C.R.E.A.T.E.
Le Consorzio di Ricerca per l’Énergie, l’Automatisation et les Technologies de l’Électromagnétisme (C.R.E.A.T.E.) n’est pas une « boîte » française homonyme : c’est un consortium de recherche sans but lucratif basé à Naples, porté notamment par l’Université Frédéric II et agrégé au paysage italien de la fusion dans le cadre d’EUROfusion.
À propos de C.R.E.A.T.E.
1. Modèle économique
La C.R.E.A.T.E. vit essentiellement de contrats de recherche, de partenariats publics (Union européenne, filière Euratom/EUROfusion, agences et universités) et d’alliances industrielles dans l’électrotechnique et le nucléaire civile. Elle se présente comme un organisme à but non lucratif, en prolongement des laboratoires napolitains — le statut est rappelé dans la fiche EDIH « CREATE » du réseau européen des hubs d’innovation numérique.
Côté chiffres « compta », le portail de transparence de l’université de Naples « Parthenope », où la C.R.E.A.T.E. figure comme participation, publie un résultat d’exercice en net à 240 869 € pour 2024, contre 787 116 € en 2023 et 269 160 € en 2022 (bilans publiés par l’aténée) : une courbe brutalement volatille, qui ressemble plus à un cycle de projets et de subventions qu’à une rente industrielle régulière.
Dans la robotique hébergée au sein du consortium, le laboratoire PRISMA affiche, sur sa page d’activité du site officiel, plus de 900 publications et un financement annuel moyen d’environ 1,4 M€ sur la dernière décennie (robotique CREATE), avec des projets Horizon encore actifs (INVERSE, euROBIN, etc.). Sur la fusion, le même site met en avant un partenariat historique avec Ansaldo Nucleare autour d’ITER et JET — donc une forte dépendance à la commande publique européenne et nationale, et aux grands donneurs d’ordres techniques.
2. Impact réel
Il n’y a pas, pour une structure de R&D fusion, de « pourcentage d’EnR » ou de tonnes de CO₂ évitées comptabilisables comme chez un producteur : l’impact climatique revendiqué est indirect, par la fécondité scientifique et par la préparation d’un débouché énergétique hypothétique à l’échelle de la moitié du siècle. La fiche pédagogique ITER de Connaissance des Énergies et la page « Fusion energy and ITER » de la Commission européenne situent ce que la fusion promet (énergie dense, faibles rejets longue durée) face à la lenteur des démonstrateurs.
Pour un lecteur français, le chaînon est géographique autant que politique : ITER est sur le territoire national ; la C.R.E.A.T.E. y est présente comme membre de l’écosystème ITER/EUROfusion, ce que résume aussi le portail Ricerca@Unina en liant Naples, EUROfusion et la filière ITER. Dans les faits, le « gain carbone » reste à la discrétion des calendriers : quand les installations reculent, c’est tout l’argument d’accélération technologique qui patine.
3. Innovations / partenariats
Le consortium joue sur deux tableaux : d’un côté, modélisation, contrôle et ingénierie de systèmes pour les tokamaks — avec, côté JET, le chantier JET-PCU (contrôle vertical du plasma) décrit par l’université comme mené « in time », « on budget » et « on objectives » (article Ricerca@Unina) ; de l’autre, robotique de service et cobotique, via PRISMA et des projets tels qu’INVERSE (Horizon 2023) ou EndoTheranostics (Synergie ERC 2023) listés sur l’activité robotique.
Sur un registre voisin des applications « quantiques » matérielles, la participation au consortium SUPREME annoncé début 2026, doté de 50 M€ dont 25 M€ d’argent européen pour des filières supraconductrices, documente l’élargissement vers des chaînes d’approvisionnement critiques pour l’instrumentation (communiqué Fraunhofer IAF).
4. Greenwashing / zones grises
Le reproche maximal serait ici l’écarts entre l’auréole « bas carbone » de la fusion et la dure réalité des retards et surcoûts des démonstrateurs publics — ce n’est pas du greenwashing corporate au sens strict, mais un risque de survente d’un raccourci climatique alors que l’horizon opérationnel dérape. Les chiffres sont publics et grinçants : la presse spécialisée décrit des réactions deutérium-tritium repoussées vers 2039 sur ITER (DDay.it), et un besoin supplémentaire de l’ordre de 5 milliards d’euros évoqué pour boucler le projet (Energia Italia).
Pour l’Italie, le DTT (tokamak expérimental autour du divertor) traverse une zone grise juridique : le TAR du Latium a suspendu un marché de 25,8 M€ pour la « vacuum vessel », après des erreurs administratives sur les coûts dans un tableur — ce que relatent les comptes rendus de presse (Il Fatto Quotidiano). Pour Naples, très exposée à cette chaîne industrielle et académique, la combinaison « mégaprojets en retard + marchés publics gelés » vaut stress de liquidité — reflété côté C.R.E.A.T.E. par la chute de ~69 % du résultat entre 2023 et 2024 selon les bilans publiés par Parthenope (même source comptable).
Nous n’avons pas trouvé, dans l’espace public francophone ou sur le site consortial, de rapport CSRD/RSE « grand groupe » : pour une entité de recherche italienne de cette taille, l’impasse est attendue, mais elle complique toute lecture « extra-financière » standardisée par rapport aux exigences françaises de la PPE.
5. Positionnement stratégique
Sur le papier, Naples cumule donc une intermédiation industrielle (Ansaldo et filière fusion), une visibilité européenne (EUROfusion, Horizon, EDIH) et une vitrine de robotique dense. Le portail Ricerca@Unina situe d’ailleurs la C.R.E.A.T.E. comme second contributeur italien en ressources humaines parmi les entités affiliées à l’ENEA dans EUROfusion — un indicateur fragile (il mélange titulaires et volumétrie d’effort), mais révélateur de l’enjeu politique national pour le Sud.
Le signal récent le plus fort n’est toutefois pas une levée de fonds : c’est la dépendance aux grands calendriers qu’ITER et le DTT imposent. Tant que ces infrastructures patinent, la « valeur stratégique » de la C.R.E.A.T.E. reste celle d’un pilier technique plus que d’un acteur disposant d’une visibilité financière autonome.
Verdict WattsElse
La C.R.E.A.T.E. incarne l’élite technique napolitaine sur une promesse énergétique qui se joue à l’échelle de la moitié du siècle — et paye déjà, dans ses comptes, l’impatience des agendas. En fusion, la géopolitique du calendrier pèse plus que la rhétorique du watt.
Sources : euro-fusion.org · create.unina.it · european-digital-innovation-hubs.ec.europa.eu · uniparthenope.portaleamministrazionetrasparente.it · create.unina.it · create.unina.it · connaissancedesenergies.org · energy.ec.europa.eu · ricerca.unina.it · iaf.fraunhofer.de · dday.it · energiaitalia.news · ilfattoquotidiano.it · ecologie.gouv.fr
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q124845751
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Egger Kraftwerk Brilon GmbH
À Brilon, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), l’énergie ne se vend pas au comptoir : elle sert d’abord à faire tourner un des plus gros sites bois du groupe autrichien Fritz Egger.
Voir la ficheUNIKENT
Le sigle UNIKENT n’est pas une raison sociale retrouvable comme opérateur énergétique autonome : dans les projets Horizon Europe, il désigne l’Université du Kent (Canterbury, Royaume-Uni), avec un rôle d’éducation supérieure et de recherche — pas de bilan d’« autres énergies » façon industriel ou producteur d’électricité.
Voir la ficheMinera Escondida Ltda.
Filiale chilienne au cœur du cuivre mondial, Minera Escondida Ltda.
Voir la ficheGöteborg Energi
Le rendu public 2025 de Göteborg Energi ressemble à un bilan d’aventurier : record d’investissements, résultat en forte hausse, chauffage urbain quasiment fossil-free.
Voir la ficheSTEAG GmbH
STEAG GmbH, installée à Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), est un groupe allemand de production électrique et de services qui n’a rien à voir avec d’autres géants industriels esséniens souvent mieux médiatisés.
Voir la ficheLeep Utilities
Leep Utilities n’est pas un énergéticien grand public: c’est un opérateur de réseaux de “dernier kilomètre” qui prospère là où les grands projets urbains ont besoin d’eau, d’électricité, de chaleur et parfois de froid, sans attendre la lourdeur des incumbents.
Voir la ficheSOLVE (SAS, Saint-Didier-au-Mont-d'Or)
Cabinet de recrutement et de conseil RH installé à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, SOLVE vend d'abord de la chasse de têtes, du sourcing et de l'accompagnement de dirigeants, pas des mégawatts.
Voir la fichefuel depot
Dans les bases « entreprise », l’intitulé fuel depot prête à confusion : ce n’est en général ni une marque unique ni un ticker, mais un métier — stocker, transvaser et charger des liquides pétroliers — qui tient debout quand la demande plie, pas quand le discours vert se déploie.
Voir la ficheEksbo Hönsinge AB
À Anderslöv, à deux pas de Trelleborg, une micro-société suédoise capitalise vingt-quatre ans d’électricité « propre » sur une ligne comptable minuscule.
Voir la ficheRába Nyrt.
Rába ne se résume pas à des panneaux : c’est un groupe industriel hongrois qui ajuste son bilan carbone pendant que la défense et les essieux continuent d’alimenter le chiffre d’affaires.
Voir la ficheUAAV
Aucune société « UAAV » n’apparaît aux fichiers courants de l’énergie : l’acronyme recoupe en pratique les UAV (unmanned aerial vehicle), parfois orthographiés à la va-vite, et surtout la deeptech française UAVIA, calibrée pile pour l’inspection d’infrastructures et la mesure d’émissions.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Sông Bạc
Au pied d’un massif où la monnaie électrique se mesure aussi en services d’écosystèmes forestiers, une centrale de 42 MW incarne la fragile équation nord-vietnamienne — production renouvelable, retombées fiscales, et tension brute sur les paiements environnementaux quand la pluie fait défaut.
Voir la ficheRC DEVELOPMENT DESET RO SRL
Fiche rédigée sous contrainte d’identité : à la date des recherches, aucune page de registre roumain ou article de presse ne reprend exactement la raison sociale RC DEVELOPMENT DESET RO SRL dans les index accessibles ; on ne peut donc ni lui coller un CUI, ni un bilan, ni la confondre avec d’autres « RC DEVELOPMENT …
Voir la ficheAyuntamiento de Oteiza
** Sous les 1 000 habitants, la petite commune navarraise se donne un cap climat ambitieux — et se retrouve au cœur d’un bras de fer sur le foncier, le réseau et la taille des projets photovoltaïques.
Voir la ficheCarnegie Clean Energy
Côtée à Sydney, Carnegie Clean Energy n’est pas un « gros » de la transition : c’est un pari technique sur l’houlomoteur CETO, aujourd’hui surtout nourri par des appels d’offres publics en Europe.
Voir la ficheVisby Energi AB
À Visby, la transition énergétique se joue sur fond de consolidation industrielle : un acteur familial à deux salariés côtoie l’opérateur historique de l’île, désormais au cœur d’un bras de fer politique autour de Vattenfall.
Voir la ficheJet Alu Maroc (devenu Jet Contractors)
Le “paquet Wikidata” Vaisala–Finlande–1936 est une coquille d’homonymie numérique : l’entité traitée ici est Jet Contractors, ex-Jet Alu Maroc, groupe marocain coté à Casablanca, né en 1992 — pas une PME nordique de métrologie.
Voir la ficheGRTE
** Oubliez l’homonyme touristique : le GRTE n’est ni un parc ni un site U.S.
Voir la ficheLa Manga Energy SpA
Le nom sonne comme une filiale « energy » scellée au coin ibérique et latino-américain des SpA — sauf qu’il ne colle à aucune personne morale clairement identifiable dans l’espace public.
Voir la ficheYm Ssk ltd
Ni société française phare ni fiche légitime évidente pour la dénomination exacte « Ym Ssk Ltd »: les registres ouverts croisés en ligne ne rattachent pas clairement ce libellé à une personne morale unique.
Voir la ficheUNIVERSITEIT MAASTRICHT
Entre ambitions climat (« European university » avec objectif neutre carbone ambitieux à l’horizon décennal et parc PV massif dans sa ville maison) et goulet d’étranglement de la distribution Limbourgienne, Maastricht University incarne cette étape paradoxale où l’« électrique » doit tout — sauf garantir tout de suite le raccordement.
Voir la ficheIntracom
Fondée en 1977, Intracom Holdings est un conglomérat greek multinationale qui a longtemps tenu dans son giron tout un pan de l’infrastructure du pays — dont la branche désormais « clean » incarne Aktor (ex‑Intrakat), visant plus d’1 GW d’EnR.
Voir la ficheTMEIC
Filiale commune née du rapprochement de deux géants de l’électrique, TMEIC incarne la manière dont l’Asie de l’Est capte la vague des data centers et du stockage — au prix d’une tension permanente entre décarbonation affichée et dépendance aux grands industriels, pétrole et gaz compris.
Voir la fiche