Barrick Gold
De « Barrick Gold » à Barrick Mining Corporation (avril 2025), le groupe canadien bascule le récit : moins d’or pur sur la plaque, plus de cuivre et d’électricité « propre » sur les sites.
À propos de Barrick Gold
1. Modèle économique
Le cœur du modèle, c’est l’or et, de plus en plus, le cuivre (Lumwana, feuille de route autour de Reko Diq au Pakistan), avec des revenus consolidés de l’ordre de 12,9 milliards de dollars sur l’exercice 2024 et une production annuelle d’or attribuable d’environ 3,91 millions d’onces, selon les chiffres publiés dans le rapport annuel 2024 et le communiqué sur les résultats T4 2024. L’effectif direct se compte par dizaines de milliers de salariés à l’échelle mondiale (disclosures consolidées du même exercice). La marge tient au prix des métaux, aux coûts « all-in sustaining » et à la capacité à déployer — ou à verrouiller — les grands actifs : Loulo-Gounkoto (Mali) a longtemps pesé lourd dans le mix avant la crise fiscale et judiciaire de 2024-2025 (chronologie et enjeux de partage de la rente publiés par Reuters). Note de bon sens éditorial : ce n’est pas une entreprise d’amont pétrolier & gazier ; le classement « Pétrole & Gaz » côté carte ne recoupe pas la nature des activités.
2. Impact réel
Sur le volet énergie et climat, le groupe met en avant 687 MW de capacités renouvelables et sources « propres » en service à fin 2024, soit plus de 68 % du mix électrique global d’après le rapport de durabilité 2024. La mine Kibali (RDC) vise un passage à 85 % d’EnR d’ici la fin du 2ᵉ trimestre 2025, avec solaire et batteries (présentation résultats T4 2024). Les émissions de GES en 2023 sont présentées -16 % par rapport à la base 2018, au-delà d’une cible intermédiaire -15 % fixée à 2025 (mise à jour durabilité 2024). PPE3 / ADEME : aucune feuille de route française ne cible directement une multinationale minière canadienne — l’intérêt du lecteur européen est plutôt comparatif (intensité carbone du cuivre et de l’or face aux objectifs sectoriels globaux), pas normatif local.
3. Innovations / partenariats
Le projet Reko Diq (Pakistan) incarne le pari « cuivre long cycle » avec une connectivité réseau et une intégration EnR décrites comme structurantes dans le rapport de durabilité 2024. Côté gouvernance RSE, Barrick annonce qu’une partie des bonus managériaux est indexée sur sécurité / environnement et le développement durable (détail dans les documents de gouvernance et la mise à jour durabilité 2024). Les partenariats publics se jouent surtout au niveau des concessions et des accords fiscaux révisés — le contentieux malien a fini par un règlement global en novembre 2025, avec abandon des poursuites et reprise opérationnelle négociée (Reuters).
4. Greenwashing / zones grises
Mali, chiffré et daté : en janvier 2025, les autorités ont saisi l’équivalent de 3 tonnes d’or sur le site, coïncidant avec une suspension des opérations ; le CEO indiquait en mai 2025 débourser 15 millions de dollars par mois pour maintenir la mine « en vie » (Reuters). La stratégie climat du groupe qualifie la trajectoire Net Zero 2050 de document « vivant », à réviser à la hausse du fait d’une production d’équivalent-or attendue +50 % — ce qui repousse la question des cibles absolues (notamment scope 3) au cœur du débat d’intégrité (feuille de route climat). North Mara (Tanzanie) : des procédures et allégations récurrentes sur la sécurité autour de la mine ont été couvertes par la presse et les instances onusiennes — Barrick parle d’allégations « non fondées » devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, quand une jurisprudence ontarienne a écarté en novembre 2024 une plainte fondée sur des incidents de sécurité, pour des motifs de compétence (Reuters). Enfin, 750 griefs communautaires ont été enregistrés en 2024 (mise à jour durabilité 2024) — volumétrie brute qui interdit le marketing « tout est réglé ».
5. Positionnement stratégique
Barrick Mining assume un triptyque géopolitique : premium gold, growth copper, cash machines régionales. Le signal 2025 est double : accord final au Mali après des mois d’état d’urgence capitalistique locale, et rotation de leadership avec la nomination de Mark Hill après le départ de Mark Bristow en septembre (Reuters). Sur le marché des métaux de transition, le cuivre reste l’argument ESG le plus crédible pour les investisseurs institutionnels — à condition que les actifs africains redeviennent prévisibles.
Verdict WattsElse
Barrick a transformé son mix électrique plus vite que beaucoup de pairs — mais son risk premium politique (Mali) et ses fuseaux littiges (North Mara, climate pathway mouvant) racontent une autre histoire que celle d’une pure décarbonation linéaire. L’écologie du mineur passe par les tonnes saisies autant que par les watts installés.
Sources : s25.q4cdn.com · barrick.com · reuters.com · s25.q4cdn.com · s25.q4cdn.com · s25.q4cdn.com · reuters.com · barrick.com · reuters.com · reuters.com · reuters.com
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