Zabalgarbi
L’incinération valorisée comme acteur de la « économie circulaire » basque : Zabalgarbi tient une place centrale dans la couverture électrique des foyers de Biscaye, mais son compte 2024 crie un autre récit — et les oppositions écologistes contestent la part réellement « renouvelable » du courant qu’elle exporte.
À propos de Zabalgarbi
1. Modèle économique
Zabalgarbi exploite une unité de valorisation énergétique de déchets d’ampleur régionale : sur son périmètre corporate, elle indique traiter l’équivalent d’environ 225 000 tonnes/an de refus de tri et produire autour de 650 GWh nets/an, ce qui représenterait environ 30 % de la consommation domestique de Biscaye (données clés). La société est immatriculée comme ZABALGARBI, S.A. à Bilbao, avec pour cœur métier le traitement et l’élimination des déchets avant la filière électricité (fiche entreprise). Les comptes déposés relayés par ce classement montrent une forte volatilité du chiffre d’affaires : 54 274 934 € en 2024, en repli de 33,36 % après un pic à 81,4 M€ en 2023, et un résultat net négatif de −1 239 268 € sur l’exercice 2024 (même source). La presse régionale a par ailleurs chiffré à 7 millions d’euros une parade de maintenance lourde (Deia), en ligne avec les investissements « durabilité » détaillés dans le rapport RSE 2024. La performance économique reste donc sensible aux prix de l’énergie, aux volumes de déchets entrant, et au calendrier d’investissement.
2. Impact réel
Sur le registre « bilan carbone » tel que porté par l’opérateur, l’installation revendique des gains d’efficacité énergétique — par exemple une baisse de 36 % de la consommation de gaz naturel après la mise en service d’une « turbine froide » (rapport RSE 2024) — et un filtre à manches financé à hauteur de 7 M€ pour abattre 50 % à 70 % des émissions de particules (Deia). En termes de déchets évité en décharge, le bilan 20 ans avancé dans la presse spécialisée évoque 4,5 millions de tonnes traitées et 10 millions de MWh produits (Estrategia Empresarial). À mettre en perspective : aucune fiche publique type ADEME ou Connaissance des énergies n’a été repérée pour cette centrale hors territoire français ; le débat européen sur la hiérarchie des déchets et le qualificatif « renouvelable » du WtE reste donc le vrai référentiel, plus que la PPE3 nationale.
3. Innovations / partenariats
Un volet industriel et numérique a été explicité : plan de 20 M€ sur trois ans mêlant IA, jumeau numérique et pilotage temps réel pour fiabiliser la valorisation (Residuos Profesional), dans la continuité des messages du cluster basque. Fin 2025, la centrale a annoncé la mise en service d’un surchauffeur visant à resserrer le rendement thermique et à réduire fortement l’appoint gazier (Basque Energy Cluster) ; le fabricant Lointek revendique un équipement de surchauffe dans ce chantier (communiqué industriel). Côtier RSE institutionnelle, la société met en avant un prix PME ESG 2025 à Bilbao (retour d’événement corporate).
4. Greenwashing / zones grises
Le discord entre discours d’« économie circulaire » et analyse du mix réel structure le risque réputational. Des voix écologistes citent des ordres de grandeur chiffrés : 15 % d’électricité réellement renouvelable et 70 % issus du gaz naturel dans la logique du site, au-delà de la part issue des seuls déchets (Osalde). Dans la presse basque, une tribune a porté des émissions de CO₂ évaluées entre 200 000 et 300 000 tonnes/an, et une critique frontale du verdissement de l’incinération face aux leviers réduction / recyclage (GARA via Naiz). Le contre-récit n’annule pas les données d’exploitation publiées par l’opérateur, mais il oblige à séparer nettement « éviter la décharge », « émissions atmosphériques » et « décarbonation du mix électrique ».
5. Positionnement stratégique
La feuille de route affichée est claire : mordre sur le gaz (objectifs de réduction d’appoint portés par la turbine froide, puis le surchauffeur et la décarbonation de la flamme d’appoint) tout en maintenant une disponibilité élevée — l’entreprise revendique plus de 8 000 heures/an de marche (données clés). Après 20 ans d’exploitation, le narratif « référent Biscaye » est consolidé médiatiquement (Estrategia Empresarial), mais la courbe financière 2024 signale une vulnérabilité à un environnement prix/volumes plus dur. Dans le cloisonnement européen WtE, l’enjeu n’est plus seulement technologique : il est politique, au croisement déchet / électricité / acceptabilité locale.
Verdict WattsElse
Zabalgarbi incarne le pari industriel basque : tenir un tiers de la prise murale biscayenne en sortant de la poubelle un flux électrique hautement piloté, mais au prix d’un appoint fossile contesté et d’une ligne rouge comptable qui est revenue au rouge en 2024. La transition annoncée vers un appoint gazier marginal ne réglera pas seule : elle devra convaincre au-delà du bilan carbone corporate.
Sources : zabalgarbi.com · empresas.economiadigital.es · deia.eus · zabalgarbi.com · deia.eus · estrategia.net · residuosprofesional.com · basquenergycluster.com · lointek.com · zabalgarbi.com · osalde.org · naiz.eus
Données clés
- Forme
- sociedad anónima
- Siège
- Bilbao, Spain ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q113464389
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