Énergies renouvelables

Statkraft Södra Vindkraft AB

La coentreprise Statkraft Södra Vindkraft AB (90,1 % Statkraft, 9,9 % Södra) incarne une époque où l’énergie éolienne n’est plus une course à la technologie, mais un combat juridique et municipal.

« **La JV suédoise qui a vendu ses parcs… et perdu son Tribbhult** »

À propos de Statkraft Södra Vindkraft AB

1. Modèle économique

La JV est un véhicule de projet (développement, puis exploitation ou cession d’éoliennes) pour le sud de la Suède : en 2017, elle a arrêté la plupart de ses chantiers éoliens en invoquant des prix de l’électricité et des certificats verts trop bas, Tribbhult restant la priorité jugée « rentable » selon le communiqué du groupe (communiqué 2017). En 2018, elle a vendu les parcs EM et Tollarpabjär à un propriéforestier suédois (vente 2018). Les revenus et résultats spécifiques à Statkraft Södra Vindkraft AB pour les exercices récents ne sont pas retraçables de façon fiable dans les extraits publics consultés ici sans accès direct aux dépôts comptables — on ne les confond donc pas avec le chiffre d’affaires 2024 de 2,65 Md SEK de Statkraft Sverige AB, ni avec les agrégats du groupe (fiche Allabolag — Statkraft Sverige AB). Le revenu corrèle typiquement à la production vendue, aux PPA et à la gestion d’actifs — avec une sensibilité forte aux prix spot, aux réseaux et aux autorisations.

2. Impact réel

Au niveau groupe, Statkraft revendique 96 % de production d’origine renouvelable en 2024 et une capacité installée d’environ 22,3 GW à fin 2024, avec un programme d’investissement massivement qualifié « aligné taxonomie » (94,5 % des CapEx 2024) (rapport annuel 2024 PDF). Pour la Suède, le même document publie ~1 906 MW en service fin 2024 et 6,5 TWh produits, avec un pipeline éolien développement autour de 3 410 MW (même source). Statkraft Södra Vindkraft AB ne résume pas ce bilan national : son impact « net » dépend de parcs effectivement raccordés — et Tribbhult, qui devait ajouter une capacité significative, n’a pas franchi la ligne d’arrivée légale en l’état (arrêt Tribbhult 2023).

3. Innovations / partenariats

Côté offre longue du groupe en Suède, janvier 2025 a vu un PPA quinze ans avec Suomen Voima pour de l’électricité éolienne issue d’actifs suédois nommés, signe que Statkraft continue d’ancrer des flux dans des contrats de maturité (annonce PPA). Sur le gigantisme et l’ancrage industriel, la presse spécialisée rapporte fin 2024 un partenariat renforcé avec LKAB autour du futur parc Hästliden (85 éoliennes, 300 m de hauteur, 2,2 TWh/an visés vers 2029) — un chantier porté par la dynamique Statkraft en Suède, distinct de la JV Södra mais représentatif de la « boîte à outils » dont elle tire indirectement son écosystème (Vindkraftsnyheter). En parallèle, le groupe pousse un offshore nordique d’une autre échelle : dépôt fin 2024 d’une demande d’autorisation pour Sigma et Lambda North sur la mer Bottenhavet, avec une communication évoquant jusqu’à ~20 TWh/an cible (communiqué presse).

4. Greenwashing / zones grises

La JV n’est pas un cas d’« greenwashing » documenté au sens d’allégation marketing sanctionnée ici ; en revanche, l’incertitude réglementaire et sociale pèse sur la promesse « EnR » en Suède. Dès 2023, la Cour d’appel de l’environnement a refusé le permis de Tribbhult en jugeant notamment que le retrait du soutien municipal empêchait de valider le projet, après des années de procédure (communiqué Statkraft). La presse locale rapportait des investissements proches de 10 millions de SEK pour Statkraft sur ce dossier avant le blocage (Västerviks-Tidningen). Au-delà de cette JV, le groupe affronte d’autres rejets : en novembre 2025, Statkraft indique l’arrêt du parc Vallträskhobben (75 turbines) après véto municipal (page projet Statkraft) ; en novembre 2024, un projet sur Ripfjället a été annulé pour des « lacunes graves » dans l’évaluation environnementale (SVT Dalarna). Enfin, l’opposition sami contre des éoliennes à Skellefteå, au motif des corridors de migration des rennes, illustre le coût politique réel de l’accélération éolienne annoncée (SVT Sápmi).

5. Positionnement stratégique

Pour Statkraft, la Suède est à la fois un hub de production (les 1 906 MW opérationnels fin 2024, rapport 2024) et un laboratoire de friction démocratique : véto, recours, revirements municipaux. Statkraft Södra Vindkraft AB en est le symbole rétréci : une JV forestière‑énergétique qui a revendu, retraité, puis vu capoter son projet phare Sud‑Est. Stratégiquement, le groupe compense par le pipeline terrestre massif (les 3 410 MW en développement fin 2024, même PDF) et par l’offshore « très grand format » en Baltique (Mynewsdesk). Södra, encore actionnaire minoritaire, conserve un filigrane industriel bois‑énergie sur une coentreprise aujourd’hui plus politique que technologique.

Verdict WattsElse

Statkraft Södra Vindkraft AB, ce n’est plus la promesse d’un parc géant dans le Sud : c’est la preuve que le kilowattheure vert passe par le kilomètre juridique — et que le groupe aille chercher le TWh là où les conseils municipaux ne peuvent plus dire non, ou presque.

Sources : statkraft.com · sodra.com · statkraft.se · statkraft.se · allabolag.se · statkraft.com · statkraft.se · statkraft.se · vindkraftsnyheter.se · mynewsdesk.com · vt.se · statkraft.se · svt.se · svt.se

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