Énergiestro
Entre béton et vide, l’histoire d’Énergiestro tient moins d’un pitch qu’ d’un atelier de mécanique : l’ingénierie belfortaine veut prouver qu’un dispositif inertiel à base de béton précontraint — le VOSS (Volant de Stockage Solaire) — peut rivaliser sur le coût du cycle de vie avec l’hégémonie des batteries, tout en captant l’euphorie des grands comptes sur…
À propos de Énergiestro
1. Modèle économique
La société — fondée par André et Anne Gennesseaux et aujourd’hui ancrée côté Essert (Territoire de Belfort) — vend l’idée d’un stockage par masse tournant sous vide, ciblant d’abord l’autoconsommation et le lissage des profils solaire/éolien, y compris pour des sites isolés (relais télécom, zones rurales) selon la ligne produit de la PME. Le modèle, tel que le décrivait l’entrepreneur auprès de la presse locale, s’inspire d’abord d’usines proches et d’un principe de franchisage pour l’étranger — logique d’amortissement de transport du “béton frais” et d’adressage de marchés Sud global. Côté financement, un tour de table de 10 M€ en 2022 a introduit le groupe Filatex (environ 41 % du capital selon le même épisode de presse), tandis qu’un bundle d’investissements d’environ 12 M€ visait l’usine pilote autour de Belfort, avec l’aide d’instruments publics (fonds Maugis, soutien régional). Un chiffre d’affaires récent n’a pas été identifié dans les sources consultées (communiqués, presse spécialisée) : c’est aujourd’hui encore, selon toute vraisemblance, une structure d’innovation lourde dont la marge d’auto-financement repose sur la prochaine phase d’industrialisation et d’of take concrets.
2. Impact réel
L’angle écologique tient à substituer une masse ciment à des rotors d’acier et à promouvoir, selon l’écosystème, une intégration d’électricité renouvelable variable dans des profils 24h (voire, selon l’argument du concepteur auprès de Traces Écrites, une empreinte carbone du ciment nettement plus faible que celle d’un kilo d’acier, ce qui, dans la comparaison, joue le rôle d’atout matières). Côté promesse d’amont : des durées d’usage annoncées de plus de 30 ans sur des cycles mécaniquement généreux, à mettre en regard des 8–10 ans typiques d’un pack batterie. La jauge d’impact carbone totale, elle, n’est pas dans les chiffres publics retenus ici (ACV complète, mix ciment, transport, chutes de rendement) : c’est le point exact où l’on passe du narratif matériau-versus-acier à l’audit cycle de vie. Le cadre national des EnR et de la flexibilité — y compris les débats sur l’intérêt du stockage d’électricité (étude de référence pour les arbitrages système) et les trajectoires de mix — place de toute façon le stockage inertiel dans une niche de court/moyen terme, loin de la neutralité saisonnière que visent d’autres leviers.
3. Innovations / partenariats
Le cœur de la fiche technologique est le béton précontraint tournant à très haute vitesse périphérique (ordre de grandeur 4 000 tr/min et cible 200 €/kWh évoqués par des analyses d’experts), des modules de 10 kWh à l’échelle mégawatt-hour en puissance/énergie (fourchettes 10 kWh–1 MWh évoquées en littérature de marché) et une gouvernance d’investissement stratégique pour déverrouiller l’usine et, via Filatex, un débouché africain. Sur l’eau, la presse a relayé des bêta-tests impliquant des majors de l’énergie, dont le troisième pôle, dans un article sur la phase de tests client, citant EDF, Engie et Voltalia — signal pipeline commercial, non encore de contrats récurrents publicisés au niveau d’un grand appel d’offres. L’historique d’[subventions] d’Horizon 2020 et les labels BPI / régionaux restent, eux, le dossier de preuve d’innovation côté institutions.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, le décalage entre promesses d’échelle industrielle (annonces 2022/2024, report vers 2025 côté territoire) : la fiche d’honnêteté d’Énergiestro tient moins d’un jingle “green” que d’une trajectoire d’amélioration continue de TRL. Ensuite, la physique : les relectures d’élus wallons insistent sur les pertes par frottement et, ce faisant, sur une dégradation d’auto-décharge — ce qui, si c’est vérifié sur site, pousse la techno vers la journée plutôt que le surlendemain : ce n’est pas le même vert que pour une batterie de 7 jours. Enfin, le béton n’est pas un lingot d’acier : l’hétérogénéité du ciment, fatigue cyclique, fissuration : autant d’[angles d’[interrogation] que les bancs d’essai devront tuer, à défaut d’accuser. L’enchaînement subvention → démonstrateur est légitime en deep-tech, mais s’inscrit, sans LCOE vérifié, dans une dépendance aux appels publics et aux fonds d’innovation tant qu’un P&L** industriel n’apparaît pas.
5. Positionnement stratégique
Dans le grand chambardement du stockage (batteries en chute, Sobrig modulaire des GWh, règles de marché d’équilibrage), l’offre d’Énergiestro vise l’angle d’[attaque] “low-capex, long-life” — proche, sur le plan conceptuel, d’Arbitrage matériau / rendement — avec un ancrage local Bourgogne-Franche-Comté prêté à l’image de “réindustrialisation** stockage”. L’installation d’un [VOSS à Paris-Saclay] confirme la quête d’[écosystèmes] innovation côté Ile-de-France ; c’est, pour l’instant, plus signal d’[ambition] technologique que preuve d’un carnet de commandes** millard.
Verdict WattsElse
Énergiestro parie que la démocratisation du stockage ne passera pas seulement par le lithium, mais le pari tient moins d’un match matériau qu’ d’un test longue durée de froid économique : tant que la LCOE stockage béton ne sort pas des bâches d’usine, c’est l’incertitude physique — pas le storytelling — qui fera d’eux, ou non, l’un des noms d’une transition en stockage réel.
Sources : tracesecritesnews.fr · pv-magazine.fr · aer-bfc.com · energiestro.fr · artelys.com · ademe.fr · conseils.xpair.com · greenunivers.com · letrois.info · energiestro.fr · ec.europa.eu · parlement-wallonie.be · economie.gouv.fr · lesechos.fr · energiestro.fr
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