Flock Labs AG
Jeune société bernoise inscrite dans les services informatiques plus que dans la production d’énergie, Flock Labs AG vend de l’aide à la décision pour des réseaux de transport et de logistique décarbonés — et s’est glissée dans le grand consortium MOVEO financé par Horizon Europe.
À propos de Flock Labs AG
1. Modèle économique
La Flock Labs AG est une société anonyme suisse domiciliée à Berne : fondée en 2023, son objet statutaire en fait un éditeur et prestataire de logiciels et d’études en intelligence décisionnelle, science des données, simulation et intelligence artificielle, avec possibilité de mener des projets de recherche, comme le résume la notice Moneyhouse. Le chiffre d’affaires n’est pas retrouvé gratuitement en ligne (souvent réservé aux bases payantes) ; en revanche le capital-actions est porté à 108 420 francs suisses après la dernière actualisation publique de la fiche (mention du 26 novembre 2024 sur la même source). L’effectif reste de très petite taille : la page LinkedIn de Flock Labs AG indiquait six collaborateurs et une croissance d’environ +20 % sur un an au printemps 2024 — signal fragile pour scaler un modèle « as a service » face à des donneurs d’ordre souverains ou sectoriels. Le site flock-labs.com positionne l’offre comme de la « Decision Intelligence as a Service » tournée vers la logistique et la mobilité. Tracxn classe encore l’entreprise comme non financée par du capital-risque (état relevé en février 2026 dans cette base) : la trajectoire repose donc davantage sur mandats, partenariats R&D et réinvestissement interne que sur levées de fonds visibles.
2. Impact réel
Sur le plan « climat », l’impact de Flock Labs est indirect : il s’exerce si et seulement si des opérateurs utilisent ses modèles pour mieux remplir les trains, camions ou hubs et réduire kilomètres-vides, attentes ou recours aux modes carbonés. C’est cohérent avec la logique des transports propres et du multimodal poussée par l’Union (programme « Climate, Energy and Mobility »), dans lequel s’inscrit le projet MOVEO selon sa fiche CORDIS. Aucun volume annuel de CO₂ évité attribuable publiquement à Flock Labs n’a été trouvé ; il n’existe pas non plus, dans les éléments consultés, d’audit carbone tiers publié par la société — ce qui situe le bénéfice environnemental au stade « potentiel d’optimisation », pas de résultat consolidé vérifiable au sens de l’ADEME ou d’un bilan conforme CSRD (données non disponibles dans les canaux gratuits au moment de la rédaction). Le site du projet moveoproject.eu relie explicitement certains démonstrateurs à des trajectoires locales de neutralité carbone en transport, par exemple Winterthur visant la neutralité carbone d’ici 2040 : Flock y contribue comme brique logicielle d’un dispositif plus vaste, pas comme producteur d’électricité ou de biocarburant.
3. Innovations / partenariats
MOVEO (« Intelligent Framework for Inclusive and Seamless Transport Infrastructure and Mobility Services ») démarre au 1er mai 2025 pour se terminer le 31 octobre 2028 d’après la fiche officielle CORDIS ; l’ apport financier de l’UE au consortium y est indiqué à 4 998 495 euros pour un coût total de projet de 5 735 250 euros. Flock Labs AG apparaît comme partenaire suisse coordonné avec 16 organisations au lancement opérationnel en mai 2025 à Malaga selon le communiqué ZHAW. L’innovation revendiquée côté Bernois est celle des jumeaux numériques / scénarios appliqués aux chaînes logistiques et aux réseaux de mobilité — domaine où la concurrence est structurante (les bases sectorielles peuvent compter des milliers d’acteurs « data & analytics »). Les mentions de dépôt de marque et d’opérations sur l’actionnariat en 2024 renforcent l’image d’une structure encore en phase de capitalisation intellectuelle et juridique plutôt que de consolidation financière massive.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal signal « chiffré » vient du traitement de la subvention européenne : sur la fiche projet CORDIS, Flock Labs AG est listée comme partenaire de mise en œuvre, statut expliqué sur place comme « ne signe pas l’accord de subvention » — et la contribution nette de l’UE affichée pour Flock Labs AG est de 0 euro dans cette même fiche (à distinguer de l’enveloppe agrégée du consortium). Autrement dit, la présence européenne ne se lit pas comme un versement public direct documenté sur ce portail, même si la société capitalise sur la visibilité de MOVEO. En parallèle, le capital social de 108 420 CHF (traces publiques Moneyhouse) est minuscule au regard des budgets des grands intégrateurs du rail ou de la route : en cas de retard de déploiement ou de rupture de contrat amont, la marge de manœuvre reste étroite. Classer l’activité dans une catégorie « autres énergies » au sens WattsMonde prête à confusion : la notice Moneyhouse qualifie explicitement la société de services IT ; tout discours « vert » doit donc être lu comme levier logiciel sur la consommation d’énergie des tiers, pas comme contribution propre au mix électrique. Aucune procédure judiciaire, condamnation ou signalement d’autorité lié à une tromperie environnementale n’a été identifié dans les sources citées.
5. Positionnement stratégique
L’ambition affichée est de devenir une référence discrète mais technique de l’intelligence décisionnelle pour des autorités, industriels et opérateurs cherchant à décabonner des flux sans casser l’existant — un créneau aligné sur la transition des transports évoquée dans les priorités européennes, mais crowded côté fournisseurs d’outils d’aide à la décision. Le signe récent le plus lisible reste l’entrée dans MOVEO et les mouvements de capital / d’actions de 2024 observés dans les annonces du registre et des agrégateurs. Pour passer du projet sous bannière européenne à des contrats récurrents hors subvention, il faudra transformer les démonstrateurs de moveoproject.eu en revenus récurrents — l’étape où beaucoup de PME de six personnels peinent encore en 2025–2026.
Verdict WattsElse
Flock Labs joue sur l’interface fragile entre recherche européenne, promesse climat et réalité d’une micro-société de services IT : son histoire se lit autant dans les tableurs de consortium que dans les comptes bernois. Dans l’Europe des 5 millions pour MOVEO, la ligne CORDIS de Flock Labs affiche zéro euro de contribution nette de l’UE — il reste à prouver sur le marché ce que cela vaut en cash-flow.
Sources : moneyhouse.ch · ch.linkedin.com · tracxn.com · cordis.europa.eu · moveoproject.eu · zhaw.ch
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Colegiul Tehnic Energetic
Le Colegiul Tehnic Energetic n’est pas une « entreprise » au sens comptable : c’est un lycée technique public roumain qui produit des compétences pour centrales, postes et réseaux.
Voir la ficheFirst Toledo Solar Energy Corporation
Ce n’est pas un fabricant de modules ni une start-up climat : First Toledo Solar Energy Corporation (FTSEC) incarne une centrale au sol opérationnelle, calée dans un montage rentier où la terre, le bail et le régulateur comptent autant que les panneaux.
Voir la ficheVector Limited
Vector Limited n’est pas un opérateur « énergétique » au sens marketing : c’est surtout le dos du réseau — lignes, postes, gazoducs, fibre — qui porte la métropole la plus peuplée de Nouvelle-Zélande.
Voir la ficheEXPLOTACIONES EOLICAS SIERRA COSTERA SA
Derrière un nom de montagne et une adresse à Saragosse, cette SPV incarne l’éolien « catalogue » : actifs raccordés, cashflows tarifés, image verte portée par un géant.
Voir la ficheAkuo Energy
Akuo n’est plus une start-up pionnière des renouvelables: c’est désormais un producteur-développeur entré dans l’âge industriel, avec ses chiffres solides, ses montages financiers lourds et ses arbitrages moins romantiques.
Voir la ficheDutch Bangala
Derrière une étiquette floue (« Dutch Bangala », pays non renseigné) se profile un acteur béton du sous-continent : Dutch Bangla Power & Associates Ltd (DBPAL), filiale de type SPV du groupe Orion, qui a fait tourner à Siddhirganj (Narayanganj) une centrale « quick rental » au fioul lourd (HFO) contractuellement poussée jusqu’à un dernier horizon en juillet…
Voir la ficheMaraven
Filiale historique de PDVSA, héritière des opérations Shell dans l’ouest du Venezuela, Maraven S.A.
Voir la ficheHuaneng International Power Co Ltd Shanghai Shidongkou Second Power Plant
À Baoshan, la deuxième centrale de Shidongkou reste un socle du réseau électrique de Shanghai : charbon, flexibilité, et vitrine technologique sur un fleuve de fret déjà saturé.
Voir la ficheWestern Australian Landfill Services
Le nom d’« Western Australian Landfill Services » renvoie en pratique à West Australian Landfill Services Pty Ltd (WALS), une société de gestion d’enfouissement en Australie-Occidentale, et non au méga-projet Kwinana Energy Recovery — aujourd’hui opéré dans l’écosystème Acciona/Veolia sur le littoral de Perth.
Voir la ficheSEC &HOPEWELL POWER (Heyuan) Co Ltd
À Puqian, dans le Guangdong, cette coentreprise sino-hongkongaise incarne la fusion entre rendement thermique et dépendance au charbon.
Voir la ficheGreen of Africa
Coentreprise née en 2015 entre Akwa Group et O Capital Group, Green of Africa s’est glissée au cœur de deux symboles : le plus grand dessalement « 100 % EnR » annoncé au monde et un parc éolien de 360 MW près de Dakhla.
Voir la ficheTembec Inc
Tembec n’est plus une cotation à part : c’est le nom d’une période canadienne de la filière bois-pâte, avalée en 2017 par Rayonier Advanced Materials, aujourd’hui RYAM**.
Voir la ficheLimak Enerji & IC İçtaş Enerji
Le duo industriel que forment Limak Enerji (bras producteur du groupe Limak) et IC İçtaş Enerji (pôle énergie d’IC Holding) incarne une stratégie à deux vitesses : obligations vertes et hydraulique côté Limak Renewable, solaire et hybride côté IC Enterra, tandis que la coentreprise YK Enerji assure en parallèle près de 1,1 GW de lignite au cœur du bassin de…
Voir la ficheCopenhagen Infrastructure Partners (CIP)
L’image est celle d’un bulldozer financier : fonds empilés, pipeline gigantesque, emprise sur des actifs physiques.
Voir la ficheSCET (Société de Conseil et d'Expertise Territoriale)
La SCET vend de l’ingénierie et du conseil à ceux qui pilotent la ville et l’aménagement : centralité politique garantie, rentabilité privée non garantie.
Voir la ficheCT ALTO VALLE SA
Une centrale thermique ancienne rattrapée en 2023 par un rachat annoncé comme stratégique, elle porte désormais le même étiqueteur bilan qu’un groupe pétrolier argentin entré en défaut en 2025.
Voir la ficheEnvida Community Energy Inc
Ici ce n’est ni l’énergie communautaire australienne ni la coop californienne : Envida Community Energy Inc.
Voir la ficheZARAGOZA VIVIENDA
À Saragosse, Zaragoza Vivienda n’est pas une « startup de l’EnR» : c’est le bras immobilier de la mairie, devenu tunnel pour les millions du bâtiment bas-carbone.
Voir la ficheEOLPOP - Viure de l'aire del cel
Le nom « EOLPOP » prête à confusion : ici, ce n’est pas l’outil scientifique homonyme du CNRS sur les collisions avifaune, mais une S.L.
Voir la ficheCEZ Shpërndarje
CEZ Shpërndarje n’est pas une coquille vide dans WattsMonde : c’est l’ancienne raison sociale de l’opérateur public de distribution électrique albanais aujourd’hui connu sous le nom d’OSHEE, héritier de la privatisation puis de la renationalisation après l’échec du groupe tchèque CEZ.
Voir la ficheVista Oil & Gas
Le producteur indépendant enregistre des records de production et de réserves en Argentine, tout en promettant une neutralité carbone « opérationnelle » à l’horizon 2026.
Voir la ficheLafargeHolcim (aujourd'hui Holcim)
Le groupe né de la fusion Lafarge‑Holcim a fini par porter uniquement la marque Holcim : c’est l’État-major suisse d’un empire ciment‑béton‑granulats où la « production » industrielle dicte encore le rythme des marges et des émissions.
Voir la ficheLitoral Solar SpA
Le nom évoque une société par actions — SpA — et un actif solaire côtier.
Voir la ficheCông ty CP Năng lượng Nậm Na 2
Centrale de 66 MW sur la Nam Na : production tirée du fleuve et filiale d’un groupe qui bascule massivement vers le solaire — mais la gouvernance du holding apparaît sous le feu des projecteurs judiciaires et médiatiques en 2025, sans qu’un lien direct avec cette filiale soit documenté dans la presse accessible.
Voir la fiche