Énergies renouvelables

Altek Alarko Elektrİk Santrallari Tesİs İşletme Ve Tİcaret Anonİm Şİrketİ

Filiale de production du groupe Alarko, Altek incarne le paradoxe d’un opérateur rangé côté « EnR » dans les taxonomies marketing alors que l’essentiel de ses mégawatts sort encore d’une méga‑centrale au charbon importé.

« Turquie : batteries à l’offensive charbon à la bagarre réseau à la manœuvre »

À propos de Altek Alarko Elektrİk Santrallari Tesİs İşletme Ve Tİcaret Anonİm Şİrketİ

1. Modèle économique

Altek Alarko Elektrik Santralları Tesis İşletme ve Ticaret A.Ş. exploite un parc de 1 539 MW, que le groupe situe à environ 2 % de la capacité installée nationale (rapports et états financiers, parc détaillé). Le modèle repose sur la production et la vente d’électricité avec un actif structurant : Cenal Karabiga (1 320 MW, charbon importé, participation 50 %), complété par l’hydraulique (86 MW), le solaire (51 MW, 50 %) et des actifs thermiques à cycle combiné selon les licences en vigueur (projet Karabiga, site Altek). Côté groupe, la « Energy Group » (production + distribution, dont Meram) a représenté 96 % de l’EBITDA combiné en 2023 selon la présentation investisseurs : la performance consolidée d’Alarko reste otage de la grande thermique, même lorsque l’image publique met l’accent sur l’éolien, le solaire ou le stockage. Chiffre d’affaires et effectifs ramenés uniquement à Altek (hors consolidation Alarko / KAP) : non retrouvés dans les extraits publics utilisés pour cette fiche ; le détail figure dans les annexes aux comptes publiés sur KAP et le rapport intégré 2024.

2. Impact concret

Le bilan MW est sans ambiguïité : ~86 % de la capacité déclarée correspond au charbon (1 320 / 1 539), contre 86,6 MW hydro et 51 MW photovoltaïque (site Altek). L’empreinte gaz à effet de serre associée au parc thermique domine donc l’impact climatique du portefeuille, quel que soit le discours sur les énergies « vertes ». Les bases indépendantes rappellent le poids de Cenal comme actif charbonnier majeur (fiche Global Energy Monitor) ; la présence du groupe sur des listes de sortie du charbon (Global Coal Exit List) cristallise le repositionnement attendu par les investisseurs climat. Les objectifs PPE3 ou fiches ADEME ne s’appliquent pas au producteur turc, mais l’écart avec une trajectoire 1,5 °C « classique » européenne — fermeture programmée du charbon — demeure lisible à l’échelle du mix publié.

3. Innovations / partenariats

En mai 2024, Altek et Gotion Singapore signent un accord pour une coentreprise 60/40 autour du stockage (BESS) et d’une feuille de route LFP en deux temps — assemblage puis filière cellules — selon le communiqué Alarko et la section investissement Alarko‑Gotion. En décembre 2025, le holding annonce des discussions pour une restructuration où Cengiz Enerji prendrait le contrôle opérationnel de Cenal Karabiga (MarketScreener), tandis qu’une licence gaz sur Kırklareli (84,65 MW) fait l’objet d’une décision de clôture réglementée par l’EPDK (MarketScreener) : le portefeuille gaz se recompose pendant que le charbon reste la colonne vertébrale énergétique.

4. Greenwashing / zones grises

La tension est chiffrée : 1 320 MW de charbon pour 1 539 MW totaux publiés sur le site Altek coexist avec un objectif Net Zero 2050 — sans public, dans les extraits consultés, un calendrier assorti de fermeture explicite de Cenal. Le 24 février 2026, l’EPDK rejette les prélicences d’Altek pour des parcs éolien et solaire avec stockage ; la presse spécialisée agrège un portefeuille d’environ 1,5 GW (MarketScreener, Yesilhaber), motive invoquée : absence d’avis de connexion favorable de TEİAŞ. Alarko mentionne l’exploration de voies de recours administratif (communiqués investisseurs). Sur le passif environnemental de Cenal, la documentation juridique sur la segmentation des études d’impact en 2014 reste accessible (ELAW, Hürriyet Daily News) : le contentieux précède l’entrée en service (2017) et alimente encore la méfiance sur l’alignement « durabilité » / réalité opérationnelle.

5. Positionnement stratégique

Altek cherche à incarner la Turquie batteries + EnR, mais février 2026 impose un autre narratif : la capacité de raccorder l’intermittence prime sur la technologie LFP. Les discussions sur Cenal avec Cengiz (MarketScreener) peuvent alléger la perception carbone du groupe sans forcément résoudre la physicalité des émissions si l’actif reste charbonnier sous d’autres mains. La rentabilité d’Alarko, elle, reste structurée par le pôle énergie (présentation investisseurs) — ce qui conditionne toute véritable « transition » vis‑à‑vis des marchés carbone et de capitaux.

Verdict WattsElse

Altek n’est pas une start‑up EnR : c’est une machine à cash-flow thermique qui teste le stockage pendant que le réseau lui refuse ~1,5 GW de renouvelable couplé ; la transition se tranche à Ankara, pas dans un slogan Net Zero.

Sources : alarko.com.tr · altek.alarko.com.tr · alarko.com.tr · alarko.com.tr · kap.org.tr · gem.wiki · coalexit.org · alarko.com.tr · alarko-gotion.com · marketscreener.com · marketscreener.com · alarko.com.tr · marketscreener.com · yesilhaber.net · alarko.com.tr · elaw.org · hurriyetdailynews.com

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