Carbonex
Dans l’Aube et en Gironde, une PME devenue vitrine du groupe SOLER industrialise le biocarbone par pyrolyse : moins de poésie forestière qu’ingénierie thermochimique, plus d’arbitrages sur la ressource bois qu’on ne le lit dans les fiches SIREN.
À propos de Carbonex
1. Modèle économique
Carbonex (société à Gyé-sur-Seine) est l’entité opérationnelle du SOLER Group : pyrolyse de biomasse résiduelle, vente de biocarbone (charbon de bois, usages ciment/acier/agriculture) et récupération des gaz de pyrolyse en cogénération (électricité, chaleur) pour alimenter des réseaux et terrains voisins. D’après le site corporate, le groupe revendique trois bioraffineries, avec une capacité de l’ordre de 50 000 tonnes de biocarbone par an en cumul et des MWh d’électricité locale annuels chiffrés par site (lignes 28 000, 12 000 et 12 000 MWh sur la page bioraffineries).
D’après les comptes légaux agrégés par des annuaires (donnée publique, pas d’invention), le chiffre d’affaires de la société Carbonex se situe autour de 35,9 à 36,0 M€ en 2023, contre environ 30,7 M€ l’exercice précédent, selon Pappers et Societe.com. L’effectif ressort le plus souvent en tranche PME 50–99 salariés. Aucun capex consolidé type rapport d’activité n’a été trouvé en accès public simple. Les marchés publics explicites sous l’intitulé « Carbonex » n’ont pas été identifiés ; le cœur du modèle reste B2B (substitution charbon) et B2C charbon, avec la communication forêt/labels sur Soler et le SOLER Group.
2. Impact réel
L’objectif est de substituer des apports fossiles par un solide riche en carbone et d’exporter l’électricité issue des gaz, schéma développé côté pyrolyse. Innovation24 (novembre 2020) citait 4,7 MWe et 30 000 t/an côté Aube avant Lacanau ; le site SOLER annonce jusqu’à 50 000 t/an de biocarbone : il faut donc recoller période, périmètre et produit (loisir vs ciment) avant toute part de « marché national ». La PPE3 cadre infrastructures et baisse des fossiles ; le rapport QUALICHAR (ADEME, via Connaissance des Énergies) rappelle que le bilan d’un solide de pyrolyse dépend de l’usage. Les leviers ADEME n’indiquent pas, eux, un dossier Carbonex retenu ; c’est le paysage d’appels publics pour des procédés thermochimiques éligibles.
3. Innovations / partenariats
Le cœur reste un procédé de pyrolyse industrialisé, réacteurs en cascade, chaleur réinjectée sur le séchage, gaz brûlés en cogénération, présenté par le groupe comme un pont entre sylviculture gérée et matière d’apport carbone. L’article 2017 de Bioénergie Promotion documentait, à l’époque, l’intention bioraffinerie et le positionnement de Soler. Les reprises d’Innovation24 soulignaient le recrutement lié à la troisième unité (Lacanau). Aucun versement, levée de fonds, ou partenariat industriel chiffré n’a été croisé dans des communiqués facilement repérables pour l’entité « Carbonex » au sens SIREN — ce qui, pour une PME lourde non cotée, n’est pas anormal.
4. Greenwashing / zones grises
La presse a relayé l’idée d’une réduction d’environ 99 % des gaz à effet de serre par rapport à un charbon de référence, dans Innovation24 : ce chiffre exige en transparence un périmètre d’analyse de cycle de vie complet (import, transport, co-produits) pour ne pas devenir outil d’enrobage. La biomasse n’est pas une ressource indéfinie : concurrence usages sol/matière/énergie, tension sur le cadre d’aides publics et sur la gouvernance des forêts, même « locales ». L’exposition réglementaire côté carbone s’intensifie (traçabilité, critères d’intégrité des crédits) : l’enjeu n’est plus seulement le MWh, c’est l’inventaire de cycle de vie du solide. Aucun rapport RSE/CSRD public type grand compte n’a été repéré spécifiquement pour la société Carbonex ; la transparence reste celle d’une PME (site, presse de filière) plutôt qu’un registre d’exhaustivité extra-financière.
5. Positionnement stratégique
L’ambition affichée sur SOLER Group vise l’outillage d’industries lourdes (métallurgie, ciment) avec un biocarbone d’intégration, dans un contexte d’infrastructure PPE3 où la baisse des importations d’énergies fossiles et l’intensification des leviers bas-carbone modulent la demande. Signal récent quantifiable, le bond de chiffre d’affaires 2022–2023 sur l’entité, visible dans les mêmes agrégations légales, ressemble autant à la poussée de la troisième ligne qu’à l’inflation de matières, à isoler proprement dans les comptes détaillés s’il y a lieu d’y accéder.
Verdict WattsElse
Carbonex a remis l’ouvrier de la carbonisation sur une rampe d’usine 21e siècle ; la bataille suivante, ce n’est plus le brevet, c’est la dette forêt de la formule, et la preuve par le cycle de vie que le « charbon vert » tient vraiment la route en stratégie bas-carbone, pas seulement au barbecue.
Sources : soler-group.com · usinenouvelle.com · soler-group.com · pappers.fr · societe.com · soler.green · innovation24.news · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · ademe.fr · bioenergie-promotion.fr · bioenergie-promotion.fr · economie.gouv.fr
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