « opérateur de réseau national » qu’EDF ou RTE.
Verdict WattsElse
Siemens Energy n’est ni un pure player vert ni un rentier fossile : c’est le fournisseur d’électricité fiable que le système appelle quand l’IA et le décoffrage des réseaux s’accélèrent — au prix d’une dépendance explicite au gaz et d’un éolien qu’il faut enfin cadrer au millimètre. La transition se mesure ici en gigawatts comptables, pas en slogans ESG.
Sources : en.wikipedia.org · siemens-energy.com · assets.siemens-energy.com · spglobal.com · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · greenunivers.com · edf.fr · rte-france.com
Données clés
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