Bårstad Häckenäs Vind AB
Dans le creux des comptes publics suédois, une micro-société à zéro salarié tire quelques millions de couronnes d’un parc à une seule turbine — un vestige technique du début des années 2000 coincé entre agriculture, prix de l’électricité et durcissement du débat territorial sur l’éolien.
À propos de Bårstad Häckenäs Vind AB
1. Modèle économique
La société est un producteur éolien à très petite échelle : selon les répertoires d’entreprises, elle déclare 0 employé et un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,93 million SEK en 2025 (équivalent grosso modo à 170 000 € au taux courant), ce qui correspond à une structure capital-light, probablement pilotée par la direction et des prestataires externes (Allabolag). Les revenus relèvent quasi exclusivement de la vente d’électricité produite sur site — sans chaîne industrielle ni diversification commerciale documentée publiquement.
La géographie fixe le siège et l’activité à Borghamn, avec une adresse recoupée par les annuaires (Infoisinfo). Sur le terrain énergétique, le parc référencé « Barstad » aligne une turbine Vestas V52/850 pour 850 kW nominaux (The Wind Power) : un format typique des premières vagues d’éolien terrestre, aujourd’hui écrasé par des machines cinq à dix fois plus puissantes sur les nouveaux projets.
Enfin, le volet agricole n’est pas neutre : Bårstad Lantbruks AB, entité voisine avec historique financier public (chiffre d’affaires 12,6 Mkr en 2023 selon les données affichées), est présentée comme gérant aussi des parcs éoliens, ce qui dessine un couplage foncier-gouvernance fréquent chez les micro-producteurs nordiques (Syna).
2. Impact réel
À 850 kW, la contribution au mix national est microscopique à l’échelle de la Suède : il s’agit d’éviter, en ordre de grandeur, quelques centaines de tonnes de CO₂ équivalent par an si l’on rapporte la production à un facteur de charge plausible pour une machine de cette classe — soit typiquement 1,5 à 2 GWh/an selon les vents locaux et l’âge de l’équipement, une fourchette indicative non auditée dans les sources consultées (The Wind Power).
Côté cadres français (PPE, trajectoires ADEME, fiches sectorielles type Connaissance des énergies), aucun lien documenté ne rattache cette entité à des obligations CSRD ou à des reporting climat publiés en France : l’impact doit donc être lu à l’aune du site, pas à celle des grands opérateurs cotés.
En revanche, l’impact paysager et acoustique — dimension réelle du débat public sur l’éolien — peut être contradictoire : une turbine unique limite l’emprise visuelle relative par rapport aux clusters industriels, mais ne supprime pas la conflictualité lorsque survient la question du repowering ou de l’extension (Barometern).
3. Innovations / partenariats
Selon les éléments disponibles, il n’existe pas de trace publique de brevets, de levées de fonds, de contrats d’équipementiers récents ou de partenariats R&D pour cette société spécifique : le site industriel est statique depuis des années du point de vue de la fiche technique référencée (The Wind Power).
La « innovation » est donc organisationnelle plutôt que technologique : intégration à une structure agricole qui mutualise compétences locales et patrimoine foncier (Syna). Pas de site corporate dédié repéré pour isoler des engagements supply-chain ou des certifications énergétiques.
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise — marché, pas communication : la filière éolienne suédoise a affiché au début 2025 une absence totale de nouvelles commandes de turbines au premier trimestre, dans un contexte de prix bas et d’incertitude politique (Svensk Vindenergi). Ce n’est pas un « greenwashing » de la société Bårstad Häckenäs Vind AB, mais un risque économique structurel qui pèse sur tout acteur dépendant du renouvellement d’actifs et des marges spot.
Deuxième tension — territorialité : dans l’Östergötland voisin, les réunions municipales et notes officielles montrent des frictions réglementaires sur l’extension éolienne (Valdemarsvik), tandis que des rejets de projets pour biodiversité apparaissent sur d’autres dossiers régionaux (Miljöpartiet Borås). Là encore, il ne s’agit pas d’accusation contre ce site précis, mais d’un climat de veto qui rend incertain tout repowering vers des machines plus grandes.
Transparence : sans reporting climat dédié et avec une structure minimale en personnel (Allabolag), le risque n’est pas tant la surenchère marketing que l’opacité par omission : peu de matière pour un lecteur exigeant qui chercherait la granularité Scope 3, circularité des pales ou contrats de garantie d’origine.
5. Positionnement stratégique
Le positionnement est celui d’un survivant du premier âge de l’éolien : la turbine V52 reste un actif exploitable mais vieillissant, coincée entre rendements énergétiques modestes et coûts d’opportunité des nouvelles machines (The Wind Power).
Le signal marché, lui, est macro : la presse et les associations sectorielles décrivent une stagnation des investissements et des projets pourtant autorisés mais non financés (Newsworthy), ce qui referme progressivement la fenêtre pour les extensions locales — y compris pour des porteurs « agricoles » bien ancrés (Syna).
Verdict WattsElse
Micro-producteur accroché à une Suède qui commande de moins en moins de turbines, Bårstad Häckenäs Vind AB incarne l’éolien réel mais étroit : peu de watts au bilan national, beaucoup de politique locale dans la suite du récit. La formule qui résume l’enjeu : survivre au mégaouatt en restant au kilowatt.
Sources : allabolag.se · infoisinfo.se · thewindpower.net · en.syna.se · connaissancedesenergies.org · barometern.se · svenskvindenergi.org · valdemarsvik.se · mp.se · newsworthy.se
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Saudi Aramco
L’État saoudien tient l’oléoduc : Saudi Aramco alimente le monde en brut et en gaz, engrange des cash-flows légendaires, et baisse pourtant le rythme en 2025 quand le baril tousse.
Voir la fichePFV Las Taguas SpA
Le parc « Las Taguas » incarne à la fois la maturité du solaire distribué chilien — 12 MW raccordés, production et chiffrages d’impact publics — et la vulnérabilité d’un modèle où le tarif stabilisé des PMGD devient objet de polémique budgétaire et politique.
Voir la ficheEnergyVille
EnergyVille n’est pas une « startup climat » de plus : c’est un pôle de recherche à gouvernance quadruple (KU Leuven, VITO, imec, UHasselt), calé sur les budgets publics et les grands industriels.
Voir la ficheStugyl AB
Ne cherchez pas de site vitrine tape-à-l’œil : Stugyl AB, c’est la coque juridique d’un actif bien réel — neuf turbines sur Näsudden, l’une des plaques les plus ventées de Suède — pris dans la contrainte d’un îlot électrique qui n’aura un vrai « gros câble » vers le continent qu’à l’horizon 2030.
Voir la ficheAngola LNG
L’usine Angola LNG (Soyo, province du Zaire/nord de l’Angola) incarne la double face du boom gazier africain : valoriser un gaz autrefois brûlé à la torche, tout en restant calé sur le rythme du pétrole offshore.
Voir la ficheNIDEC CONVERSION
La filiale européenne de Nidec joue à la fois les héros du BESS scandinave et les fournisseurs de chaînes d’approvisionnement énergétique « classiques ».
Voir la ficheArkeon Energy Systems
Une startup française promet de remplacer chaufferies gaz et fioul sans forage ni travaux lourds, en couplant pompe à chaleur haute température, stockage thermique et pilotage logiciel.
Voir la ficheOOO LUKOIL-Volgogradenergo
Filiale d’énergie industrielle et résidentielle au pied de la raffinerie du groupe, OOO Lukoil-Volgogradenergo incarne la manière dont un site pétrole et gaz russe tente de moderniser ses CHP et d’ajouter du solaire, tout en restant exposé aux raids de précision et aux listes de sanctions ciblant un voisin industriel critique.
Voir la ficheVis Solaris 2011
La dénomination « Vis Solaris 2011 » ne correspond pas, dans les sources ouvertes consultées, à une société unique identifiable ; la chronologie énergétique qui colle au secteur « énergies renouvelables » et à l’année 2011 renvoie à Vis Solis** et à un contrat emblématique sur une décharge du New Jersey — avant qu’un pivot américain vers le développement et…
Voir la ficheKhalid A. Al-Falih
** Ingénieur devenu pilier d’Aramco puis ministre de l’Énergie, Khalid Al-Falih a incarné la transition narrative du royaume : diversification, mines, sièges régionaux, opérations d’influence économique.
Voir la ficheSeadrill
Seadrill vit au rythme des journées de forage, des taux d’utilisation et des mégas-contrats offshore — pas au fil des promesses climat.
Voir la ficheFiji Sugar Corporation
Le monopole sucrier fidjien ne se présente pas comme une start-up verte : c’est une pillar publique vieillissante où la bagasse peut pourtant alimenter le réseau.
Voir la ficheINPT
L’acronyme INPT ne désigne pas une entreprise énergétique cotée : il couvre l’Institut national polytechnique de Toulouse sur le site de Labège et, au Maroc, l’Institut national des postes et télécommunications.
Voir la ficheEngie Deutschland
Filiale allemande du géant français de l’énergie, Engie Deutschland incarne la promesse « accélérer la neutralité carbone » pour l’économie et les territoires — avec 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et quelque 5 500 collaborateurs en 2025, cinquante implantations et une présence qui va du commerce de l’électricité au gaz en passant par…
Voir la ficheWaha Oil Company
Coentreprise historique du bassin de Syrte, la Waha Oil Company incarne la Libye « pétrolière qui repart » : volumes en forte hausse, forages à la chaîne, et un contrat-cadre signé en janvier 2026 qui fige le jeu jusqu’à la mi-siècle.
Voir la ficheGuangdong Yudean Group Company Limited
Le nom d’immatriculation Guangdong Yudean Group Company Limited recouvre aujourd’hui le Guangdong Energy Group : premier arc électrique de la Chine méridionale, coincé entre d’ambitieux plis gaz–EnR et des centrales thermiques qui continuent de grossir.
Voir la ficheDana Energy
Société privée de Téhéran, Dana Energy incarne l’ambition d’un amont pétrolier “nationalisable” : services de gisement, gros chantiers, contrats NIOC, dans un contexte où le brut iranien est à la croisée des falaises géologiques, des cibles sismiques et du droit de sanctions…
Voir la ficheFar Eastern Generating Co JSC
Loin des écrans européens, la Far Eastern Generating Company (DGK) tient une partie du fonctionnement industriel de l’Extrême-Orient russe : électricité et chaleur urbaine, engrais énergétiques pour des villes froides et des ports.
Voir la ficheRheinEnergie AG
À Cologne, RheinEnergie n’est pas une start-up verte: c’est un gros morceau d’infrastructure urbaine, rentable, politique, et encore très accroché au gaz.
Voir la ficheEléctrica Cipresillos SpA
Une mini-centrale hydroélectrique au fil de l’eau en ERNC chilienne, budgétée comme un blockbuster local en 2016, traîne désormais un programme de conformité SMA encore « en ejecución » après une fenêtre officielle fermée au 17 août 2024 — preuve du décalage entre promesse verte et vigilance environnementale.
Voir la ficheMing Yang Smart Energy Group Limited
Fabricant d’éoliennes de taille mondiale, Ming Yang Smart Energy Group Limited enregistre une accélération financière brutale au moment où le Royaume-Uni referme ses eaux et ses terres industrielles aux turbines et à l’investissement du groupe, au nom de la sécurité nationale.
Voir la ficheSuigo Itako Solar Inc
Il n’y a pas de mystère : Suigo Itako Solar Power, Inc.
Voir la fiche