UAB
Ce n’est pas une société lituanienne derrière le sigle « UAB » : sur le campus de Bellaterra, l’histoire commence en 1968 avec une université publique catalane devenue labouratoire vivant et intellectuel des transitions énergétiques.
À propos de UAB
1. Modèle économique
L’Universitat Autònoma de Barcelona est une université publique : son modèle repose sur les transferts des administrations (notamment la Generalitat), les droits et tarifs étudiants, et le financement projeté de la recherche. Le conseil de gouvernement a approuvé pour 2024 un budget d’environ 409 millions d’euros, en soulignant que la structure de « campus unique » génère des coûts que les dotations ne reflètent pas pleinement, ce qui complique l’équilibre financier. Côté offre, l’établissement capitalise sur des filières d’ingénierie et des masters liés à l’environnement et à l’énergie ; le ministère espagnol de l’Environnement recense par exemple des parcours de formation liés au climat et à la transition à l’UAB. Les revenus ne viennent pas de la vente d’électricité : l’activité « EnR » est surtout recherche, formation et pilotage du patrimoine campus.
2. Impact réel
Sur le campus, l’impact climatique se lit dans le mix énergétique du bâti et dans les achats. D’après le bilan énergétique 2019 rendu public par l’université, la consommation des bâtiments se répartissait en 62 % d’électricité et 38 % de gaz ; le même texte indique qu’au 1er janvier 2018, l’électricité achetée est présentée comme d’origine renouvelable, avec une intensité carbone déclarée de 0 gCO₂/kWh pour ce poste, tandis que le gaz concentrait alors l’essentiel des émissions liées à l’énergie sur le campus (communiqué sur le bilan 2019). Une communication institutionnelle de 2019 chiffrait à 13 017 tonnes de CO₂ par an l’économie attendue du passage à un approvisionnement « vert » concerté avec le Consorcio de Servicios Universitarios de Catalunya (achat d’électricité et gaz « vert »). Par ailleurs, le même bilan 2019 détaille déjà des micro-productions : par exemple environ 62 000 kWh/an pour une photovoltaïque en plaza Cívica, avec un ordre de grandeur d’environ 18 t CO₂ évitées par an selon la méthodologie retenue dans le document (même source, bilan 2019). À l’échelle de l’Europe des campus, ces enjeux rejoignent la logique des plans d’efficacité énergétique universitaire à l’horizon 2030, dont le volet français PEEC2030 illustre la pression normative sur le patrimoine tertiaire enseignement-recherche.
3. Innovations / partenariats
L’ICTA-UAB concentre une partie de la recherche environnementale et climatique de l’université. En octobre 2025, l’établissement a relayé une étude dirigée par Marcel Llavero-Pasquina publiée dans Nature Sustainability : les majors pétrolières et gazières analysées ne seraient à l’origine que d’environ 1,42 % des projets d’énergies renouvelables à l’échelle mondiale, avec l’électricité renouvelable représentant à peine 0,1 % de leur extraction d’énergie primaire — un résultat qui nourrit le débat sur la crédibilité des stratégies « transition » des fossiles. Côté gouvernance d’achats, la procédure menée avec le CSUCA a fixé, selon le récit institutionnel de 2019, un plancher de 50 % d’énergie renouvelable pour les entreprises homologuées sur l’accord-cadre avant les offres finales (achats d’électricité et gaz « vert »).
4. Greenwashing / zones grises
Le paradoxe du « 100 % vert » mérite lecture comptable : en 2019, avec une électricité présentée comme renouvelable, le gaz restait 38 % du bouquet énergétique des bâtiments et portait l’essentiel des émissions de CO₂ attribuées au bilan campus — ce n’est pas un scandale judiciaire, mais un décalage entre slogan et structure physique du patrimoine (bilan énergétique 2019). Les garanties d’origine et achats groupés obscurcissent, pour un lecteur pressé, la chaîne d’émissions résiduelles — surtout lorsque la part gaz sert climatisation et chauffage sur un parc bâti par vagues. Enfin, la cadre budgétaire 2024 met en lumière un risque de sous-financement structurel des surcoûts du modèle campus, susceptible de retarder des rénovations profondes alors que la communication affiche l’ambition « durable » (budget 2024).
5. Positionnement stratégique
L’UAB combine excellence académique affichée — classements internationaux, institut ICTA — et gestion pragmatique d’un territoire-université sous contrainte catalane et européenne. La recherche Nature Sustainability place l’institution dans le camp des critiques factuelles à l’égard des stratégies des fossiles, en cohérence avec son positionnement « référent transition ». Du côté des opérations, le budget 2024 ancre la priorité à la recomposition des emplois et à la hausse des contrats de services face à l’inflation — le « vert » y est aussi ligne de dépense, pas seulement slogan.
Verdict WattsElse
À Bellaterra, l’énergie renouvelable n’est pas un kilowattheure coté en bourse : c’est un couple tendu entre achats verts et bâti gazé, arbitré sous le regard d’une recherche qui démonte les récits trop lissés de l’industrie fossile — le campus enseigne ce qu’il mesure encore mal.
Sources : uab.cat · miteco.gob.es · uab.cat · uab.cat · franceuniversites.fr · uab.cat · uab.cat
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