2gré
La filiale « Chaleur & Froid » du groupe Arverne ne vend pas une marque : elle vend du gigawatt-heure bas-carbone sous contrats longs.
À propos de 2gré
Point d’identité : il s’agit bien de 2gré, bras « production » de chaleur géothermique du groupe français Arverne (filiale dédiée à la vente de chaleur géothermale), distincte d’homonymes sans lien sectoriel. Selon le répertoire SIRENE, le siège légal de la SAS 2GRE est à Estillac (Lot-et-Garonne), pas à Sainte-Florence : la ville indiquée dans le cache interne ne correspond pas aux données légales trouvées pour cette entité.
1. Modèle économique
Le cœur du métier est la vente de chaleur issue de la géothermie profonde ou doublets, dans une chaîne de valeur intégrée au groupe : études de ressource, forages avec les équipes du groupe, puis exploitation-maintenance sur la durée — souvent dans des montages SPV et des contrats de concession à 30 ans. Le contrat phare porte sur Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan : environ 90 M€ d’investissement annoncés, réseau étendu à 26 km et 115 GWh/an de capacité cible à horizon 2031, avec une concession sur trente ans (ThinkGeoEnergy).
Au niveau consolidé Arverne, l’activité « Chaleur & Froid » — où s’inscrit la contribution de 2gré — affiche un premier volume significatif : 844 k€ de volume d’activité brut et un premier chiffre d’affaires de 0,8 M€ en 2025, issu notamment du démarrage du projet francilien (communiqué de résultats 2025). Le groupe annonce parallèlement un précontrat portant sur 150 M€ sur 30 ans pour un projet couvrant jusqu’à 12 000 logements, structuré via un premier SPV de 26 M€ (même source).
À l’échelle de la SAS 2GRE elle-même, les fichiers accessibles en ligne font encore état d’une structure embryonnaire commerciale fin 2024 : perte nette d’environ 1,92 M€ pour un chiffre d’affaires quasi nul et neuf salariés déclarés (base entreprises du Figaro) — signal utile pour comprendre pourquoi la solidité économique perçue repasse avant tout par Arverne et ses montages de projet.
2. Impact réel
Sur Roissy-Charles-de-Gaulle, les forages menés pour le Groupe ADP se sont achevés en février 2025, avec une couverture annoncée de 35 % des besoins en chauffage du site et 19 000 tonnes de CO₂ évitées par an (résultats annuels Arverne).
Chez Safran Villaroche, la géothermie du Dogger doit couvrir 84 % des besoins énergétiques du site fin 2026, avec une évaluation à 30 M€ des investissements et des forages jusqu’à 1 650 m (dépêche AFP relayée par Connaissance des Énergies) ; le volet exploitation-maintenance s’inscrit dans un groupement avec Dalkia (communiqué Dalkia).
Pour Clichy/Livry, le projet est présenté comme un réseau à 91 % d’énergies renouvelables, avec 20 000 tonnes de CO₂ évitées par an à terme (ThinkGeoEnergy). Ces ordres de grandeur vont dans le sens des trajectoires réseaux de chaleur et chaleur renouvelable portées par la PPE : la direction d’Arverne cite explicitement une cohérence avec les objectifs de programmation pluriannuelle de l’énergie à horizon 2035 (Business Wire).
3. Innovations / partenariats
La filiale a mené une campagne sismique 3D sur 100 km² en Auvergne fin 2024, avec 12 000 capteurs acoustiques déployés pour cartographier le sous-sol sous permis exclusif de recherches (actualité Euronext).
Sur le marché, Arverne noue des alliances territoriales — financement via Crédit Agricole Pyrénées Gascogne Énergies Nouvelles et soutien régional via le fonds Terra Énergies aux côtés de la Banque des Territoires — pour accélérer des projets RCU et industriels (résultats 2025). Bpifrance entre au capital du groupe à 4,06 % (même communiqué), renforçant le profil « infra-transition » de la maison mère.
4. Greenwashing / zones grises
La promesse « locale et bas-carbone » repose sur du forage profond et des réseaux longs à amortir : ce n’est pas du greenwashing factuel, mais un risque de surestimation communicationnelle si l’on présente chaque avant-projet comme acquis avant livraison effective des GWh.
Une tension chiffrée et sourcée tient au socle financier : pour la SAS 2GRE, une perte nette de 1,92 M€ sur 2024 pour un CA quasi nul illustre une phase de croissance encore absorbée par la maison mère (données société). À l’échelle groupe, le résultat net part du groupe se creuse à −20,7 M€ en 2025 malgré la progression du chiffre d’affaires (Business Wire) — ce qui conditionne la capacité à porter un pipeline annoncé à ~100 projets et ~5 TWh de potentiel (même source).
La viabilité du megaprojet francilien est explicitement adossée au soutien des partenaires publics : ADEME et la Région Île-de-France sont cités parmi les financeurs du programme à 90 M€ (ThinkGeoEnergy). Enfin, la documentation réglementaire du groupe détaille des risques géomécaniques et géothermiques propres aux projets de subsurface (document URD 2024) — un rappel utile contre tout discours trop lisse sur « zéro friction » avec les milieux naturels et riverains.
*(Nous n’avons pas retrouvé, dans cette passe rapide, de condamnation pénale ou administrative publique et vérifiable directement attribuée à 2gré : pas de litige cité ici.)*
5. Positionnement stratégique
2gré incarne la verticale « production thermique » d’Arverne : du permis au contrat de concession, avec une focalisation Île-de-France / Dogger annoncée comme levier majeur (résultats 2025). Le signal récent est double : premiers euros comptabilisés en Chaleur & Froid, et socle institutionnel renforcé (Bpifrance, partenariats bancaires et régionaux) pour absorber des capex massifs (investissements groupe 38,6 M€ en 2025, en net retrait vs plan initial ; Business Wire).
Verdict WattsElse
La géothermie « vendue » par 2gré est une industrie lourde déguisée en utility locale : vous y gagnez des tonnes de CO₂ évité sur le papier, mais la partie la plus spectaculaire du spectacle reste la capacité d’Arverne à transformer du permis et du précontrat en chaleur livrée et facturée — avec la facture publique au premier rang quand il s’agit de décarboner des quartiers sensibles.
Sources : 2gre.fr · annuaire-entreprises.data.gouv.fr · thinkgeoenergy.com · businesswire.com · entreprises.lefigaro.fr · connaissancedesenergies.org · dalkia.fr · live.euronext.com · arverne.earth
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Karsholms Gods AB
Le domaine scanien ne se contente plus de forêts et d’Angus : il s’apprête à accueillir l’un des plus vastes parcs solaires de Suède, porté par un développeur spécialisé.
Voir la ficheEnerjisa Üretim A.Ş.
Producteur électrique turc à portefeuille diversifié, Enerjisa Üretim A.Ş.
Voir la ficheAcciaierie d'Italia
À Tarente, l'ex-ILVA s'appelle Acciaierie d'Italia.
Voir la ficheJärvi-Suomen Voima Oy
Filiale industrielle à l’ombre du grand distributeur régional Suur-Savon Sähkö, Järvi-Suomen Voima Oy incarne une énergie dite « renouvelable » très concrète : cogénération biomasse, vapeur et réseaux de chaleur autour du lac Saimaa.
Voir la ficheENEA Consulting
Le gourou du conseil en stratégie qui promet la décarbonation tout en multipliant les bureaux aux quatre coins du globe.
Voir la ficheSPP Two Co Ltd (SPP 2)
* Derrière l’étiquette « SPP 2 » ne se cachent pas des gigawatts d’éolien, mais une filiale industrielle rayongaise au gaz, rangée dans le giron PTT via GPSC.
Voir la ficheSaras SpA
Saras était le dernier grand raffinage italien encore coté jusqu’à l’arraisonnement par Vitol en 2024 : désormais ferré sur la logistique fossilifère méditerranéenne, avec un contrepoint judiciaire chiffré sur le benzène en Sardaigne.
Voir la ficheH. RIO HONDO SA
À Santiago del Estero, une hydraulique « vintage » tient encore les manettes du barrage et du lac : Hidroeléctrica Río Hondo S.A.
Voir la ficheSouthWest Energy
** Société d’amont née en 2005 à l’initiative de Tewodros Ashenafi, SouthWest Energy incarne la tentation d’un pétrole « national » dans l’Est et l’Ouest du pays — avec des superficies qui font pâlir les permis européens et un baril commercial qui, selon les éléments publics disponibles, tarde à confirmer la promesse.
Voir la ficheErby
Le fichier de départ confond probablement signal lexicographique et société : sur Wikidata, Erby est répertorié comme nom de famille, pas comme entreprise du secteur énergie.
Voir la ficheUNISOFIA
Dans les bases de données européennes et les projets H2020, UNISOFIA n’est pas une start-up : c’est l’alias courant de l’Université de Sofia « Saint-Clément d’Ohrid » (Bulgarie).
Voir la ficheSATT SAYENS
Ce n’est pas un producteur d’énergie : SATT Sayens est l’opérateur français qui fait le lien entre laboratoires publics et industrie sur le quart Nord-Est.
Voir la ficheEnergieerzeugungsgesellschaft Greifswald GmbH
Une étiquette Pétrole & Gaz recouvre ici tout autre chose qu’un géant coté à Londres ou Houston : il s’agit d’un bouclier historique allemand absorbé depuis des années dans le groupe municipal Stadtwerke Greifswald (Greifswald–Grimmen, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale).
Voir la ficheEDP Produção
EDP Produção n’est pas un « grand nom » international isolé : c’est le bras armé lisboète du groupe EDP, là où l’on pilote barrages, thermique et flexibilité sur le réseau portugais, pendant qu’ailleurs EDP Renováveis engrange l’éolien et le solaire à l’échelle globe.
Voir la ficheSWEP International AB
Maître des échanges de chaleur, SWEP transforme discrètement la clim en une affaire plus verte, sans faire trop de bruit.
Voir la ficheCity of Cape Town
La City of Cape Town n’est pas une « entreprise » classique : c’est la municipalité métropolitaine qui gouverne Le Cap et une grande partie de sa couronne (Afrique du Sud), avec un rôle central de distributeur et de facturier de l’électricité pour des millions de foyers et d’activités.
Voir la ficheDoreen Power
À Dacca, Doreen Power n’est plus une centrale : c’est une structure financière accrochée à trois IPP fioul qui encaissent encore des PPAs, pendant que les contrats mère s’effondrent.
Voir la ficheFHNW
La FHNW n’est pas une start-up EnR : c’est l’une des plus grosses hautes écoles appliquées de Suisse, promise à la neutralité institutionnelle tout en digérant une facture d’inflation que les cantons refusent de prendre en charge.
Voir la ficheLeiden University Medical Center
Centre hospitalier universitaire néerlandais rattaché à l’Université de Leyde, le LUMC cumule ambitions climat (« Green Deal », blocs opératoires « verts ») et tempêtes hors du cadre strictly énergétique : intégrité de la recherche et héritage d’une banque de sperme mal tenue nourrissent un risque réputationnel qui peut grignoter la légitimité même de ses…
Voir la ficheMeraj Oil
Meraj Oil se présente comme un intégrateur : négoce international de pétrole et de produits raffinés, ingénierie de raffineries et spécialisation bitumine (grades 60/70, VG-30, unités batch ou continues).
Voir la ficheE-NEO
Née sur l’ex-site Michelin de La Roche-sur-Yon, la scale-up avait visé 250 kits par an à horizon 2026 avant une liquidation judiciaire en mai 2023 qui a tout fait vaciller.
Voir la ficheAlbedo Bs Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Le nom ressemble à une start-up photovoltaïque « importée » ; il désigne en réalité une société anonyme turque de production d’électricité, Albedo BS Elektrik Üretim A.Ş., épinglée sur la Sakarya à la lisière d’Ankara et d’Eskişehir.
Voir la ficheSafran Aircraft Engines
Le cœur du groupe Safran bat où l’on forge les turboréacteurs — civil, militaire, spatial.
Voir la fiche