WPD Onshore Aldermyrberget AB
Il portait encore le nom de wpd Onshore Aldermyrberget AB avant de devenir la coquille juridique d’un fonds allemand : cette société suédoise tenait le parc éolien d’Aldermyrberget, fleuron nordique en chiffres, cauchemar en cash-flow.
À propos de WPD Onshore Aldermyrberget AB
1. Modèle économique
La société 556823-2853 — aujourd’hui EB EEE LHI Vindkraftpark Aldermyrberget AB, identifiée comme ex-wpd Onshore Aldermyrberget AB dans les annonces de faillite — est une SPV de production : elle détient et exploite (via prestataires) 17 éoliennes Vestas V150 pour une puissance d’environ 71–72 MW, avec une production annuelle annoncée autour de 270–275 GWh (wpd Suède, Power Technology). Les revenus reposent sur la vente d’électricité et, dans la phase critique, sur un PPA de 15 ans avec Boliden Mineral AB : lorsque le vent ne suffisait pas pour livrer les volumes contractés à prix fixe, la société devait combler sur le marché spot, mécanisme décrit dans la presse énergétique comme central dans la déroute (Montel News). Après l’acquisition par les fonds LHI et EB-SIM en mai 2022 depuis wpd (communiqué LHI), la chaîne de valeur reste externalisée : gestion technique/commerciale confiée à wpd windmanager AB selon les pages projet (wpd Suède). Les comptes publics disponibles sur registres affichent une activité rentable en volume, ruineuse en résultat : 75,6 MSEK de chiffre d’affaires pour environ –55 MSEK de résultat net sur le dernier millésime mis en avant par les agrégateurs (Allabolag), avant la procédure collective.
2. Impact réel
Sur le papier, Aldermyrberget incarne l’éolien terrestre nordique à grande échelle : turbines très hautes (~230 m en bout de pale selon les fiches techniques), site à environ 7 km au nord de Jörn, commune de Skellefteå, Västerbotten (GEM Wiki). La production évoquée — ~270 GWh/an — équivalent à la consommation d’un ordre de 50 000 foyers dans les communications du secteur (Power Technology). Pour la neutralité carbone à l’échelle de l’UE, ce type d’actif va dans le sens des trajectoires de décarbonation visées par les cadres européens type PPE ; en revanche, aucune donnée officielle ADEME ou fiche sectorielle française ne rattache ce parc suédois à un bilan CO₂ publié sous cette société — raisonnable, puisque le reporting climat pertinent serait plutôt à la maille du nouveau propriétaire après cession. L’impact « réel » demeure donc massif en MWh, mais mal capitalisé financièrement, ce qui fragilise la pérennité de l’outil même quand les pales tournent.
3. Innovations / partenariats
Le projet est avant tout un standard industriel premium : plateforme Vestas, hub élevé, intégration dans un bassin mine–industrie où les acheteurs d’électricité sont structurants (wpd Allemagne sur les fondations). L’« innovation » la plus marquante est transactionnelle : première percée scandinave pour EB-SIM et entrée suédoise pour le véhicule LHI, avec PPA privé présenté comme étai commercial au moment du closing (LHI). Côté juridique, les cabinets ont surfé sur une opération de transfert d’actifs clé en main (Mannheimer Swartling sur la transaction), avant que la couche PPA + fonds ne révèle une sensibilité extrême au risque de volume.
4. Greenwashing / zones grises
Le décor « infrastructures vertes allemandes en Suède » masque une exposition balistique au marché : selon la chronologie relayée par Montel, la contrepartie Boliden confirme la dimension PPA / reconstruction du dossier (Montel sur Boliden), puis le producteur résilie le contrat début 2025, ouvrant voie à indemnités et contentieux (Montel sur la résiliation). Les bilans de faillite cités par la presse financière suédoise parlent d’environ 1,47 milliard SEK de dettes pour ~458 millions SEK d’actifs et placent Boliden comme créancier majeur (centaines de millions SEK) (Dagens PS). Parallèlement, Norran relie directement la procédure à la combinaison PPA rigide + problèmes techniques, incluant la mention d’une chute de tour (Norran (EN)). Ce n’est pas du « greenwashing » classique : c’est le risque qu’un label renouvelable serve de vitrine à une structure de billet à ordre où la nature du contrat prime sur la couleur du courant.
5. Positionnement stratégique
Pour 2026, l’administrateur vise une cession des actifs au printemps, avec plusieurs pistes d’acheteurs et une logique de répartition créancière où kfW IPEX-Bank apparaît comme partie prenante sécurisée dans les récits de presse (Norran (EN)). Dans un marché européen où les PPA structurent la finance des EnR, Aldermyrberget sonne comme anti-manuel : volume obligatoire, prix fixe, spot comme amplificateur de pertes. Pour repreneurs et banques, l’affaire est un laboratoire de clauses ; pour les régulateurs et acheteurs industriels, un rappel que la valeur verte est aussi une option sur la volatilité.
Verdict WattsElse
wpd Onshore Aldermyrberget AB, quel que soit le tampon EB EEE LHI qui a fini sur l’en-tête, prouve qu’un parc peut être à la fois climatiquement utile et financièrement mort-né : les tours dominent la forêt, mais ce sont les lignes du contrat qui ont tranché le bilan — jusqu’à la faillite du 16 mai 2025 et une vente qui décidera si l’actif redevient une infrastructure ou un cas d’école.
Sources : wpd.se · power-technology.com · montelnews.com · lhi.de · allabolag.se · gem.wiki · wpd.de · mannheimerswartling.se · montelnews.com · dagensps.se · norran.se · konkurs.nu
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