Ünal Şirketler Grubu
Le groupe Ünal Şirketler Grubu incarne une trajectoire classique du capital industriel turc : du bâtiment à l’énergie, avec un parc hydraulique déjà massif et une ambition de doubier puis tripler la puissance.
À propos de Ünal Şirketler Grubu
1. Modèle économique
La holding, fondée en 1971 par Necati Ünal selon le récit du site corporate, a structuré sa présence dans l’électricité via la filiale EBD Enerji Üretim ve Ticaret A.Ş., entrée dans le secteur en 2005 (historique du groupe). Le cœur du chiffre d’affaires énergétique repose sur la vente d’électricité produite par trois centrales hydroélectriques actives : environ 185 MWe installés et 258 GWh/an de production agrégée en 2024, soit environ 0,168 % de la capacité nationale turque recensée sur le même périmètre (profil Enerji Atlasi). Le principal actif est le complexe Köroğlu / Kotanlı sur la Kura (125,15 MWe, équivalent à l’essentiel de la puissance du groupe selon les fiches techniques du promoteur) (fiche Kotanlı HES), complété par Narinkale (33,5 MWe, 64 GWh/an) et Serap (28,96 MWe, 34 GWh/an) dans la province de Kars (Narinkale HES, Serap HES). Chiffre d’affaires consolidé du groupe, marge, effectif exact et détail du bilan : selon les éléments disponibles en open data francophone et en presse généraliste consultée, ces agrégats financiers ne sont pas repris de manière vérifiable pour l’ensemble holding ; seul un capital social déclaré de 50 000 000 TL pour EBD apparaît dans un annuaire juridique turc (données MTHS). La diversification annoncée vers le tourisme (objectif 5 000 lits « sous cinq ans ») indique une stratégie patrimoniale au-delà de l’électron pur (article Dünya).
2. Impact réel
Sur le parc hydroélectrique exploité tel que cartographié par les bases sectorielles turques, le mix affiché est entièrement renouvelable au sens strict des ENR électriques (profil Enerji Atlasi). Comparer ce volume — 258 GWh — aux trajectoires européennes (PPE3, fiches ADEME) n’a pas de sens direct : la Turquie n’est pas soumise au même cadre, et surtout les données d’émissions évitées par MWh ne sont pas publiées dans les sources citées. En revanche, l’ordre de grandeur ≈ 0,17 % du parc national situe l’acteur : contributeur non négligeable localement (Ardahan, Kars), mais loin des majors intégrées turques (profil Enerji Atlasi). L’impact écologique du barrage lui-même — sédiments, frayères, débits résiduels — est le vrai contre-pied au bilan carbone « bas carbone » de l’électricité produite ; la presse régionale en fait état dans le dossier Kura (voir section suivante).
3. Innovations / partenariats
On est davantage sur l’ingénierie de projet et l’exploitation d’actifs que sur une start-up technologique : pas de brevet ni de levée de fonds mis en avant dans les canaux consultés. Le groupe revendique des certifications ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 pour son organisation, signe d’industrialisation classique plutôt que de rupture technologique (article Dünya). La même interview/papier positionne la holding comme membre d’INTES — réseau professionnel turc — et fixe une cible de 500 MW de capacité ENR cinq ans (soit une envolée d’environ +170 % par rapport aux 185 MWe de 2024) (article Dünya). Côté gouvernance EBD, le site corporate du groupe mentionne Özer Kutlu Ünal à la tête du conseil d’administration (bilgi toplumu hizmetleri).
4. Greenwashing / zones grises
La première zone grise est hydraulique et documentée : en 2024, des manifestants ont dénoncé l’assèchement de la plaine d’Ardahan et les effets des aménagements sur le bassin de la Kura (mobilisation citoyenne) ; en juin 2025, la presse locale continuait de relater des tensions sur des projets de dérivations vers le bassin du Çoruh, dans un paysage déjà polarisé autour du partage de l’eau (conflit sur la Kura). Ce n’est pas du « greenwashing » comptable, c’est un décrocage entre la légitimité climatique de l’hydro et la perception territoriale du préjudice agricole et écologique.
Deuxième tension, elle, est stratégique : sur sa page « corporate », EBD indique avoir mené des études de faisabilité pour des centrales thermiques et un travail de licences sur des bassins houillers — ce qui plombe toute lecture « pure player ENR » si ces voies devaient se concrétiser (page corporate EBD). Troisième risque : homonymie et confusion médiatique possible avec d’autres « Ünal » ou groupes turcs aux sigles proches ; il convient de coller aux filiales et aux permis (EBD, Köroğlu/Kotanlı, numéros d’enregistrement) pour ne pas mélanger les actifs.
5. Positionnement stratégique
Avec 185 MWe aujourd’hui et 500 MW annoncés « sous cinq ans », Ünal/EBD vise une phase d’empilement de capacités typique des entrants mid-cap turcs dans l’hydro (article Dünya). Le contexte macro : Turquie, besoin d’électricité, mais aussi pression sur l’eau et sentiment anti-barrage localisé. Périmètre Turquie non ambigu dans les sources citées (sites .tr, localisation Ardahan/Kars, registres nationaux) ; le « pays non précisé » du brief se résout factuellement en République de Turquie sur la base de ces preuves. Les rapports RSE format CSRD ou analyses ADEME / Connaissance des Énergies dédiées à cette filiale n’ont pas été identifiés dans la veille réalisée pour cette fiche.
Verdict WattsElse
Ünal Şirketler Grubu tenu le chiffre du giga-hydro anatolien ; l’enjeu, c’est celui qu’oublient les courbes de marché : qui paie l’eau quand l’électricité devient « verte » sur le papier.
Sources : unal-group.com · enerjiatlasi.com · ebdenergy.com · ebdenergy.com · ebdenergy.com · mekasist.com · dunya.com · unal-group.com · anayurtgazetesi.com · ardahangazetesi.tr · ebdenergy.com
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