Cementos Portland
** Après un siècle d’industrie lourde, Cementos Portland Valderrivas ne joue plus la même partition : électricité éolien en long terme, fours encore très thermiques, et une « valorisation » des déchets qui fait exploser le contentieux.
À propos de Cementos Portland
1. Modèle économique
Cementos Portland Valderrivas (CPV) est le pôle ciment du groupe coté Inmocemento, né de la scission partielle de FCC fin 2024 : les actionnaires de FCC ont reçu une part d’Inmocemento intégrant à la fois l’immobilier et le ciment, avec une valorisation de référence à 4,25 € l’action pour l’introduction en Bourse. En exploitation consolidée, Inmocemento a publié pour 2024 des chiffre d’affaires d’environ 944 M€ (+8,8 % selon la presse) et un bénéfice net en repli, signe que la rentabilité pâtit encore de la structure financière et du mix activités (résultats 2024). Avant Bourse, la documentation de scission évoquait un gabarit pro-forma plus modeste en termes de marge ciment+immo (de l’ordre de 867 M€ de chiffre d’affaires et 244 M€ d’EBITDA selon les chiffres communiqués lors du mouvement de cas de figure « pré-spin ») dans l’extrait d’assemblée. Le cœur du métier reste la vente de ciment, béton, mortier et granulats sur péninsule Ibérique et filiales étrangères, avec une empreinte industrielle décrite sur le site Valderrivas. La société recense notamment une implantation à Pampelune aux côtés d’autres adresses nationales (présentation du groupe). L’effet « titre pur ciment » s’est heurté au marché : le premier jour de cotation, la capitalisation a été ramenée vers 1,77 Md€ après une baisse d’environ 9 %, révélatrice d’un doute sur la valorisation du matériau le plus caricatural du CO₂ structurel.
2. Impact réel
Sur l’électricité — pas sur la chaleur de four — CPV a verrouillé un pan important de sa consommation : Capital Energy fournit via un PPA de l’ordre de 80 000 MWh/an à la cimenterie de Mataporquera (Cantabrie), adossé à cinq parcs éoliens pour 145,5 MW combinés, ce qui place le contrat parmi les « gros » autoconsommations industrielles espagnoles (article spécialisé, presse généraliste). Côté thermique, le groupe met en avant des combustibles alternatifs : à l’usine El Alto, un taux de substitution de 40,5 % des combustibles fossiles est ainsi mis en avant par la presse professionnelle (reportage industriel). Le tableau reste nuancé : même avec un mix électrique vert, le clinker demeure l’ordre de grandeur dominant des émissions du secteur cimentier européen — le rapprochement avec les trajectoires nationales type PPE ou fiches techniques ADEME sur la filière ciment est pertinent surtout par analogie UE (ETS, réformes debenchmark carbone), faute de fiche ADEME dédiée à CPV trouvée dans cette veille.
3. Innovations / partenariats
Outre le PPA avec Capital Energy, CPV met en avant des investissements d’efficacité — par exemple des refroidisseurs de grille à Monjos — et un volet gazéification (SYNGAS) pour traiter des combustibles alternatifs, ainsi qu’un projet de capture et stockage géologique du CO₂ (CAPT-CO2 près de Mataporquera), détaillés dans les communiqués de l’espace « mejora » du site corporate. Ces briques relèvent moins du gadget que d’un pari industriel : sans capture ou substitution massive au four, la neutralité reste une droite de tir incertaine.
4. Greenwashing / zones grises
Le discourse « décarbonation » bute sur la valorisation énergétique de déchets. À Alcalá de Guadaíra, Portland Valderrivas a obtenu fin janvier 2024 un feu vert régional pour un projet jusqu’à 197 000 tonnes/an de déchets en cofourneau ; en juillet 2024, des associations ont porté le litige devant la justice administrative, dénonçant au passage 85 lignes d’argumentaire sur des manquements de procédure et d’évaluation (recours documenté). Le groupe et la profession présentent la mesure comme une alternative au charbon ; les opposants y voient une externalisation de la pollution (métaux lourds, dioxines, trafic de déchets) sous couleur de RSE. Sur le marché, la réception en Bourse a sanctionné d’emblée le « story-telling » Inmocemento, comme si les investisseurs distinguaient nettement le vernis vert de la structure de bilan. Selon les éléments publics agrégés ici, aucun rapport CSRD français ou fiche ADEME n’a été identifié pour CPV ; la transparence repose surtout sur les publications ibériques et le site corporate.
5. Positionnement stratégique
CPV cherche à tenir trois fronts : prix du carbone, réputation locale, et coût du capital sous Inmocemento. Le PPA cantabrien sécurise une partie du risque énergétique à l’horizon 2030 tout en alimentant la narration « EnR » du cache WattsMonde ; en parallèle, le contentieux andalou montre que la stratégie de cofourneau reste politiquement explosif. Dans un secteur européen sous pressión réglementaire, l’enjeu est de convertir les projets pilotes (CAPT-CO2, SYNGAS) en démonstrateurs à échelle avant que les quotas ne resserrent définitivement la marge.
Verdict WattsElse
Cementos Portland Valderrivas achète du vent pour ses machines, mais brûle encore l’actualité au feu des procès : tant que 197 kt/an de déchets et 145 MW d’éoliennes cohabiteront dans une même communication, le groupe naviguera entre preuve bas-carbone et soupçon de transfert de pollution — le ciment n’a jamais aimé les demi-mesures.
Sources : cincodias.elpais.com · europapress.es · fcc.es · valderrivas.es · valderrivas.es · elperiodico.com · energias-renovables.com · lavanguardia.com · interempresas.net · valderrivas.es · andaluciainformacion.es
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Porsche Česká republika
Filiale tchèque du périmètre Porsche Holding Salzburg, Porsche Česká republika porte une double actualité : elle confirme en 2025 son statut de premier importateur automobile du pays sur les volume du groupe Volkswagen tout en projetant sous la marque MOON des bornes d’une puissance jusqu’à 1 MW.
Voir la ficheOrkuveita Reykjavíkur
** Le plus grand opérateur d’énergie et d’utilité de la région de Reykjavik affiche des comptes 2024 solides, capte le CO₂ à grande échelle et attire un prêt de la BEI — tout en découvrant, fin 2025, à quel point un contrat « vert » peut dérailler quand une fonderie pleure force majeure.
Voir la ficheVAPEC INDUSTRY
Créée au printemps 2025 pour industrialiser « Made in France » un savoir-faire historiquement suisse, Vapec Industry incarne la course aux chaufferies hybrides dans une industrie encore très gazée.
Voir la ficheLightsource BP
Le géant solaire a d’abord brandi l’espoir « 100 % renouvelable » ; fin 2024, il n’a plus qu’un seul actionnaire.
Voir la ficheWheao Hydro-Electric Power Scheme Re-Consenting
** Le complexe Wheao–Flaxy (environ 26 MW) est un pilier d’héritage de la Nouvelle-Zélande, entré en service en 1982 et désormais coincé par une échéance de droits d’eau en 2026, une procédure d’approbation accélérée contestée, et l’acquisition de Manawa Energy par le géant Contact Energy en 2025.
Voir la ficheSpace Age
Distributeur indépendant centré sur l’essence, le gazole et les usages résidentiels, Space Age Fuel, Inc.
Voir la ficheGerman-American Petroleum Company
Héritière de Standard Oil depuis 1890, la lignée juridiquement désignée en anglais sous le nom « German-American Petroleum Company » est aujourd’hui absorbée sous la raison sociale allemande Esso Deutschland GmbH, elle-même rattachée à ExxonMobil depuis 1999 — un ancêtre germanique encore visible dans une activité européenne massivement hydrocarbures…
Voir la ficheGenersys (devenu E'nergys en 2024)
C’est l’histoire d’un intégrateur d’outils, devenu bannière nationale du groupe, dans un couloir réglementaire qui serre — décret tertiaire, BACS, rénovation accélérée.
Voir la ficheGemeinschaftskraftwerk Bergkamen A oHG
À Bergkamen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), une OHG au nom baroque incarne le paradoxe allemand post-guerre en Ukraine : une unité charbon de grande taille officiellement rangée, mais juridiquement tenue disponible pour la stabilité du réseau, pendant qu’un projet de gaz « hydrogène-ready » redessine le site.
Voir la ficheAES POSCO CPI
En Quảng Ninh, la centrale Mong Duong 2 alimente le réseau à coups de milliards de kWh tout en donnant ses lettres à un triangle actionnarial américano-coréano-chinois.
Voir la ficheFerngas Netzgesellschaft
Le paysage allemand de l’hydrogène parle allemand, mais son tempo est européen : while vous lisez ceci, un opérateur de réseau comme Ferngas est déjà coincé entre chantiers de conversion, décisions de la BNetzA et gueule de bois sur les débouchés industriels.
Voir la ficheFVE Boletice spol.
Une SPV tchèque née au pic du boom photovoltaïque de 2010, encore titulaire d’une licence de production à l’ERÚ et associée dans les bases ouvertes à une centrale d’environ 1,5 MW.
Voir la ficheBranch of JSC "Caustic" Volgogradskaya CHPP-3
Trois lettres — CHP — et un nom de produit chimique — « caustic » — : derrière l’intitulé anglais Branch of JSC “Caustic” Volgogradskaya CHPP-3 se cache une infrastructure russe bien identifiée : la Volgogradskaya TEC-3, cogénération du groupe NIKOCHEM sur le grand pôle industriel de la rive droite.
Voir la ficheMasdar
Créée en 2006 autour du projet urbain Masdar City, Masdar est aujourd’hui une plaque tournante de développement, financement et opération de projets solPV, éolien (dont offshore), stockage et services associés.
Voir la ficheTampereen Sähkölaitos
Né en 1888 sous le nom de Tampereen Sähkölaitos, l’opérateur énergétique municipal de Tampere s’appelle désormais Tampereen Energia Oy depuis le 28 août 2023 : même personne morale, même ancrage dans la ville, autre façade de marque.
Voir la ficheEVM Energía
C’est l’une des plus grosses cartes gaz du centre du Mexique : un parc détenu par le générateur privé Valia après une acquisition qui a fait grandir le groupe jusqu’à environ 3,2 GW d’actifs au gaz.
Voir la ficheENERGIAS NATURALES EL NEGREDO S.L.
Derrière ce nom de holding ibérique se cache un classique du rachat d’actifs EnR en Espagne : une société « pour objet déterminé », au siège madrilène, calée sur un parc vieillissant en Castille-et-Léon.
Voir la fichePlaneta Investment SpA
Le fantasme d’une SpA unique, bâtie pour capter les flux de capitaux verts, bute sur une réalité plus sordide : à ce jour, aucune entité clairement identifiée sous la graphie exacte « Planeta Investment SpA » ne tient un site d’entreprise reconnaissable, et les bases ouvertes consultables en reprise de veille croisent surtout des homonymes italiens et…
Voir la ficheTakoussane Energy
Éclaire le Sénégal au solaire, avec un kit sur-mesure qui donne envie de dire adieu au pétrole, enfin presque...
Voir la ficheAdvizeo
Optimisation énergétique des bâtiments avec des algorithmes qui vous promettent de surveiller chaque watt, sans pour autant devenir parano.
Voir la ficheUPM-Kymmene Oyj Wisaforest
Le nom Wisaforest renvoie à l’usine historique de pâte UPM Pietarsaari, plaques tournantes de la bioéconomie finlandaise : l’actualité brutale, ce sont les réductions de cadence sur les marchés de la fibre, pendant qu’UPM pousse « l’énergie sans CO₂ » et les Decarbonization Solutions.
Voir la ficheBSC CNS
Institut public espagnol de supercalcul et de sciences du climat, le Barcelona Supercomputing Center – Centro Nacional de Supercomputación (BSC-CNS) incarne la brique « système critique » entre modélisation planétaire et outillage des opérateurs électriques.
Voir la ficheInner Mongolia Jingtai Power Co Ltd
Le nom anglais prête à confusion ; l’entreprise fait pourtant sens : Inner Mongolia Jingtai Power — en mandarin 内蒙古京泰发电有限责任公司, souvent qualifiée d’« Inner Mongolia Jingtai Electric Power Generation » — exploite avec ses actionnaires une grosse plaque thermique à charbon à proximité des gisements du Ordos, ancée dans une logique nationale d’«…
Voir la ficheOWP Butendiek GmbH & Co. KG
Le parc n’est pas un logo verte : à 32 kilomètres de Sylt, 288 MW tirent encore des vagues européennes sur la valorisation merchant.
Voir la fiche