Three Gorges Third Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limited
** À Jhimpir, à une centaine de kilomètres de Karachi, une coquille juridique au nom baroque — Three Gorges Third Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limited — incarne l’économie réelle des IPP sous CPEC : des turbines Goldwind dans un corridor à fort potentiel, prise dans une machine à créances entre producteurs, CPPA-G et distributeurs.
À propos de Three Gorges Third Wind Firm Pakistan (Pvt.) Limited
1. Modèle économique
La société est, selon les éléments disponibles, la filiale de projet dédiée à la phase « Third » (49,5 MW) du couple *Second & Third*, opéré sous le schéma Build-Own-Operate avec horizon contractuel long (les plages 20 ans ou BOO apparaissent selon les sources de suivi du corridor). Les revenus viennent de la vente d’électricité au réseau national dans le cadre des engagements pris dans la vague d’investissements CPEC : redevances et marges sont donc calées sur des contrats d’achat publics et sur la capacité du système à honorer les paiements en chaîne (CPPA-G, distributeurs).
Le capital-investissement total des deux phases combinées est fréquemment porté à 224 millions de dollars, avec un financement bancaire chinese documenté pour le volet « Third » (ordre de 84,4 M$ de dette liée à la China Development Bank selon la base projets AidData). La société relève de l’écosystème China Three Gorges South Asia Investment Ltd (CSAIL), bras régional du groupe China Three Gorges, comme le résume la couverture sectorielle sur la contribution de CSAIL au réseau pakistanais.
Chiffres de vente ou d’effectifs consolidés au niveau de cette SPV : non trouvés dans les extraits accessibles sans fouille comptable approfondie ; l’ordre de grandeur économique pertinent est celui d’une coquille d’actif dont la valeur tient surtout au contrat de puissance et à la liquidité du pool pakistanais.
2. Impact réel
La puissance installée de la phase Third est donnée à 49,5 MW (33 × 1,5 MW), turbines Goldwind, selon la fiche technique du parc et la vue d’ensemble corridor / investissement. Pour le duo Second + Third, la littérature de suivi CPEC et les synthèses type fiche ambassade de Chine sur le projet Second & Third évoquent une production annuelle agrégée de l’ordre de 286,6 GWh — *ce chiffre ne doit pas être attribué à la Third seule sans ventilation publique*.
Sur le plan climat et filière, le parc déplace du thermique importé sur le mix pakistanais ; en revanche, l’impact « net » dépend du dispatch, du curtailment et du niveau de charbon/gaz encore marginal à la marge — données plant-by-plant non publiées dans les sources consultées. Les cadres PPE3 / CSRD européens ne s’appliquent pas directement à cette entité ; l’ADEME et les médias français type Connaissance des Énergies n’offrent pas, à ce stade, de fiche dédiée à cette SPV : l’intérêt analytique est géopolitique et sectoriel (finance de projet + dette circulaire), pas réglementaire UE.
3. Innovations / partenariats
Le « package » est classique éolien terrestre financé sur bilan de banque de politique industrielle : turbines Goldwind, finance CDB, montage CPEC / CSAIL, comme le décrivent Belt & Road Initiative et la communication sur les livraisons CSAIL au réseau national.
Partenariats R&D, brevets ou levées récentes au sens start-up : rien de documenté publiquement pour cette coquille ; l’innovation, ici, est surtout organisationnelle (modèle IPP + garanties souveraines implicites), pas technologique.
4. Greenwashing / zones grises
La tension n’est pas rhétorique : les producteurs chinois, dans lequel s’inscrivent les parcs Three Gorges, auraient environ 500 milliards de PKR d’arriérés fin juin 2025 selon Business Recorder — soit un risque de liquidité direct pour tout actif qui facture l’État pakistanais. Dans le même paysage, les paiements en retard liés aux projets CPEC dans le secteur électrique sont suivis à 423 milliards PKR en juin 2025 par Express Tribune.
Côté acceptabilité territoriale, des reportages locaux décrivent conflits fonciers et revendications de communautés sur le corridor de Jhimpir (Sindh Courier sur les déplacements fonciers) et un impact avifaunistique sur la voie migratoire, avec chiffres d’oiseaux au lac Keenjhar présentés comme en forte baisse (Sindh Courier sur la « crise cachée » de Jhimpir).
Enfin, la fragilité systémique du réseau : le rapport d’industrie 2025 de NEPRA, commenté par la presse économique, met en avant des pertes T&D moyennes à 17,55 % pour FY2024-25, au-dessus du plafond autorisé 11,43 %, et un taux de recouvrement de 96,62 % générant des manques à gagner massifs — synthèse accessible via Profit (Pakistan Today) sur le State of Industry 2025 et The Express Tribune sur les pertes des DISCO. Autant de fuites en amont qui fragilisent le récit vert de tout producteur EnR branché sur ce pool.
5. Positionnement stratégique
Pour China Three Gorges, la SPV est un jeton de présence au Pakistan : actif modeste en MW, mais ancré dans CPEC et dans la narration d’export de capacités d’ingénierie et de finance. Pour le Pakistan, c’est du renouvelable dispatchable… si l’on paye : la discussion sur une reprofilage / restructuration de la dette énergétique chinoise (plans évoqués autour de 15,4 Md $ sur la période récente) nourrit le débat public et conditionne la suite des cash-flows des IPP.
Dans ce décor, Three Gorges Third n’est ni « scale-up climat » ni start-up : c’est un titre de créance climatisé, dont la valeur stratégique se lit autant au tableau des arriérés qu’au compteur MWh.
Verdict WattsElse
L’éolien, ici, est une infrastructure de créance autant qu’un kilowatt-heure décarboné. Tant que la dette circulaire et les impayés CPEC feront tache d’huile sur les comptes publics, chaque tour de pale à Jhimpir tournera aussi pour la géopolitique des remboursements.
Sources : china.aiddata.org · brecorder.com · thewindpower.net · beltroad-initiative.com · pk.china-embassy.gov.cn · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · brecorder.com · tribune.com.pk · sindhcourier.com · sindhcourier.com · profit.pakistantoday.com.pk · tribune.com.pk · tribune.com.pk
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