Da Nhim - Ham Thuan - Da Mi Hydropower Company
Le parc en cascade Đà Nhim–Hàm Thuận–Đa Mi incarne la « EnR » de gigawatt : production record quand la mousson joue la complice, mais visage sombre quand les lâchers d’eau recadrent l’équation sécurité–réputation.
À propos de Da Nhim - Ham Thuan - Da Mi Hydropower Company
1. Modèle économique
L’entité visée est bien la Công ty Cổ phần Thủy điện Đà Nhim – Hàm Thuận – Đa Mi (sigles ĐHĐ / DNH), société par actions cotée sur UPCoM à Hanoï : il s’agit d’un producteur d’électricité à partir d’aménagements hydroélectriques (et d’une couche de solaire flottant), dont le cœur de métier est la vente de kWh sur un marché piloté par la demande nationale et la planification énergétique. Les revenus dépendent donc massivement du débit des rivières, de la disponibilité des ouvrages et, dans une moindre mesure, du régime tarifaire appliqué aux producteurs intégrés au système vietnamien. Sur l’exercice 2023, des états financiers relayés en presse spécialisée font état d’environ 2 373 milliards de VND de chiffre d’affaires et de 1 123 milliards de VND de bénéfice net (actualité FiinPro). Les séries plus récentes font apparaître une progression significative du chiffre d’affaires sur le dernier exercice disponible (fiche EMIS). Côté effectif, les bases commerciales consolident souvent un ordre de grandeur autour de 240 personnes en 2024, avec des écarts d’une année sur l’autre selon la mesure retenue (même fiche). Les documents de gouvernance d’entreprise — rapports annuels et publications réglementées — sont centralisés sur le portail dhd.com.vn (ex. rapport annuel 2024 en anglais, rapport annuel 2025 en anglais sur Vietstock).
2. Impact réel
Le site industriel agit comme un bloc de flexibilité carbone dans un pays où le charbon a longtemps grignoté des parts de marché et où l’hydraulique reste une béquille structurelle du mix : la presse d’analyse rappelle par exemple qu’en période récente l’hydroélectricité pouvait représenter de l’ordre de 38 % de la production électrique nationale, face à une part charbon supérieure (Connaissance des Énergies). À l’échelle de l’entreprise, un inventaire de projet situe le complexe hydro autour de 642,5 MW répartis sur plusieurs centrales en chaîne, auquel s’ajoute un solaire flottant de 47,5 MWp (fiche projet DMS Universe). Le service public de l’électricité a annoncé pour ce flottant un raccordement au réseau et un investissement de 1 500 milliards de VND, avec une production annuelle estimée vers 70 millions de kWh (communiqué EVN). La performance 2025 est publiquement brandie à l’assemblée des actionnaires 2026 : 3 202,7 GWh produits, soit 111 % du plan annuel (compte rendu Vietnam.vn). Un exercice antérieur faisait déjà état d’environ 3,10 milliards de kWh en 2023, avec des versements fiscaux massifs aux budgets des provinces concernées (bilan 2023).
3. Innovations / partenariats
L’innovation la plus documentée est hybrider un réservoir hydro avec une centrale photovoltaïque flottante : près de 144 000 panneaux sur 50 hectares d’eau, selon les chiffres de l’opérateur réseau (communiqué EVN). Sur la trajectoire d’actifs, Global Energy Monitor mentionne une phase 3 annoncée pour 2035 (+30 MW), ce qui prolonge la logique d’empilement solaire + hydro sur le même site. Les partenariats institutionnels passent surtout par l’écosystème EVN et la gouvernance des filières d’électricité nationale ; aucun « deal » européen type CSRD exploitable ligne à ligne n’a été identifié dans la veille menée pour cette fiche.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant un slogan marketing dérisoire que l’écart permanent entre narration « propre » et externalités locales. En novembre 2024, le vice-Premier ministre Ho Quoc Dung a ordonné une réinstallation urgente des ménages situés derrière les vannes de décharge du barrage Đà Nhim, après inondations et glissements de terrain — avec injonction d’un soutien financier maximal aux victimes de lâchers d’eau ayant causé des dommages matériels (presse Lao Động). En parallèle, la même veille financière qui met en avant la croissance du chiffre d’affaires signale une compression de la marge nette (baisse de 2,05 point de pourcentage en 2025 dans la série publiée) (fiche EMIS) — symptôme plausible de charges d’exploitation ou sûreté qui montent. Reste une dépendance météorologique classique pour l’hydro : tant que les records de production reposent sur l’hydrologie, la partie « vert » peut basculer en volatilité économique au premier déficit pluvieux.
5. Positionnement stratégique
À l’entrée de 2026, la narration publique joue la carte records de production — la direction affichait en AG une distribution de dividendes à 20 % sur l’exercice 2025 tout en plaquant la barre des 111 % du plan électrique (Vietnam.vn). Stratégiquement, l’opérateur occupe une fonction régionale quasi infranchissable dans le corridor Lâm Đồng / Ninh Thuận / Bình Thuận, où la production est à la fois énergie nationale et redevance locale (les transferts provinciaux 2023 restent dans la trajectoire documentée récente, toujours via Vietnam.vn). L’amplification hydro + solaire, si elle matérialise la low-carbon elbow room vietnamienne, se heurtera à chaque fois à la mécanique politique du barrage, là où les vannes parlent plus fort que les feuilles de route climatiques.
Verdict WattsElse
Une machine à cash renouvelable quand le ciel coopère ; une entreprise-frontière quand les vannes parlent trop fort : le bilan carbone descend en ligne directe pendant que le prix humain peut remonter en coulisses gouvernementales.
Sources : fiinpro.com · emis.com · dhd.com.vn · dhd.com.vn · static2.vietstock.vn · connaissancedesenergies.org · dmsuniverse.com · en.evn.com.vn · vietnam.vn · vietnam.vn · gem.wiki · news.laodong.vn
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