Solarig Holding
Le groupe Solarig Holding (Solarig Holding S.L.) n’est plus seulement un développeur-EPV du solaire : il emboîte biométhane, stockage et un chantier d’aviation durable à près de 800 M€ en Castille-et-Léon, tout en gonflant un portefeuille multi-pays.
À propos de Solarig Holding
1. Modèle économique
Solarig est un opérateur espagnol intégré des énergies renouvelables : développement, ingénierie-construction, exploitation et maintenance d’actifs PV, éoliens et batteries, avec une rampe verticale vers le gaz vert et les carburants d’aviation durables via la division Biorig et les projets « green gases » présentés sur le site corporate. Sur l’exercice 2023, la direction publie un chiffre d’affaires de 178 M€, un Ebitda de 65 M€ et un résultat net de 55 M€ dans sa déclaration d’informations non financières 2024 ; l’assemblée générale 2024 mentionnait par ailleurs environ 1 100 salariés, chiffre que le groupe fait ensuite progresser vers 1 500 personnes et 12 pays dans le bilan « 20 ans » (page anniversaire). Les revenus reposent sur la valorisation d’un pipeline massif (plus de 20 GW en développement fin 2025 selon la même source), sur des contrats d’O&M à grande échelle (l’entité australienne revendique la gestion d’environ 2 GW de PV, dont le site Stubbo à 520 MWp en novembre 2025) et sur des co-investissements sectoriels, comme le véhicule 1,9 GW de photovoltaïque lancé avec Alantra (communiqué « 20 ans »).
2. Impact réel
Côté climat, Solarig met en avant des volumes d’actifs gérés et un mix de solutions : la filiale australienne estime en 2025 la supervision de plus de 15 GW cumulés de solaire, éolien et stockage (site Australie). Le projet Numantia SAF vise 60 000 t/an de carburant aérien durable et, selon la fiche projet, jusqu’à 170 000 t d’émissions de CO₂ évitées par an, avec une couverture en EnR dédiée (photovoltaïque 370 MWp, éolien 50 MW, batteries 100 MWh) — un ordre de grandeur qui se lit dans le même document corporate. Le groupe annonce par ailleurs une capture de 140 000 t/an de CO₂ biogénique sur le complexe, chiffre à interpréter comme objectif de filière et non comme bilan certifié à date. À l’échelle de l’Union, ces trajectoires s’inscrivent dans la logique du règlement ReFuelEU Aviation — mandat légal qui tire la demande de SAF même lorsque les comptes carbone projet par projet restent à auditer avec rigueur.
3. Innovations / partenariats
Solarig positionne Numantia comme une usine hybride conjuguant filière gaz (biométhane / gaz de synthèse) et composante « power-to-liquids » exploitant l’hydrogène renouvelable (présentation corporate du projet SAF), avec mise en route industrielle annoncée autour de 2028. En biométhane, les annonces tierces et spécialisées évoquent plus de 350 millions de dollars pour 20 unités en Italie (juillet 2025) et jusqu’à 350 M€ (1,5 Md PLN) pour une plate-forme polonaise visant ~1 TWh/an d’ici 2030 (décembre 2025). Côté solaire récent en Espagne du Sud, le groupe met en avant la jonction progressive du complexe Arc 8 à 351 MWp après raccordement de tranches dont 62 MWp près de Séville (communiqué du 23 février 2026 sur la page d’accueil actualisée). Enfin, Solarig nourrit une ambition SAF au-delà de Soria avec un volet portefeuille supérieur à 400 000 t/an combinées en Espagne, incluant notamment le volet Teruel — toujours au stade d’annonce développeurs.
4. Greenwashing / zones grises
Les marges stratégiques se situent là où les promesses industriels deviennent sensibles aux cadres publics et au déploiement technologique. Premier point chiffré : la loi européenne impose désormais des parts minimales de SAF sur les plates-formes UE — au moins 2 % dès le 1er janvier 2025, 6 % en 2030 et une trajectoire vers 63 % puis 70 % respectivement en 2040 et 2050 pour le total des carburants d’aviation « durables », avec sous-quota croissant pour les carburants de synthèse — selon les fiches publiées par la Commission européenne sur ReFuelEU Aviation. Un géant projet comme Numantia (investissement annoncé de 780 M€, Renewables Now relayant l’annoncé espagnol) vit donc sous dépendance directe aux prix relatifs SAF/kérosène, aux aides d’investissement et à une filière encore en tension d’approvisionnement. Deuxième tension géographique vérifiable : en Andalousie, l’explosion des grands parcs PV heurte des oppositions très médiatisées sur l’usage des sols agricoles et le sort d’oliveraies — France 24 rapporte en avril 2025 une dynamique locale d’« expropriation pour utilité publique » au profit du solaire là où Solarig développe précisément un écosystème de centaines de MW récemment raccordés (actualité groupe) : il n’est pas nécessaire d’attribuer à Solarig tel ou tel litige pour constater que le risque social et d’image du segment est structurel. Troisième front : à l’échelle du secteur, un rapport de l’International Council on Clean Transportation (juillet 2025) documente les freins à la montée en charge des voies SAF avancées — contexte dans lequel la combinaison GtL/PtL revendiquée par Solarig apparaît ambitieuse plutôt qu’acquise.
5. Positionnement stratégique
Solarig affiche un plan 2025-2028 centré sur l’industrialisation et les nouveaux vecteurs énergétiques, cohérent avec la course européenne aux molécules vertes portée par ReFuelEU et par les objectifs de production d’électricité renouvelable des plans nationaux — la « PPE3 » française n’apparaît pas, dans nos recherches, comme un cadre citant nommément le groupe, mais cadre le marché européen de la demande d’EnR et de gaz verts de deuxième génération. Le signal récent combine raccordements PV record en Espagne, extension internationale du biométhane et capital humain en forte croissance (Great Place to Work mentionné sur la page anniversaire) : le groupe cherche à incarner un champion intégré, pas un simple promoteur de centrales.
Verdict WattsElse
Solarig a basculé la barre du « développeur solaire » vers celui de l’industriel de la transition — avec un pari SAF à 780 M€ qui fera date si la chimie suit le calendrier ; sinon, ce sera l’illustration la plus coûteuse de l’écart entre mandat européen et maturité des usines.
Sources : solarig.com · solarig.com · solarig.com · au.solarig.com · solarig.com · solarig.com · transport.ec.europa.eu · qcintel.com · bioenergy-news.com · solarig.com · solarig.com · renewablesnow.com · france24.com · theicct.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Vorarlberge Illwerke AG
Le nom « Vorarlberge Illwerke AG » correspond à l’ancienne appellation Vorarlberger Illwerke : aujourd’hui l’opérateur public régional s’appelle illwerke vkw, fusion de l’électricité et du gaz-réseau du Land, avec un siège à Bregenz et une empreinte qui déborde largement sur l’échange transfrontalier avec l’Allemagne.
Voir la ficheNTE Energi
En 2025, le groupe affiche une production renouvelable qui flambe et un résultat solide alors que les prix de l’électricité ont chuté.
Voir la ficheEuropean Carbon Farmers
Start-up de conseil et d’ingénierie territoriale née à Elbląg en 2020, European Carbon Farmers (ECF) incarne la version « terrain + corridor bruxellois » du carbon farming : promouvoir des pratiques agricoles qui stockent du carbone, tout en les relier aux politiques climatiques et agricoles de l’UE.
Voir la ficheSADESA
SADESA capitalise sur plus de quatre décennies d’activité dans un marché où le photovoltaïque de proximité progresse au rythme du régulateur et des interconnexions.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Miền Trung
Le producteur coté à Hô Chi Minh-Ville refait monter le courant alors que les pluies retrouvent le centre du Viêt Nam.
Voir la ficheASSOCIACAO BIP4DAB
L’Associação BIP4DAB ne vend ni électricité ni gaz : elle porte BioData.pt, infrastructure nationale de recherche sur les données de la vie et de la santé, ancrée à Oeiras et fédérant quinze institutions.
Voir la ficheSkala Fabrikk AS
Maître norvégien de l’acier inoxydable pour l'agroalimentaire, à la fois classique et un brin greenwashing bien ficelé.
Voir la ficheMadhya Pradesh Power Generation Company Limited
** Producteur public majeur du cœur de l’Inde, la Madhya Pradesh Power Generation Company Limited incarne la contradiction d’un système qui doit sécuriser une demande record tout en ajoutant encore du thermique ultra-supercritique.
Voir la ficheIberdrola distribución
i-DE, la distribution électrique espagnole d’Iberdrola, incarne le paradoxe du DSO au XXIe siècle : qualité de service affichée en hausse et investissements massifs, mais capacité de raccordement rationnée et bataille ouverte sur la rémunération régulée.
Voir la ficheSuur-Savon sähkö
Le compte est bon sur le papier, il est douloureux dans l’actualité.
Voir la ficheGoSun
La marque américaine, passée des fours solaires et du « lifestyle » off-grid au chargeur solaire pour voiture, capitalise sur un buzz viral sur les réseaux et des pré-commandes en millions de dollars.
Voir la ficheHeilongjiang Longmay Mining Holding Group Co Ltd
Conglomérat minier du Heilongjiang, sous bannière provinciale, Longmay incarne la collision avec laquelle Pékin compose : sécurité charbonnière, emplois, dettes — et une couche d’EnR placée sur d’anciennes cicatrices industrielles.
Voir la fichePSF Quemados
Derrière le libellé « PSF Quemados » se profile, selon les éléments publics alignés sur le secteur EnR, le *Parque Solar Fotovoltaico El Quemado** — orthographe courante El Quemado, pas Quemados* — à Las Heras (Mendoza), porté par la filiale solaire d’YPF en lien avec l’opérateur provincial EMESA.
Voir la ficheSC Izvor de Lumina SRL
Le nom évoque un petit opérateur des marchés de l’énergie propre en Europe danubienne, mais les traces indexées sous la raison sociale exacte SC Izvor de Lumina SRL restent, selon les éléments disponibles en mai 2026, quasi nulles dans les bases grand public consultées — ce qui transforme la transparence en premier enjeu stratégique.
Voir la ficheDUKE ENERGY CERROS COLORADOS SA
Le nom DUKE ENERGY CERROS COLORADOS SA désigne juridiquement l’écorce où s’est gravée une époque : celle où un géant américain des utilities pilotait depuis Neuquén l’un des grands ensembles hydro du Comahue.
Voir la ficheMino SA Genève
À Genève, Mino SA n’est pas une start-up climat: c’est une vieille maison du génie climatique, née en 1925 et solidement ancrée dans le bâtiment.
Voir la ficheCONFAGRICOLTURA
La Confédération générale de l’agriculture italienne ne vend pas du courant : elle arme des dizaines de milliers d’exploitations face aux prix de l’énergie et aux arbitrages publics.
Voir la ficheJindal Steel Ltd
Jindal Steel Limited — ex-Jindal Steel & Power, renommage opérationnel à partir du 23 juillet 2025 selon la chronique boursière indienne — combine sidérurgie, mines et production électrique thermique dans un même bloc de capital.
Voir la ficheLég-Áram Kft.
Dans les registres hongrois, ce n’est qu’une TPE à un salarié et 48,2 millions de forints de chiffre d’affaires.
Voir la ficheIBERDROLA E.R. DE ARAGON S.A.
Ce n’est pas une start-up : c’est la coquille juridique qui tient les parcs solaires et éoliens d’Iberdrola en Aragon, là où le vent et le soleil alimentent déjà des centaines de mégawatts — et où la justice vient de rappeler que l’alouette de Dupont pèse autant que la courbe de charge.
Voir la ficheUniversal Power AB
La dénomination « Universal Power » renvoie en Suède à Universal Power Nordic AB, distributeur historique de groupes moteurs et générateurs — pas à un opérateur d’éoliennes ou de parcs renouvelables.
Voir la ficheRaffinerie du Midi
La Raffinerie du Midi n’a plus aucune cuve en activité sous ce nom trompeur de « raffineur » : depuis des décennies, c’est avant tout une entreprise française de réception, de stockage et de distribution logistique de produits liquides au service des majors.
Voir la ficheESTELLUS
Start-up vieillissante de la télédétection, Estellus incarne une France qui vend du savoir-faire spatial à l’Europe avant de vendre du « vert » étiqueté.
Voir la fiche