BAM
Le Koninklijke BAM Groep — Royal BAM Group, coté aux Pays-Bas, siège à Bunnik, depuis 1869 — incarne cette espèce rare : une major de la construction européenne qui parle infrastructures vitales tout en arborant une note A au CDP Climate et des contrats milliardaires dans l’électricité et l’eau côté Pays-Bas.
À propos de BAM
1. Modèle économique
Le groupe est un intégrateur de construction et d’infrastructures (génie civil, bâtiment, réseaux, projets complexes) fortement exposé aux marchés publics et aux grands opérateurs de réseaux. En 2025, il publie un chiffre d’affaires consolidé de 7 040 millions d’euros (contre 6 455 M€ en 2024), une marge d’EBITDA ajustée de 5,7 % (400,3 M€) et un carnet de commandes d’environ 13 milliards d’euros ; les effectifs s’établissent à 13 443 équivalents temps plein au 31 décembre 2025 (chiffres clés 2025). Deux accords de douze ans signés en août 2025 avec des gestionnaires de réseau — 600 M€ pour l’électricité et l’eau au Limbourg et 240 M€ avec Enexis pour le Brabant-Septentrional — illustrent la migration des revenus vers le « hard » de la transition : câbles, transformateurs, conduites (contrat Limbourg, partenariat Enexis – Brabant). À ne pas confondre avec la SAS française « Groupe BAM » (photovoltaïque), homonyme commerciale sans lien capitalistique avec l’entité néerlandaise (BAM Énergie (FR)).
2. Impact réel
Sur son périmètre direct, BAM affiche une réduction des émissions de GES de Scope 1 et 2 de 76 % par rapport à 2015 (méthode *market-based*), soit 41,7 kilotonnes en 2025 et une intensité de 5,9 tonnes par million d’euros de CA (émissions carbone, chiffres clés 2025). 82 % de la flotte automobile en leasing est électrique fin 2025 (contre 66 % un an plus tôt) ; en parallèle, le groupe a brûlé 11 millions de litres d’HVO, couvrant 56 % du carburant de chantier, pour un gain climatique estimé par le groupe à l’équivalent d’environ 20 kt d’émissions évitées par rapport au diesel classique (informations environnementales). Le plan matériaux vise −50 % de matériaux vierges non biosourcés d’ici 2030 (référence 2019) sur béton, acier et enrobés (stratégie durabilité). Aucune synthèse ADEME ou article Connaissance des Énergies portant spécifiquement sur ce groupe néerlandais n’a été identifiée dans la veille rapide : l’essentiel des indicateurs comparables passe par le cadre européen CSRD / Taxonomie, documenté dans le rapport intégré 2025.
3. Innovations / partenariats
Outre les méga-contrats réseau, BAM Infra explore en 2024 une collaboration avec Rolls-Royce SMR autour de réacteurs modulaires de 470 MW pour sécuriser l’approvisionnement électrique des Pays-Bas — un pari structurel qui dépend autant des arbitrages politiques que de la filière industrielle (séminaire SMR – communiqué). Fin janvier 2026, après feu vert de l’Autorité néerlandaise de la concurrence, le groupe finalise le rachat de Gebroeders Blokland, spécialiste du logement durable, pour densifier son offre « bas carbone » côté résidentiel (acquisition Blokland).
4. Greenwashing / zones grises
Le Scope 3 affiche une baisse de 53 % par rapport à 2019, mais le texte officiel reconnaît que la mise à jour des facteurs Exiobase (true-up 2025) — et non seulement la performance fournisseurs — explique l’essentiel du recul en amont : la baisse des facteurs « dépasse les progrès réels de la chaîne » depuis 2019, de sorte que l’amélioration ne peut pas être intégralement attribuée aux efforts de BAM (émissions carbone – section Scope 3). L’HVO est lui-même présenté comme mesure transitoire : le groupe note les doutes sur la durabilité de certaines biomasses, la concurrence sectorielle sur l’offre et le risque de flambée des prix pouvant compromettre les objectifs court terme ou alourdir les coûts (informations environnementales). Sur le plan réglementaire, la « crise de l’azote » néerlandaise demeure un facteur de volatilité des permis et d’ambiance judiciaire sur les grands travaux à proximité de zones protégées — enjeu de politique nationale que le groupe suit via une gouvernance de risques détaillée dans son rapport annuel 2025 (PDF), dans un contexte public largement décrit par la stratégie gouvernementale sur l’azote (stratégie azote Pays-Bas).
5. Positionnement stratégique
BAM joue désormais sur trois niveaux simultanés : capital-réseaux milliardaires côté basse tension / moyenne tension, décarbonation opérationnelle très agressive sur Scopes 1–2 et diversification du portefeuille (logement durable, pistes nucléaires nouvelle génération). La publication cohérente des informations environnementales encadrées CSRD, dont la Taxonomie UE fait partie intégrante (Taxonomie – chapitre 6.6), positionne le groupe comme laboratoire européen de la reddition de comptes climat dans un secteur encore massivement dépendant des chantiers diesel.
Verdict WattsElse
BAM gagne la partie « câbles et transformateurs », pas encore la guerre Scope 3 : elle modernise sous tension les infrastructures des Pays-Bas tout en reliant une part croissante de son bilan carbone indirect à une révision comptable de la valeur des achats.
Sources : bam.com · bam.com · bam.com · groupe-bam.fr · corporatereporting.bam.com · corporatereporting.bam.com · corporatereporting.bam.com · corporatereporting.bam.com · bam.com · bam.com · bam.com · government.nl · corporatereporting.bam.com
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