TEBSA
Une des plus grosses flottes thermiques colombienne tourne encore au gaz, au cœur d’un jeu à trois bandes : déficit systémique, importations croissantes et créances impayées sur le périmètre du distributeur Air-e.
À propos de TEBSA
1. Modèle économique
TEBSA est une prestataire de services publics (E.S.P.) qui monétise surtout la vente d’électricité sur le système interconnexion colombien, avec une flotte 918 MW en capacité nette installée, présentée comme la plus grande centrale thermique du pays (Nuestra Operación). Le parc est majoritairement un cycle combiné et des unités vapeur associées, détaillées dans la littérature sectorielle (fiche entreprise). Les chiffres EMIS sur l’exercice 2024 évoquent une hausse de revenus d’environ +11 % mais un bénéfice net en repli d’environ −28 %, signal d’étau entre volumes/prix réglementés et coûts du combustible (fiche entreprise). CôtEffectifs, LinkedIn cite 44 salariés en 2026 (LinkedIn).
2. Impact réel
L’empreinte climat découle quasi exclusivement du brisage de gaz et, à terme, du GN importé. En janvier 2026, la société indique avoir généré 164,01 GWh, avec un facteur de charge d’environ 24 %, et une disponibilité réelle de 98,22 %, tout en consommant plus de 1 500 GBTU‑mois de gaz ; elle revendique en outre représenter environ 34 % de la consommation gaz des centrales du système au même horizon (indicateurs mensuels). Aucune source consultée ne documente une part EnR intégrée au périmètre de production : la neutralité carbone ne peut passer ici que par compensateurs ou évolutions hors site, non quantifiées dans les extraits publics retenus. Pour un lecteur français, le parallèle avec la PPE3 ou les fiches ADEME n’est pas direct : le débat colombien est sécurité du réseau + prix du gaz, pas encore décabonation profonde du parc fossile critique.
3. Innovations / partenariats
Le principal « partenariat d’actifs » documenté publiquement est l’accès à la régazéification : selon ses propres lignes « Gestión Comercial », la société contrôle environ 48,4 % de la capacité du terminal SPEC (Carthagène), mécanisme de bouclage des approvisionnements en LNG lorsque les flux internes se tendent (portefeuille GNL et SPEC). Sur le registre équipements, GEM recense précisément turbines et années de mise en service, utile pour situer les rendements relatifs d’un cycle combiné plutôt qu’une rupture techno « verte » au sens startup (GEM).
4. Greenwashing / zones grises
Créance caraïbe : selon *El Norte*, le distributeur Air-e aurait une dette d’environ 800 000 millions de pesos envers TEBSA et Termocandelaria, sans paiements réguliers sur une longue fenêtre ; cet arrêt sur image financière peut compromettre la chaîne gaz/paiements dans une zone où le service est déjà sous intervention étatique et surcharge tarifaire (cf. *El Colombiano sur la sobretasa*). Sévérité « fossile garanti » : l’articulation nationale repose encore sur ces pics thermiques gaz alors que *El Herald* alerte sur un risque de tension/délestage autour de 2027 si la logistique gaz n’absorbe pas les flux importés. Transparence : sur la base des éléments ouverts, pas de rapport RSE type CSRD ou synthèse carbone exploitable à la manière d’un émetteur européen ; on reste sur des indicateurs opérationnels et des audits sectoriels (ex. filière évoquée dans les travaux parlementaires autour de la CREG, *dossier sénatorial*) sans tableau de passage scopes 1‑2‑3 publié côté TEBSA.
5. Positionnement stratégique
Pour le court terme, TEBSA est un pilier régional : *Caracol* rapporte même qu’avec Termocandelaria, le duo a contribué à couvrir jusqu’à 15 % de la demande nationale pendant les tensions liées au Niño 2023‑2024 — autant d’un actif physique que d’un passif climat. Pour le medium terme, l’entreprise mise sur une dexterité LNG + disponibilité plutôt qu’une bifurcation REN visible ; cette lecture recoupe les stress tests réseaux contemporains *El Herald 2026*.
Verdict WattsElse
TEBSA est l’exemple parfait du « thermique utile » à l’heure de la transition latino‑américaine : indispensable pour éviter les trous de tension, intenable si l’on raisonne uniquement en trajectoire 1,5 °C sans plan de sortie du gaz critique et sans règlement des créances qui finance justement ce gaz. Le badge capture le paradoxe : garantie nationale, coûts moraux et financiers inclus.
Sources : tebsa.com.co · caracol.com.co · tebsa.com.co · emis.com · linkedin.com · tebsa.com.co · gem.wiki · elnorte.com.co · elcolombiano.com · elheraldo.co · secretariasenado.gov.co
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q12005588
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