Thermal Power Stations JSC
Le pays n’était pas nommé dans le brief, mais toutes les données structurées pointent vers Thermal Power Stations JSC, pilier thermique de l’Ouzbékistan : production en ligne avec la modernisation, investissements massifs, et en même temps une dette « vue par le marché » qui colle au souverain — et un sous-sol gazier qui a déjà manqué à ses promesses.
À propos de Thermal Power Stations JSC
1. Modèle économique
L’entreprise vit de la vente d’électricité et de chaleur produites par un parc thermique majoritairement au gaz, au cœur d’un marché où elle revendique environ 70 % de l’électricité nationale. En 2024, elle annonce 31,9 milliards de kWh générés pour un objectif initial dépassé (110 % du plan), avec 11,1 millions de Gcal de chaleur injectés sur le réseau selon le même volet de reporting (UzDaily). La capex est publiquement chiffrée : 646,14 millions de dollars investis en 2024, soit 104,7 % du budget prévu (UzDaily). Sur le semestre, suivi compatible : 286,85 millions de dollars déployés au premier semestre 2025 sur un programme annuel de 701,93 millions, avec 14,38 milliards de kWh produits (101,5 % du plan semestriel) (performance S1 2025). Le financement externe documente une ligne de crédit de 150 M€ auprès de la BERD pour besoins de fonds de roulement et maintenance sur centrales au gaz. CA annuel et nombre total d’employés : non disponibles dans les sources citées ; seuls des ordres de grandeur RH ponctuels sont mentionnés (ex. 5 068 salariés formés sur l’exercice 2024 dans ce bilan).
2. Impact réel
Le bilan matériel est double : productivité et intensité fossile. La bascule opérationnelle de la centrale thermique de Tachkent vers 100 % de gaz naturel (fin du fioul lourd annoncée en septembre 2025) est un gain local sur les pollutants lourds, pas un saut décarboné du mix national (Kun.uz). En 2024, les communicants affirment 1 milliard de m³ de gaz « économisés » grâce à la modernisation (UzDaily). Début 2026, le T1 affiche 10,8 milliards de kWh (+7 % sur un an) avec 300 000 tonnes de CO₂ en moins et 1 400 tonnes de polluants atmosphériques évités sur la même fenêtre (UzDaily). Parallèlement, 13,5 MWc de photovoltaïque en autoconsommation sont mis en avant — volume réel pour le parc, mais marginaire face aux gigawatts thermiques en jeu (même source). Comparer aux trajectoires européennes (PPE, fiches ADEME / Connaissance des énergies) serait intellectuellement trompeur : l’enjeu ouzbek est avant tout sécurité d’approvisionnement et rendement du gaz, pas l’alignement sur un budget carbone UE.
3. Innovations / partenariats
Côté « hard tech », les projets cités sont des cycles combinés et cogénérations : 1 065 MW à Talimarjan (mise en service annoncée fin 2025), 650 MW à Navoï en construction, deux blocs de 64 MW aux CTC de Tachkent, etc. (bilan 2024). Une flotte de 25 véhicules électriques est additionnée au registre d’« actions climat » du premier trimestre 2026 (UzDaily). Sur la transparence, la société revendique en mars 2026 un score ESG de 50 chez Sustainable Fitch et un premier reporting GRI/SASB (UzDaily), signal utile pour les créanciers — à mettre en perspective avec la structure énergétique toujours thermique.
4. Greenwashing / zones grises
La notation internationale ‘BB-’ (Stable) masque mal un profil intrinsèque évalué à ‘ccc’ par Fitch en janvier 2025, avec un levier financier élevé et une dépendance aux mécanismes étatiques explicitement soulignée dans la synthèse de presse (Trend.Az) : tension chiffrée et datée, distincte du storytelling « transition ». Deuxième fracture : la production nationale de gaz a reculé de 11,5 % en 2024, jusqu’à 41,3 milliards de m³ selon des données révisées — soit 3,3 milliards de m³ de déficit par rapport aux prévisions initiales — ce qui menace directement la disponibilité des turbines au gaz alimentées par ce même réseau (Kun.uz). Troisième signal systémique : en décembre 2025, le ministère de l’Énergie alerte sur des coupures possibles aux heures de pointe, en raison notamment de travaux à la centrale thermique de Syrdarya et d’une baisse de la production « verte » hivernale (Kun.uz) — rappel brutale que le catalogue ESG ne supprime pas la fragilité du réseau.
5. Positionnement stratégique
Thermal Power Stations JSC incarne la stratégie ouzbèke actuelle : plus de GW au gaz efficient, moins de gaspillages sur le papier, rattrassage de fiabilité face à une demande électrique en tension. Les jalons 2025-2026 (Talimarjan, Navoï, fermeture du fioul à Tachkent, hausse de production au T1) dessinent une course à l’équipement ; le contexte gazier national et les alertes réseau imposent en parallèle une gestion de crise permanente. Les financements multilatéraux type BERD confortent la liquidité d’exploitation, mais ne résolvent pas la contrainte souveraine sur les hydrocarbures.
Verdict WattsElse
Modernisation affichée, chiffres opérationnels sérieux, mais la transition annoncée tient encore au gaz — et le « ccc » intrinsèque côtoie déjà, sur le terrain, un trou de 3,3 milliards de m³ dans les comptes du sous-sol : performance d’ingénieurs, vulnérabilité de géologue.
Sources : uzdaily.uz · uzdaily.uz · uzdaily.uz · ecepp.ebrd.com · kun.uz · uzdaily.uz · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · uzdaily.uz · trend.az · kun.uz · kun.uz
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