Todd Corporation
Conglomérat familial et privé, ancré en Nouvelle-Zélande, Todd tire une part majeure de sa puissance du pétrole et du gaz — tout en déployant des projets d’électricité renouvelable et d’hydrogène vert qui font office de vitrine.
À propos de Todd Corporation
1. Modèle économique
Todd structure son cœur de métier autour de la chaîne énergie : production et commerce de gaz naturel, génération et vente d’électricité, avec la marque Nova et des offres résidentielles à grande échelle. Sur son site corporate, le groupe revendique environ 33 % de la production nationale de gaz, plus de 90 000 clients électricité (trois enseignes) et 34 000 clients gaz, pour quelque 600 salariés et treize actifs énergétiques recensés fin 2024. Les volumes publiés pour l’année 2024 incluent notamment 40 PJ de gaz produit, environ 1 096 kbbl de liquides, 717 GWh d’électricité générée et 3 154 kt d’émissions de GES déclarées dans ce périmètre — des agrégats à lire comme des indicateurs de reporting interne, pas comme un compte de résultat consolidé. Chiffre d’affaires global ou bilan détaillé : non retrouvé dans des sources publiques auditables ; la structure non cotée n’impose pas la même transparence financière qu’un grand groupe européen. Au-delà de l’énergie, le groupe diversifie (santé naturelle, immobilier, tech, minéraux), mais le moteur reste le complexe gaz–électricité–détail.
2. Impact réel
L’empreinte climatique n’est pas théorique : pour l’exercice se terminant en juin 2023, l’agence néo-zélandaise de protection de l’environnement place Todd parmi les dix plus gros contributeurs au registre carbone obligatoire, avec 3,1 millions de tonnes déclarées, au même ordre que d’autres géants industriels du pays — chiffre relayé par RNZ à partir des données EPA. Les 3 154 ktCO₂e affichées sur la page d’accueil Todd pour 2024 vont dans le même sens quant à l’ordre de grandeur. À l’échelle française, ce n’est pas un acteur couvert par la PPE 3 ni par les obligations CSRD ; en revanche, le débat qu’il cristallise — maintien du gaz « pivot » versus accélération des renouvelables et de l’électrification — fait écho aux analyses sur le rôle ambigu du gaz dans les trajectoires 2050, par exemple chez Connaissance des Énergies ou dans le cadre général défendu par l’ADEME sur les enjeux énergétiques.
3. Innovations / partenariats
Le projet Kapuni illustre la stratégie « vitrine » : clôture financière annoncée en février 2026 pour un parc éolien de 25,6 MW (quatre turbines de 6,4 MW), environ 100 GWh/an attendus, couplés à un électrolyseur de 5 MW visant jusqu’à deux tonnes d’hydrogène vert par jour, avec première production électrique visée en 2027, dans un partenariat incluant Hiringa, Ballance, MBIE et des acteurs iwi — détail dans le communiqué Todd. Côté solaire, la coentreprise Te Rahui avec Meridian vise un parc d’environ 400 MW, avec une première phase financée à hauteur de centaines de millions de dollars néo-zélandais fin 2024, selon l’annonce Meridian. Nova exploite aussi des centrales gaz de pointe (par exemple McKee et Junction Road, ~100 MW chacune selon la fiche portfolio). Todd poursuit par ailleurs l’exploration géothermale profonde — un forage « supercritique » jusqu’à environ 6 km à Rotokawa est évoqué pour 2027 dans la presse spécialisée ClickPetroleo ; à traiter comme signal technique intéressant mais encore porté par des sources secondaires.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de double discours est documenté : une enquête du Democracy Project décrit un lobbying serré sur les règles d’émissions néo-zélandaises, en tension avec les discours de transition publiés dans les rapports développement durable. Sur le marché, le contentieux gazier avec Methanex en 2024 — résumé par BusinessDesk — rappelle que la décennie à venir se joue aussi sur des contrats et des volumes, pas seulement sur des slides « net-zero ». Dans la sphère publique, des critiques sur le soutien à l’exploration fossile et les subventions associées ont débouché sur des mobilisations relayées par Scoop. Ce paysage s’inscrit dans un contexte national où la politique énergétique a pu rouvrir le jeu de la prospection offshore, sujet également couvert côté francophone par franceinfo : pour Todd, l’exposition réglementaire reste un levier stratégique autant qu’un risque réputationnel.
5. Positionnement stratégique
Todd vise manifestement à tenir les deux bouts : verrouiller les flux de cash du gaz national tout en empilant des actifs EnR et de l’hydrogène pour rassurer investisseurs, régulateurs et partenaires iwi. La gouvernance reste celle d’un conglomérat familial (conseil mêlant famille et indépendants, direction groupe), ce qui concentre la décision et réduit la pression de marchés boursiers mais alimente les questions de transparence. Les signaux récents — clôture Kapuni, financement Te Rahui, awards sectoriels cités sur todd.co.nz — dessinent une entreprise qui veut incarner le « reset » industriel de la Nouvelle-Zélande ; la réalité carbone, elle, reste celle d’un top 10 national des émissions.
Verdict WattsElse
Todd n’est pas un « pure player » de la transition : c’est un opérateur systémique du gaz qui investit assez dans le renouvelable pour raconter l’avenir, et assez dans la sphère politique pour protéger le présent fossile. La formule qui colle : *hydrogène vert en vitrine, gaz en fond de cuve — et le climat dans le registre des émissions, pas dans les slogans.*
Sources : todd.co.nz · rnz.co.nz · economie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · todd.co.nz · meridianenergy.co.nz · toddcorporation.com · en.clickpetroleoegas.com.br · theintegrityinstitute.substack.com · todd.co.nz · businessdesk.co.nz · scoop.co.nz · franceinfo.fr
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