Epyr
Derrière le conteneur et les briques réfractaires, Epyr vend une promesse simple : électrifier la vapeur sans casser le procédé.
À propos de Epyr
1. Modèle économique
Epyr installe et exploite son stockage thermique sur site — équipement en forme de conteneur selon la presse spécialisée — et facture la chaleur au MWh livrée, dans une logique proche d’un « Heat-as-a-Service » (décryptage Challenges). La société couvre hardware et logiciel d’optimisation, avec volonté de fabriquer en sous-traitance tout en gardant la propriété intellectuelle sur le design (même source). En mars 2025, la startup indiquait une équipe d’environ 15 personnes et visait 3 M€ de chiffre d’affaires en 2027, après une levée pré-seed de 3 M€ et une recherche de 15 M€ pour l’industrialisation (Challenges). Aucun chiffre de CA consolidé 2024–2026 n’a été trouvé dans les extraits publics accessibles ici au-delà de ces objectifs ; le siège légal relevé dans les annuaires d’entreprises pointe vers Paris, pas Massy — la localisation Massy doit donc être traitée comme non vérifiée face aux bases INSEE/agrégateurs (fiche type Pappers).
2. Impact réel
Le site corporate insiste sur une chaleur « zéro émission » alimentée par solaire et éolien, avec stockage pour lisser l’intermittence (Epyr). Côté chaîne de valeur, l’enjeu n’est pas décoratif : la chaleur industrielle reste massivement fossile — la fiche EIF rappelle par exemple l’ordre de grandeur ~75 % encore issus des fossiles à l’échelle mondiale, et un quart environ de la consommation énergétique mondiale sous forme de chaleur. Pour Epyr précisément, en l’absence de bilan carbone publié ou de série CO₂ évité auditée trouvable dans les sources consultées, l’impact climat net au niveau site client reste à solidifier par des données opérationnelles post-lancement industriel (pas seulement par des ordres de grandeur sectoriels). L’alignement avec les trajectoires nationales d’électrification des procédés et de sortie du gaz est en revanche lisible dans la cible vapeur / fluides 100–400 °C évoquée dans la presse (cf. Challenges sur la plage >100 °C).
3. Innovations / partenariats
La « nouveauté » mise en avant par les cofondateurs est l’assemblage de briques matures — résistance, céramiques réfractaires, échangeur — plus qu’une rupture de matériau d’un seul tenant (Challenges). Un rendement d’environ 95 % est cité dans ce même entretien. Côté déploiement, Epyr annonce la première unité industrielle française avec le papetier WEPA à Troyes, avec une montée en puissance 2025–2026 (communiqué Epyr ; page d’accueil). La levée de 3 M€ (pré-seed 2025) et des investisseurs incluant AENU, Daphni, OVNI Capital et WEPA Ventures sont documentés dans la presse spécialisée (par ex. Tech.eu). L’EIF mentionne 20+ projets en pipeline européen au 30/01/2026 (case study EIF).
4. Greenwashing / zones grises
Ici, le « risque de greenwashing » est faible au sens accusatoire : il s’agit d’un remplacement explicite de brûleurs par de l’électricité pilotée. En revanche, le modèle porte une exposition macro documentée : L’Usine nouvelle décrit un pari sur les prix de l’électricité bas ou négatifs (surplus EnR) pour tenir la compétitivité face au gaz, avec un conteneur 40 pieds pour limiter les frictions d’implantation — une tension économique chiffrée par le cadre marché plutôt qu’un écart RSE (article 14/02/2025). Par ailleurs, Challenges cristallise une pression de financement : 15 M€ recherchés pour passer la vitesse hardware, dans un environnement VC plus sélectif sur les dossiers capital-intensifs. Enfin, l’aveu d’un montage « plus ingénierie que R&D pure » ouvre la porte à une concurrence par intégration de grands industriels ou EPC — pas un scandale, mais une pression sur la prime techno (même source).
5. Positionnement stratégique
Epyr se place sur un marché européen présenté par certains commentateurs à ~25 Md€ pour la chaleur industrielle (Forbes France) — ordre de grandeur à manier prudemment, mais utile pour cadrer l’ambition. Le signal récent le plus tangible reste WEPA/Troyes : premier pas hors laboratoire, antichambre des répétitions annoncées (20+ intentions côté EIF : page EIF). Dans le paysage réglementaire, la donne pousse à sortir le gaz sur les procédés compatibles ; le nœud sera prix long terme de l’électricité et fiabilité du démonstrateur, pas le storytelling.
Verdict WattsElse
Premier feu à Troyes, vrai test à l’échelle : si le MWh vendu résiste quand les prix bas se font plus rares, Epyr tient un levier ; sinon, elle ne sera qu’un beau pilote dans une guerre de coûts déjà rude pour la vapeur.
Sources : challenges.fr · pappers.fr · epyr.co · eif.org · epyr.co · tech.eu · usinenouvelle.com · forbes.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Dong Energy
** Sur WattsMonde, l’étiquette « DONG Energy » renvoie à ce que le marché appelle désormais Ørsted : le groupe danois né en 2006, passé par le pétrole et le gaz puis rebaptisé en 2017 après la sortie du pétrole amont.
Voir la ficheSirte Oil Company
La Sirte Oil Company (SOC) incarne le paradoxe libyen : des records de brut au cœur du bassin de Syrte, une chimie qui repart, des gazoducs qui sortent enfin de seize ans d’hibernation — et, en arrière-plan, un État toujours tiraillé, où chaque baril dépend autant du budget que du baril lui-même.
Voir la ficheSvenska Vindbolaget AB
Derrière un nom de « société suédoise du vent » se cache une coquille de groupe : filiale à 100 % d’Eolus, sans effectif propre et sans chiffre d’affaires autonome dans les registres.
Voir la ficheEnergía Mendoza
À Mendoza, en Argentine, l’« énergie électrique provinciale » ne se résume pas à une raison sociale unique sur Google Maps : elle s’articule surtout autour d’Empresa Mendocina de Energía (EMESA), société de droit privé à participation publique majoritaire instituée sous la loi provinciale 8 423.
Voir la ficheMouja Tech
Mouja Tech avance, à ce stade, comme une entreprise à très faible visibilité publique.
Voir la ficheResearch Institute of Petroleum Industry
Le Research Institute of Petroleum Industry (RIPI), bras R&D de la National Iranian Oil Company, incarne une tension rarement assumée : publier sur l’hydrogène vert et le stockage solaire tout en servant d’abord à extraire, raffiner et exporter davantage d’hydrocarbures.
Voir la ficheNorth Atlantic Refining
* Sous l’étiquette historique North Atlantic Refining* se tisse un arc Atlantique-Nord pétro ET vert : l’usine de Come By Chance, convertie en diesel renouvelable, a vacillé en 2025 quand le bonus fiscal américain a sauté — avant qu’un chèque provincial ne recolle les morceaux.
Voir la ficheQ Energy France
Q Energy France n’est pas un pure player de l’hydrogène: c’est d’abord un développeur-énergéticien des renouvelables qui ajoute la molécule à son arc quand elle peut valoriser du solaire, de l’éolien et du stockage.
Voir la ficheGENERADORA ELECTRICA SAUCE LOS ANDES S.A.
Au Chili, près de Los Andes, une micro-centrale hydro « de pasada » incarne l’EnR patrimoniale…
Voir la ficheSperlingsholms gods AB
Un domaine familial du sud de la Suède accélère la production d’électricité renouvelable sur ses terres — mais la formule « agro + EnR » bascule au tribunal et dans l’opinion quand l’arbitage se lit en hectares, en couronnes et en gisements alimentaires.
Voir la ficheKronoberget Energi AB
La Suède affiche une ambition climat sérieuse, mais l’éolien y subit désormais le double choc des prix bas et d’une politique énergétique plus nucléaro-centrée.
Voir la ficheX-Elio Chile
X-Elio n’est pas une start-up : c’est une machine à projets PV rachetée par Brookfield pour industrialiser le solaire, y compris dans le désert d’Atacama.
Voir la ficheSendai Solar Power Station
Deux mégaoctets, ce serait ridicule ; deux mégawatts, en revanche, c’est la taille officielle de la Sendai Solar Power Station : une installation photovoltaïque d’Tohoku Electric Power sur le littoral de Shichigahama (préfecture de Miyagi, Japon).
Voir la ficheMagnoric
Le froid pèse lourd dans la facture énergétique mondiale, et encore plus dans la bataille climatique.
Voir la fichePetroSA
Compagnie nationale pétrolière de l’Afrique du Sud, rattachée au Central Energy Fund (CEF) via le Fonds central de l’énergie, PetroSA a longtemps structuré l’espoir d’une souveraineté hydrocarbures ; en 2025-2026, c’est surtout un passif, des procédures fiscales et une raffinerie de Mossel Bay devenue l’emblème d’un gisement politique, pas d’une renaissance…
Voir la ficheSucrogen (Kalamia) Pty Ltd
Wilmar Sugar (Kalamia) Pty Ltd — ancienne Sucrogen (Kalamia) Pty Ltd selon le registre australien des entreprises — est l’entité juridique qui exploite le moulin de Kalamia dans le Burdekin (Queensland).
Voir la ficheViteos
Énergéticien public neuchâtelois, Viteos avance sur une ligne de crête familière aux utilities européennes: verdir vite, sans casser la continuité de service ni la facture.
Voir la ficheAras Edaş
Concessionnaire turc d’électricité sur un vaste territoire de montagne et de climats rudes, Aras EDAŞ cumule un plan d’investissement massif à l’horizon 2030 et des crispations locales sur la fiabilité et la facturation.
Voir la ficheUSZ
L’université de Szczecin n’est pas une « boîte EnR » : c’est le plus gros pôle académique public de Poméranie occidentale, qui sélectionne ses angles « transition » — recherche climatique, efficacité du patrimoine, outils numériques — au milieu des tensions habituelles du service public polonais : contrôles ministériels, méfiance sur le foncier, financement…
Voir la ficheIBERDROLA GENERACION NUCLEAR S.A.U.
Filiale méconnue sous le parapluie d’un géant mondial « vert », IBERDROLA GENERACIÓN NUCLEAR S.A.U.
Voir la ficheYunus Energy Limited
Au Pakistan, Yunus Energy Limited incarne une IPP éolienne « de manuel » : 50 MW sur le corridor de Jhimpir, turbines Nordex, contrat d’achat d’État.
Voir la ficheEnBW Sverige Vind AB
EnBW Sverige Vind AB apparaît aujourd’hui surtout comme une coque juridique du groupe EnBW : le répertoire LEI agrégé par Reglei la qualifie d’« INAKTIV » avec un identifiant LEI indiqué comme retiré.
Voir la ficheBright Energy
Bright Energy Investments (BEI) n’est pas un « Bright Energy » quelconque : c’est cette coentreprise de l’Australie-Occidentale, à l’est de l’océan Indien, fondée à la manœuvre comme opérateur de parcs industriels sans carbone direct.
Voir la fiche