Unit 1 and 2: Office National de l’Electricité (ONE); Unit 3 and 4: Abu Dhabi National Energy (TAQA)
Le dossier désigne bien le périmètre marocain de la centrale Jorf Lasfar : là où l’Office national de l’électricité (historiquement ONE, désormais ONEE) a structuré l’IPP et achète encore l’électricité sous contrat « PPA », tandis que le groupe TAQA (Abu Dhabi National Energy Company) pilote via TAQA Morocco.
À propos de Unit 1 and 2: Office National de l’Electricité (ONE); Unit 3 and 4: Abu Dhabi National Energy (TAQA)
1. Modèle économique
Le cœur du modèle tient à un PPA public avec l’ONEE : en 2020, « *[Extension of the…] PPA for Units 1 to 4 to 2044 * », pour caler leur horizon sur celui des unités 5 & 6 (présentation corporate). Revenant à l’histoire projet, la fiche officielle précise transfert commercial des unités 1 & 2, puis mise en production des 3 & 4 jusqu’à 1 356 MW pour ce bloc, avant extension à 2 056 MW avec les 5 & 6 (présentation corporate). Sur cette base hydro‑capitaliste, les comptes consolidés 2025 indiquent un CA de 10 638 Mm MAD (– 2,2 % vs 2024) et une dette nette de 5 293 Mm MAD, avec capex consolidé 265 Mm MAD, dominé par périmètre (« *TMWC/maintenance/overhaul 6 * ») conformément au tableau publié en février 2026 (résultats T4 2025). La narration presse précise EBITDA ≈ 3,2 Md MAD (– 7,4 %), résultat net groupe 981 Mm MAD (– 6,8 %) et levier « dette nette / EBITDA 1,7× », avec explication : cours du charbon et couple USD/MAD moins favorable, ainsi qu’une révision 25 jours sur l’unité 6 (compte‑rendu de résultats 2025). Le board propose un dividende 38 MAD/action (+ 3 %) sur le même exercice (compte‑rendu de résultats 2025). En clair : un client quasi unique (ONEE) et un barème charbon indexé conditionnent la rentabilité.
2. Impact réel
Le site corporate affiche 2 056 MW de charbon en bout de chaîne, soit « operates 18 % of installed capacity [and] produces 34 % of [Morocco's] electricity needs » (présentation corporate) — volumétrie structurellement incompatible avec tout discours climat sans date de fermeture. En parallèle, le dossier diversification annonce chantier éolien Boujmil 144 MW (lancement chantier T4 2025 ; bouclage financier attendu T2 2026 dans la presse) (résultats T4 2025, compte‑rendu de résultats 2025). Comparatif PPE3 / fiches ADEME : ils ne s’appliquent pas au Maroc ; pour donner une borne utile hors union européenne, le World Resources Institute rappelle l’architecture des NDC marocaines visant – 42 % gaz à effet de serre d’ici 2030 sur trajectoire de référence (instantané WRI Maroc) — soit un tamis national, pas une feuille de route privée ligne à ligne pour Jorf Lasfar.
3. Innovations / partenariats
Outre Boujmil, le communiqué T4 2025 formalise la création de filiales : Flexible Generation, Transmission, Eau, et surtout « JLEC 1 – 4 », dédiée à l’exploitation thermique historique — segmentation explicite entre patrimoine charbon et relais « bas carbone ». La timeline officielle 2025 signale encore un pacte stratégique gouvernement + TAQA Morocco + Nareva + ONEE + fonds Mohammed VI, chiffré par la maison mère autour de ≈ 130 Md MAD d’investissements à l’horizon 2030 et un grand corridor HVDC 3 000 MW, plus 1 200 MW d’ENR sous PPA ONEE (présentation corporate). Côté ammoniaque « verte », le même article‑résultats mentionne avancement de contrats fonciers préliminaires et montée en ambition avec Moeve / UK Export Finance + JBIC (compte‑rendu de résultats 2025). Enfin, MarketScreener a relayé 2025 la désignation d’un consortium TAQA-Moeve sur filière ammoniaque — donnée utile comme vecteur narration mais encore loin d’un niveau industrielle opération**.
4. Greenwashing / zones grises
La presse économique cite un objectif volontaire de – 25 % d’intensité carbone d’ici 2030 annoncé par le groupe (compte‑rendu de résultats 2025) ; même année, disponibilité opérationnelle globale : 92,1 %, après révisions et inspections poussées sur plusieurs tranches (1 / 3 / 4 / 5 plus unité 6) (compte‑rendu de résultats 2025). Ces deux constats juxtaposés posent tension : un parc charbon jusqu’à 2 056 MW, verrou juridico‑tarifaire jusqu’en 2044 pour le bloc 1‑4 selon présentation corporate, combiné à un gain d’« intensité » relativisé (« toujours charbon » hors électrolyse réelle) et une liquidité EBITDA exposée – 7,4 % sur la même ligne temporelle (compte‑rendu de résultats 2025). Pas de dossier sanction publique / ONG identifiée ici : la critique reste comptable et physique**, pas juridicienne.
5. Positionnement stratégique
Le management brandit 2025 : subsidiarisation industrielle + parc éolien Boujmil + méga‑investissements 2030 encadrés par l’État et ONEE (résultats T4 2025, présentation corporate) — playbook classique : agréger capital émirati, outil thermique amorti et politiques publiques marocaines sur eau / gaz / HVDC pour rejouer le titre de « infrastructure nationale ». D’un point de vue marché libéral européen, la séquence peut sembler méga‑Keynes carbonée ; vu depuis Rabat / Casablanca, c’est réassurance systémique face à tout choc géopolitique sur charbon / devise**.
Verdict WattsElse
Une économie de PPA jusqu’à mi‑ siècle sur charbon ; la transition ne commence vraiment que lorsque le bilan élec marocain retiendra — en MWh, pas en slogans — ce qui remplace Jorf.
Sources : taqamorocco.ma · taqamorocco.ma · moroccoworldnews.com · wri.org · marketscreener.com
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