Ansalado Energia
« Ansalado Energia » n’apparaît pas sous cette graphie dans les registres industriels européens : il s’agit quasi sûrement d’Ansaldo Energia S.p.A.
À propos de Ansalado Energia
1. Modèle économique
Le groupe vit de la boucle projet / équipement / service à long terme : chantiers‑clés de centrales, vente ou maintenance de turbines et générateurs, accompagnement numérique d’exploitation (présentation corporate). Au 31 décembre 2024, les états financiers consolidés donnent 3 244 salariés au bilan et 3 204 en moyenne annuelle avec une gouvernance actionnariale où CDP Equity détient ≈ 99 % du capital et Shanghai Electric environ 0,40 % selon les comptes 2024 (comptes consolidés 2024). Sur la marche suivante 2025, l’entreprise fait état, dans un communiqué d’avril 2026, d’un chiffre d’affaires de 1,2 Md€ (+10 %), d’une cassette à 2,3 Md€ de commandes (+24 %), d’un résultat net +20 M€, d’un EBITDA ajusté à 140 M€ et d’un EBIT revenu positif à 31 M€, étayant également un plan industriel 2026‑2030 censé faire dépasser 2 Md€ de revenus en 2030 (communiqué sur le retour au profit et le plan 2026‑2030). La trajectoire est donc celle d’un champion industriel public‑privé italien capturant la vague de sécurité d’approvisionnement et de renouvellement de parc thermique flexible.
2. Impact réel
L’impact climat direct du groupe (sites et achats d’énergie) est publié dans un rapport de durabilité 2024 soumis à assurance limitée : 21 026,1 t CO₂e au total hors biogénique lorsqu’on additionne périmètres 1 + 2 *location based* + 3, soit ‑10,0 % par rapport à 2023 (–2 106,8 t CO₂e), avec 6 974,3 t CO₂e en périmètre 1 et 9 595,3 t CO₂e en périmètre 2 (*location based*) sur la même fenêtre trois ans (pdf « Report 2024 », voir aussi l’index des rapports RSE). Ces ordres de grandeur restent modestes au regard des réémissions mondiales induites par des décennies de centrales cycle combiné équipées de turbines : le débat n’est pas la tonne comptabilisée sur le siège génois mais le couplage long terme entre files de prix du gaz naturel et parcs électriques. Vu du cadre européen, la flexibilité des centrales à gaz, techniquement expliquée par des fiches généralistes, reste articulée dans les programmations pluriannuelles nationales (synthèse ministérielle sur les PPE) et par des rappels pédagogiques sur le cycle combiné (Connaissance des Énergies). Aucun article ADEME, GreenUnivers ou Énergie & Stratégie identifié à ce jour ne porte spécifiquement sur Ansaldo ; pour les ordres de grandeur d’émissions associées au gaz en production électrique, on retombe sur les méthodologies sectorielles et facteurs documentés par l’ADEME (portail « Bilans GES »).
3. Innovations / partenariats
Le plan industriel annoncé en parallèle des résultats 2025 met en avant électrolyseurs, hydrogène et nucléaire comme leviers de diversification (même communiqué avril 2026). Côté faits datés, le rapport de durabilité rappelle des essais de combustion à 100 % hydrogène sur la GT36 en 2023 et des tests d’électrolyseur menés par Ansaldo Green Tech en 2024 (pdf « Report 2024 »). Sur le front commercial, le 1er mai 2025, un consortium Ansaldo Energia / Calik Holding signe un contrat de CCGT bicorps pour ≈ 1 000 MW sur le site de MVM Tisza, en Hongrie, avec mise en avant de turbines « compatibles hydrogen » ; le dossier précise encore qu’une procédure d’appel d’offres public a désigné le groupement (communiqué May 2025). Une autre ligne d’actualité sectorielle rapporte début 2026 la fourniture d’une turbine gaz‑vapeur innovante dans le cadre de la reconversion sob‑CO₂ du site thermique Mátra en Hongrie (Turbomachinery Magazine).
4. Greenwashing / zones grises
Une première zone de vigilance traverse l’État : comme filiale très majoritaire de CDP Equity, Ansaldo hérite des questions d’alignement climatiques pesant sur les politiques publiques d’investissement du groupe CDP ; une analyse Perspectives Climate Research publiée en juin 2024 relève notamment que CDP Equity a réglé 35,6 M€ de versements capitalistiques en faveur d’Ansaldo Energia en 2022 dans une note de bas de tableau consacrée aux flux stratégiques, tout en épiloguant sur l’absence de politiques d’exclusion charbon / OG nettes pour l’investissement à l’étranger, au regard des objectifs de l’accord de Paris (rapport PDF « Paris alignment »). Indépendamment de toute volonté de communication verte, cet ancrage public pose un risque réputationnel si les financements transfrontaliers de la sphere CDP sont scrutés sous l’œil NGO. Dans la comptabilité carbone elle‑même, le breakdown Scope 3 rapporté (~4 458 t CO₂e en 2024) agrège voyages professionnels, emballages ou déchets — pas l’ensemble des usages possibles à l’extrémité des turbines vendues — ce qui peut sous‑éclairer, du point de vue d’un observateur tiers, les charges climat indirectes attachées aux parcs gaz équipés par le fabricant (même rapport de durabilité). Ces deux axes ne sont pas des « preuves de greenwashing », mais des zones de lecture critique : narration transition vs lock‑in gaz, et périmètre carbone encore tamisé.
5. Positionnement stratégique
Ansaldo mise sur une triple partition industrielle : sûreté d’approvisionnement européenne, parc thermique résilient servant de flexibilité aux EnR selon une lecture classique (Connaissance des Énergies sur le cycle combiné), puis bouquet bas‑carbone (hydrogène, SMR pilotés par les filiales) pour capter aides et appels d’offres verts. Les nouvelles lignes tarifaires et la cassette 2025‑2026, publiées en détail concurrent par la presse économique italienne (Il Sole 24 Ore anglophone), confirment un timing favorable alors que géopolitiques et goulets d’étranglement sur les grandes turbines retardent plusieurs projets mondiaux ; concurrentiellement, l’entreprise doit toutefois continuer à se démarquer face aux triplets historiques GE / Siemens Energy / MHI.
Verdict WattsElse
Ansaldo n’est pas un baril de brut : c’est le chef d’orchestre de la machinerie gaz qui synchronise encore le monde pour une décennie, tout en chantant hydrogène. Le pari WattsElse : convertir vite épaule publique italienne, cassette forte et offre techno en boussole climat vérifiable — ou assumer comme actif stratégique d’être l’outil industriel qui rend le fossile amortissable avant de le ranger.
Sources : ansaldoenergia.com · ansaldoenergia.com · ansaldoenergia.com · ansaldoenergia.com · ansaldoenergia.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · bilans-ges.ademe.fr · ansaldoenergia.com · turbomachinerymag.com · perspectives.cc · en.ilsole24ore.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
ENERGÍAS AMBIENTALES SOMOZAS, S.A.
Energías Ambientales Somozas (forme registrale : Energías Ambientales de Somozas, S.A.) incarne à elle seule la mutation brutale de l’éolien mature : démanteler un parc historique à la maille fine pour le remplacer par une poignée de machines high-tech, avec l’argent public européen dans le moteur et un bilan micro-entreprise qui crie la dépendance au…
Voir la ficheLand Power
Le nom « Land Power » circule comme libellé d’entreprise dans des bases données ; dans la documentation publique ouverte à ce jour du groupe B.Grimm Power, l’actif éolien thaïlandais identifiable est présenté comme Bo Thong Wind Farm Co., Ltd.
Voir la ficheTotal Austral S.A.
Filiale opérationnelle de TotalEnergies en Argentine, Total Austral S.A.
Voir la ficheDONG Energy (Norway)
Le nom DONG Energy sonne comme une relique scandinave du pétrole et du gaz ; depuis 2017, il cache Ørsted, le champion danois de l’éolien en mer — désormais piloté par un État danois majoritaire, une Bourse nerveuse et un actionnaire industriel norvégien.
Voir la ficheReden Cabildo Solar SpA
Derrière le nom « Reden Cabildo Solar SpA » se profile la mécanique habituelle des filiales chiliennes du groupe français Reden Solar : petits parcs en réseau, tarification encadrée, refinancings par portefeuille.
Voir la ficheTalan
En quelques années, Talan est passé du statut d’ESN ambitieuse à celui d’agrégateur transcontinental du conseil tech, porté par une suite d’acquisitions et une faim de croissance qui fait date.
Voir la ficheSotared Vindkraftpark AB
** Sotared Vindkraftpark AB n’est pas une « success story » isolée : c’est une coquille comptable autour de quatre Vestas de 2 MW près de Falkenberg, qui a viré au rouge en 2024 alors que sa maison-mère, Triventus, distribue des dividendes records.
Voir la ficheSierra Rutile Limited
De géant du rutile naturel à filiale d’un groupe pétrolier local, Sierra Rutile traverse une décennie où le sous-sol et le fisc pèsent plus que n’importe quel slogan « vert ».
Voir la ficheGerman-American Petroleum Company
Héritière de Standard Oil depuis 1890, la lignée juridiquement désignée en anglais sous le nom « German-American Petroleum Company » est aujourd’hui absorbée sous la raison sociale allemande Esso Deutschland GmbH, elle-même rattachée à ExxonMobil depuis 1999 — un ancêtre germanique encore visible dans une activité européenne massivement hydrocarbures…
Voir la ficheIsaura S.A.
Nom de bataille de l’industrie raffineur de Bahía Blanca dans les années YPF, Isaura S.A.
Voir la ficheOrège SA
Orège vend du « sans Capex » sur les boues et les digesteurs, avec une techno propriétaire qui promet plus de gaz et moins de polymères.
Voir la ficheJubera Wind Farm
** Onze géants de Nordex sous le ciel de La Rioja, promesse climat pour SSE…
Voir la ficheTAIHEIYO (PACIFIC) METALS
Pacific Metals (PAMCO) incarne la tension brutale entre la course aux métaux pour batteries et l’empreinte d’une filière ferronickel ultra-gourmande en énergie.
Voir la ficheGujarat Urja Vikas Nigam Limited
Le Gujarat Urja Vikas Nigam Limited incarne un paradoxe rare : une utility publique ultra‑rentable et hyper‑liquide qui pilote une ruée vers les EnR, tout en traînant la queue thermique et les procédures tarifaires du passé.
Voir la ficheU.E. Canarias
Unión Eléctrica de Canarias (marque UNELCO) incarne le paradoxe des îles : records annoncés en éolien et solaire, tout en restant accrochée à un socle thermique au fioul et aux tensions récurrentes sur la continuité du service.
Voir la ficheCONFEDERACION HIDROGRAFICA DEL EBRO
Organisme public espagnol rattaché au ministère de la Transition écologique (MITECO), la Confederación Hidrográfica del Ebro pilote eau, irrigation et concessions hydroélectriques sur un bassin stratégique.
Voir la ficheSocietatea de Distributie a Energiei Electrice Transilvania Sud S.A.
Épinglée comme « société de distribution » dans les bases sectorielles, Societatea de Distribuție a Energiei Electrice Transilvania Sud S.A.
Voir la ficheAnimergy
Jeune pousse lyonnaise née en 2024, Animergy ne vend pas des panneaux: elle vend la promesse plus rugueuse, plus opérationnelle, de faire matcher production renouvelable locale et consommation réelle.
Voir la ficheAmbuja Cements ltd
Ambuja Cements Ltd, filiale ciment du groupe Adani en Inde, n’est pas une « pure player » du réseau électrique : son métier reste surtout clinker et ciment.
Voir la ficheBoostherm
Une PME juridiquement française, ancrée en Bourgogne, s’est taillée la niche où le froid commercial devient gratuitement une source d’eau chaude ; les comptes 2024 la montrent résiliente, mais elle navigue sous un quasi-homonyme boursier et sous le parasol réglementaire des CEE — sans qu’« Alger » trouve aucun pied d’egalité dans les documents retrouvés.
Voir la ficheAndes Solar II SpA
Ce n’est pas une « startup solaire » mais un véhicule de projet au Chili — Andes Solar II SpA porte l’étape phare (Andes Solar II-B) d’un groupe en transformation qui parie tout sur l’hybridation PV-stockage, tout en traînant encore des centaines de mégawatts fossiles et des passifs industriels côtiers.
Voir la ficheEmirates Global Aluminium
Le « cache secteur » Pétrole et gaz trompe : Emirates Global Aluminium est un géant mondial du premier métal léger, pas un opérateur pétrolier.
Voir la ficheENI Australia
Les panneaux du Top End rallument enfin une narration « renouvelable », mais le cœur économique de la filiale reste le gaz — et le groupe mère patine dans les tribunaux climat comme dans les grands projets CCS offshore.
Voir la fiche