Cryo Pur
Cryo Pur vend une promesse rêvée des macro-décideurs de la transition : transformer un biogaz « sale » en carburant dense et en CO₂ valorisable, sans fuite de méthane à la clé.
À propos de Cryo Pur
1. Modèle économique
Le cœur du métier est celui d’un intégrateur de procédés cryogéniques : épuration, séparation et liquéfaction du biogas en LBG (bio-GNL) et en bio-CO₂, avec des gammes annoncées côté fabricant de l’ordre de 200 à 2 000 Nm³/h de biogaz brut d’entrée sur des unités standard (présentation des solutions). En avril 2022, FDE a pris 94 % du capital pour 2,5 M€, avec une rémunération additionnelle possible jusqu’à 3 M€ selon conditions, au moment où Cryo Pur affichait 4,9 M€ de chiffre d’affaires en 2021 et un portefeuille de sept projets européens chiffré à plus de 35 M€ (acquisition par FDE). Rachetée pour accélérer l’ingénierie du « green gas » au sein d’un producteur de gaz, l’entité a vu son essor financier, tel que retranscrit côté groupe, rester modeste : le périmètre commercial « ventes Cryo Pur » s’est établi à environ 0,1 M€ sur l’exercice 2024-2025 du groupe, contre 0,5 M€ l’exercice précédent, selon la ventilation publiée avec les résultats annuels 2025 de FDE (à rapprocher d’une contribution de 0,47 M€ au chiffre d’affaire consolidé sur l’exercice clos en juin 2024, déjà qualifiée de « marginale » dans la communication financière, résultats 2023-2024). Les bases de données de suivi d’écosystèmes (ordre d’importance, non vérifié en comptes sociaux publics) recensaient 19 personnes en juillet 2024, contre 11 en 2021 (fiche d’écosystème) : l’essentiel de la « traction » se lit donc aujourd’hui moins en France qu’à l’export, dans des projets captifs long cycle.
2. Impact réel
Là où l’on peut tracer un impact, ce sont des sites qui substituent du transport routier GNC/GNL d’origine renouvelable à du diesel, et qui réinjectent le CO₂ biogénique sur des filières alimentaires ou industrielles : la Norvège a formalisé une usine de Stord tournant autour de 8 t de bio-GNL par jour et 10 t de bio-CO₂ liquide par jour selon l’annonce d’inauguration en présence de la Première ministre (contrat en Norvège). Un autre jalon, piloté par Biogy Solutions près de Stavanger, cible 108 GWh de bio-GNL par an, plus de 14 000 t de bio-CO₂, avec 49,36 millions NOK d’appui Enova en 2024 et une construction alignée sur une montée en charge mi-2025 (aide Enova annoncée). Côté cadre de référence français, l’ADEME rappelle que la méthanisation n’a de sens collectif qu’ancrée territo, avec valorisation d’effluents plutôt qu’arbitrages carbone d’opportunité — un rappel utile : le bénéfice climat d’un LBG n’est jamais « automatique » ; il tient à la fuite de méthane en amont, à la ressource biomasse, et à ce que l’on substitue réellement en aval.
3. Innovations / partenariats
La propriété intellectuelle cristallisée vise à verrouiller la cryogénie intégrée (séparations, cascades froides, compacité énergétique) : la communication de rachat évoquait des dizaines de millions d’euros de R&D cumulés sur 35 ans et sept grandes familles de brevets (dossier d’acquisition 2022), tandis que FDE, fin juin 2025, a détaillé huit familles de brevets en ouvrant un chantier d’autre nature : capture cryogénique de CO₂ sur fumées industrielles avec Cemex, pilote de 4 000 Nm³/h à Avion, deux millions d’euros d’enveloppe ADEME via l’initiative « DEMIBAC » annoncés dans le communiqué, extension polish puis déploiement ciblé sur plusieurs pays européens, avec option d’investissement de 20 M€ de Cemex dans Cryo Pur en contrepartie d’exclusivités technologiques (communiqué Cemex – FDE). On passe du pur biométhane mobile à la décarbonation de procédés lourds : retournement de stratégie assumé, avec subventions publiques explicites pour la démonstrateur de capture.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord la gouvernance d’hôtes : l’offre d’acquisition 2022 affichait l’intérêt d’appliquer la technologie non seulement au biogaz mais aussi aux gaz de décharge, torches, etc. C’est économique ; ce n’est pas neutre politiquement : donner un second souffle « carbone bas » à un flux aujourd’hui brûlé prolonge, pour partie, des modèles d’extraction qu’on prétend éteindre. Ensuite le financement d’infrastructures : le projet de Stavanger s’inscrit dans un investissement de l’ordre de 500 millions NOK sur le site, dont une part substantielle d’aides publiques (Enova) signalée en parallèle par les porteurs, ce qui conditionne l’enveloppe d’EPCI et retarde la preuve d’un modèle « autonome » (voir cofinancement public annoncé et l’écosystème d’accompagnement en Norvège). Enfin, la trajectoire Cemex : on promet de « boucler le cycle » en injectant le CO₂ capturé dans le ciment ; reste à vérifier le bilan minéralogique, la permanence, et l’additionnalité, sans s’y substituer par des slogans ESG. Les guides historiques, comme l’avis ADEME sur la méthanisation via Connaissance des énergies, rappellent qu’on ne gagne le climat qu’en traitant l’alimentation des digesteurs, les transport et les fuites, pas seulement le joli taux d’extraction froid.
5. Positionnement stratégique
En condensant brevets, pilotes ADEME et prises de participations côté industriel lourd, FDE tente d’élever Cryo Pur du statut d’ingénierie périphérique (quelques dixièmes de point de marge de CA groupé) à celui d’enabler de fumées 40 000 Nm³/h et d’emballage CO₂ normé, avec une trajectoire de revenus avancée au milieu de la décennie. La pression, c’est la preuve d’industrialisation en série sur la Norvège (Stavanger, timing 2024-2025) et, en miroir, l’expérimentation Avion : deux laboratoires à la fois géopolitiques (subvention Enova) et technologiques (ciment) pour valider l’arbitrage d’un groupe boursicoté. Dans un marché du biométhane qui se structure mais reste cadrage sensible (ressources, fuites, acceptabilité), la différenciation cryo se joue moins en slide qu’en carnets de commandes exécutés.
Verdict WattsElse
Cryo Pur n’est plus seulement la « fiche technique » d’un coin du bilan FDE : c’est l’enjeu d’une industrie lourde qui tente, brevets et subventions en main, de faire admettre qu’un froid technologique peut verrouiller un bilan carbone. La question, elle, reste politique : qui finance la démonstration, et jusqu’où prolonge-t-on, au nom du LBG, les gaz qu’on aurait dû ne plus appeler ressource ?
Sources : cryopur.com · renewableenergymagazine.com · actusnews.com · actusnews.com · tracxn.com · cryopur.com · biogy.no · agirpourlatransition.ademe.fr · actusnews.com · kommunikasjon.ntb.no · connaissancedesenergies.org
Données clés
- Fondée
- 2009
- Siège
- Chisinau, Moldova ↗
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