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VARO Energy

Le groupe issu de la fusion entre VARO Energy et Preem revendique un modèle « twin-engine » : moitié moteur conventionnel, moitié bas-carbone dans les bénéfices.

« Raffineur suisse à l’échelle continentale moitié vert sur le compte de résultat »

À propos de VARO Energy

1. Modèle économique

VARO Energy opérait comme intégrateur downstream (raffinage, logistique, stations de marque, électricité et mobilité) avant de constituer avec Preem la structure VAROPreem, dont le siège est en Suisse et la direction est confiée à Dev Sanyal en qualité de dirigeant du groupe (Wikipédia anglophone). L’actionnariat historique de VARO reposait sur Carlyle et Vitol (communiqué sur l’acquisition de Preem). Les revenus proviennent essentiellement de la vente de carburants et de services associés (industrie, mobilité lourde, marine), complétés par le biogaz, les fluides bas-carbone et, depuis l’acquisition d’elexon, la recharge de véhicules utilitaires dans 16 pays. La stratégie « Twin-Engine » affiche l’objectif que 50 % de l’EBITDA (moteur durable, « Engine 2 ») soit atteint dès 2025 sur une base pro forma (page stratégie). Les effectifs de VARO seuls étaient d’environ 1 530 salariés au 31 décembre 2024 selon le rapport RSE 2024 — chiffre antérieur à l’absorption de l’effectif Preem ; le chiffre d’affaires consolidé post-fusion n’a pas été retenu ici à partir d’agrégateurs tiers (fourchettes contradictoires) : se référer au rapport annuel 2024 et aux publications VAROPreem pour les agrégats audités.

2. Impact réel

Le rapport RSE 2024 indique 2,9 millions de tonnes de CO₂e évitées pour les clients en 2024 (+14 % par rapport à 2023), une progression cohérente avec l’accélération des offres bas-carbone. Après fusion, le groupe revendique environ 10 % des besoins européens en carburants routiers et marins et une capacité de 1,3 million de tonnes/an de carburants renouvelables (communiqué de création de VAROPreem). Le volet gaz affiche une capacité biométhane d’environ 450 GWh/an, avec un projet d’extension à 600 GWh/an à Coevorden (rapport RSE 2024), ce qui contribue mécaniquement à la substitution du gaz fossilier dans certaines régions mais reste tributaire du pilotage des intrants agricoles et des bilans vie cycle au sens des cadres européens (RED, ambition climat transports).

3. Innovations / partenariats

L’acquisition à 100 % d’elexon vise à ancrer l’empreinte « Engine 2 » dans la recharge des flottes professionnelles. En février 2026, la filiale Preem annonce l’approvisionnement en Norvège d’un HVO100 labellisé Nordic Swan, « Preem Redefine », avec une revendication de −90 % d’émissions de CO₂ par rapport au diesel fossilier (communiqué Cision) — fichier typique du segment x-to-liquid / hydrotreatment porté par le raffinage avancé. Le rapport RSE met en avant une notation EcoVadis dans le top 6 %, signal de contractualisation « ESG » côté grands acheteurs. La finalisation du rapprochement avec Preem le 16 janvier 2026 parachève l’outil industriel (530 kbd sur six sites : Suède, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, etc., selon le même communiqué).

4. Greenwashing / zones grises

La pression sur le bilan carbone reste structurelle : la moitié des bénéfices provient encore du moteur conventionnel (« Engine 1 ») dans la narration Twin-Engine (stratégie), en parallèle d’une capacité fossile affirmée à 530 kbd (communiqué du 16 janvier 2026) : le verdissement financier peut coexister longtemps avec un actif brut dark brown. Du côté financement, l’acquisition de Preem s’est faite via un paquet de dette élargissant le syndicat à 30 institutions, ce qui élève mécaniquement l’exigence de cash-flow vers les banques et peut pencher les arbitrages d’investissement bas-carbone en cas de contango ou de choc sur les spreads raffinage. Sur les biocarburants avancés et « déchets », le débat public et les ONG européennes portent sur la traçabilité des intrants et le risque de surestimation des volumes « durables » — cadre dans lequel s’inscrivent les HVO commercialisés par l’industrie pétrolière (analyse Transport & Environment) ; ce n’est pas un procès en intention contre VAROPreem, mais un contrepoint sectoriel obligé à toute promesse de −90 % sur cycle de vie (argumentaire Preem / Cision). Gouvernance : l’historique private equity + trading (Carlyle / Vitol) fixe un horizon de rendement qui peut entrer en tension avec des cycles d’amortissement longs sur EnR et infrastructures.

5. Positionnement stratégique

VAROPreem se présente comme le 2e producteur européen de carburants renouvelables et un acteur global de premier plan sur ce segment (communiqué du 16 janvier 2026), avec une logistique affirmée à plus de 120 terminaux et une présence commerciale dans 33 pays. Dans le contexte PPE III et ReFuelEU Aviation / Maritime, un tel volume offre des crédits d’incorporation et des postes d’export vers les clients soumis aux quotas — à condition que la régulation ne resserre pas trop vite les critères sur les matières premières et que le spread raffinage-renouvelable reste favorable.

Verdict WattsElse

VARO a franchi le rubicon de l’échelle : VAROPreem incarne le pari industriel d’un raffineur qui veut que la moitié de sa valeur ressemble à une utility bas-carbone, pendant que l’autre moitié continue de digérer du brut à 530 kbd — pari tenable si la dette et la régulation des biocarburants restent alignées ; sinon, le twin-engine peut sonner comme deux chronos sur la même montre.

Sources : varopreem.com · en.wikipedia.org · varoenergy.com · varoenergy.com · varoenergy.com · varopreem.com · news.cision.com · transportenvironment.org

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