PuRE Carbon Capture
Dans la grande foire du captage carbone, PuRE joue une partition plus discrète et plus technique: s’attaquer aux fumées industrielles faiblement concentrées en CO2, là où beaucoup de solutions deviennent vite trop coûteuses.
À propos de PuRE Carbon Capture
1. Modèle économique
Selon les éléments disponibles, PuRE Carbon Capture est une très jeune société d’ingénierie créée en janvier 2025, immatriculée en Seine-et-Marne, avec un capital social de 7 000 euros et un objet centré sur le traitement des gaz industriels et la capture de CO2 (Le Figaro Entreprises). Son modèle semble clairement B2B: vendre ou intégrer des systèmes de captage post-combustion compacts et modulaires sur des sites industriels existants, sans modification lourde du procédé, en ciblant la réduction des émissions de scope 1 (site corporate, Global Industrie). PuRE ne publie pas de chiffre d’affaires, de CAPEX installé, ni d’effectif consolidé. En revanche, son site revendique quatre cofondateurs issus de Safran, un total de 57 années d’expérience cumulée dans le groupe, plus de vingt brevets au global dans leur parcours, ainsi qu’au moins trois brevets déjà déposés sur le système de capture (à propos, site corporate). La dépendance économique est lisible: premiers pilotes, crédibilité techno, accès aux sites industriels et capacité à transformer l’appui de Safran en commandes réelles.
2. Impact réel
PuRE affirme pouvoir réduire d’“au moins 75 %” les émissions de CO2 des installations ciblées, en s’appuyant sur des adsorbants solides, un cycle de variation de température et une récupération de chaleur fatale sur site (notre solution, site corporate). C’est cohérent avec un besoin réel: l’industrie pèse encore 20 % des émissions françaises, soit 78 MtCO2e par an, dont 77 % liées à la combustion d’énergies fossiles, rappelle l’ADEME. L’intérêt de PuRE est de viser les effluents à moins de 10 % de CO2, par exemple la chaleur industrielle, certaines unités de cogénération, la valorisation énergétique des déchets ou des bancs d’essai moteurs (site corporate). C’est un créneau difficile: l’IEA rappelle que le captage est aujourd’hui encore dominé par les flux les moins coûteux, notamment le traitement du gaz naturel, tandis que l’industrie lourde et les fumées plus diluées restent en retard. L’impact climatique potentiel existe donc, mais il dépendra moins de la promesse de capture que de la capacité à déployer derrière toute la chaîne: compression, transport, usage ou stockage permanent du CO2.
3. Innovations / partenariats
La proposition de valeur de PuRE tient dans cette spécialisation: un système compact, modulaire, présenté comme robuste face aux polluants et aux conditions d’exploitation variables, avec récupération d’énergie intégrée (site corporate, Global Industrie). L’entreprise dit avoir un démonstrateur prêt et fait état d’une trajectoire vers un pilote chez un client, sans nommer ce client à ce stade (notre solution). Le projet est né dans l’intrapreneuriat Safran et a été lauréat du programme “We Love Intrapreneurs” en 2022 (site corporate). Un partenariat externe est public: la société de simulation numérique Skales annonce collaborer avec l’équipe PuRE depuis l’été pour apporter son expertise en modélisation (Systematic). Le signal est intéressant: PuRE travaille son verrou techno, mais on reste encore au stade où la preuve industrielle compte davantage que la communication.
4. Greenwashing / zones grises
PuRE a le mérite d’écrire noir sur blanc que le captage carbone “n’est pas un substitut” aux réductions profondes d’émissions (notre solution). C’est sain, et rare. Mais le risque de greenwashing demeure précisément là: une technologie de capture peut aussi prolonger la vie d’installations fossiles ou retarder l’électrification quand elle devient une échappatoire stratégique. Autre zone grise: aucune donnée publique trouvable sur les coûts réels, la consommation énergétique du système, le taux de disponibilité en conditions industrielles, ni sur un rapport RSE ou CSRD propre à PuRE. Enfin, le contexte français pousse au captage, avec la PPE3, l’ADEME et les moyens de France 2030, mais cette dépendance réglementaire et subventionnelle est aussi une fragilité commerciale.
5. Positionnement stratégique
PuRE se place sur une faille du marché: les émissions industrielles diffuses, trop petites ou trop diluées pour les grands schémas de captage pensés d’abord pour le ciment, l’acier ou la chimie lourde. Dans une France qui veut accélérer la décarbonation industrielle tout en finançant hydrogène et captage, le créneau est pertinent (ADEME, PPE3). Le vrai test commence maintenant: passer du démonstrateur à un pilote signé, puis à une équation économique reproductible. PuRE n’est pas encore une scale-up du CCUS; c’est une cartouche technologique prometteuse sur un segment que les grands acteurs couvrent mal.
Verdict WattsElse
PuRE vise juste: les petites fumées comptent aussi. Mais dans le captage carbone, l’idée brillante ne vaut que si elle survit au terrain, au coût complet et à la tentation de servir d’alibi aux retardataires.
Sources : entreprises.lefigaro.fr · pureco2capture.com · mygi.global-industrie.com · pureco2capture.com · pureco2capture.com · infos.ademe.fr · iea.org · pureco2capture.com · systematic-paris-region.org · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · iea.org
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